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POP CELTIQUE éCOSSAISE  |  STUDIO

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- Style + Membre : Karen Matheson

CAPERCAILLIE - Secret People (1994)
Par MARCO STIVELL le 21 Avril 2013          Consultée 561 fois

CAPERCAILLIE est l'un de ces groupes qui, une fois qu'ils sont installés, ne tiennent pas à changer tant que cela leur manière de procéder. On pouvait noter entre Sidewaulk et Delirium un virage dans le sens où la tendance, autrefois plus folk que pop, s'inversait alors. D'où une profusion de claviers et de batteries sur le troisième disque. Mais globalement, on restait dans la volonté de faire se côtoyer chansons modernes et instrumentaux traditionnels. Secret People va lui aussi dans ce sens, mais c'est plutôt son unité que l'on pourra aisément lui reprocher.

Le disque, produit par Donal Lunny (comme Delirium) et Calum Malcolm de The Blue Nile, fait ressortir les percussions en les rendant plus tribales. En témoigne l'ouverture de « Bonaparte », uniquement basée sur elles. Nombre sont les chansons où l'on retrouve cette caractéristique, « Tobar Mhoire » ou « Hi Rim Bo » pour ne citer qu'elles. Ces chansons sont aussi pour Karen Matheson l'occasion de faire valoir son talent au « puirt-a-beul », ces chants rythmiques typiquement écossais à grand renfort d'expressions percutantes et autres « hiri horo o » que l'on connait bien. De vraies réussites, notamment si l'on prend le cas de l'envoûtant « Tobar Mhoire » (et son effet étrange de trompette bouchée), mais aussi celui du plus surprenant « Seice Ruairidh (Roddy's Drum) », partagé entre une jig à l'ambiance exotique et une envolée en reel où le wind synthétiseur de Marc Duff réalise un solo torride !

Ce ne sont pas les seuls titres remuants. Les traditionnels purs règlementaires « The Whinney Hills Jigs » et « The Harley Ashtray » n'étonneront guère sinon agréablement, mais sans rien apporter de plus que les précédentes expériences du groupe dans le genre mis à part le bodhran de Donal Lunny en guest. Le titre qui fera le plus son effet, aussi bien positif si l'on parle des fans que négatif si l'on pense aux puristes, c'est « Four Stone Walls ». John Saich est sans doute le membre le plus porté sur ce type d'ouverture, car cette chanson pop emploie un rythme reggae qui paraît bien éloigné de la froide Ecosse. Pourtant, le titre s'écoute gentiment et aurait pu faire un bon tube. Il contient même en son milieu une partie évanescente où le bouzouki joue en trémolos !

Toujours dans l'ouverture, on se rend compte à quel point l'Afrique est proche du pays au chardon sur l'intro polyphonique de « The Miracle of Being », une sucrerie atmosphérique où un autre solo de wind synthétiseur fait son effet, plus que sur le « Aodann Srath Bhàin » de l'album précédent. Dans un style similaire, « An Eala Bhan (the White Swan) » est une ballade langoureuse pleine de mystère. Moins intéressante, « Stinging Rain » tente de nous refaire le coup de « You Will Rise Again » en moins bien. Les meilleurs dans cet exercice sont le suave et court «Oran», l'hymne « Grace and Pride » dont l'ambiance se fait proche de Delirium avec un chant au charme fou, et surtout « My Crime of Passion », typiquement habité par le génie mélodique de Donald Shaw. Même la batterie n'enlève rien à cette douceur et le final nous transporte haut avec ce violon langoureux sur fond de nappes. A l'origine, c'était fait pour amorcer la transition avec les jigs suivants, mais au final c'est plus que cela.

Seulement, le problème avec ce quatrième album de CAPERCAILLIE, c'est qu'alors que la formule leur avait permis de réaliser un crescendo de qualité auparavant, ici on se rend compte d'une légère baisse dans l'inspiration. Le fait est qu'il y a hélas des titres moins marquants, ceci étant dû à une volonté de répéter la formule sans y arriver aussi bien. On pourrait alors dire que les échappées world de « The Miracle of Being », « Four Stone Walls » ou même « Bonaparte » sont salvatrices, bien qu'elles soient encore traitées de manière pop. Cependant, l'ère du vinyle est terminée depuis longtemps à présent, et on sent que le groupe tente tant bien que mal de s'adapter aux possibilités qu'offre le CD en proposant un album encore légèrement long pour ce qu'il devrait être. Malgré certaines chansons vraiment inspirées, le sentiment de surplus reste présent. Ce qui n'empêchera pas Secret People de constituer le plus grand succès de CAPERCAILLIE en tant qu'album original et normal. C'est en revanche le dernier disque de ce type où la présence de Marc Duff lui permet d'être encore compté comme membre officiel. Sur le suivant, To the Moon, il ne sera plus qu'invité, avant de quitter définitivement la vie du groupe.

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   MARCO STIVELL

 
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- Karen Matheson (chant)
- Charlie Mckerron (fiddle)
- John Saich (basse, guitare, choeurs, basse-synthé)
- Manus Lunny (bouzouki, guitares, choeurs)
- Marc Duff (whistles, bodhran, wind synthétiseur)
- Donald Shaw (accordéon, claviers, choeurs)
- + James Mackintosh (batterie, percussions)
- Ian Murray (batterie, percussions additionnelles)
- Donal Lunny (bodhran)


1. Bonaparte
2. Grace And Pride
3. Tobar Mhoire (tobermory)
4. Four Stone Walls
5. Crime Of Passion
6. The Whinney Hills Jigs
7. An Eala Bhàn (the White Swan)
8. Seice Ruairidh (roddy's Drum)
9. Stinging Rain
10. Hi Rim Bo
11. The Miracle Of Being
12. The Harley Ashtray
13. Oran
14. Black Fields



             



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