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The STRANGLERS - La Folie (1981)
Par ARP2600 le 18 Mars 2015          Consultée 1246 fois

Après l'échec commercial et critique de leur étrange divagation sur les extraterrestres Meninblack, accompagné d'événements inquiétants dans leur entourage, début 81, les Stranglers se sont résolus, la mort dans l'âme, à revenir à quelque chose de plus conventionnel. Or, quel sujet est le plus passe-partout de tous en chanson ? L'amour bien sûr... les Stranglers faire un album sur l'amour, on croit rêver et pourtant tel est bien le sujet de La Folie, sorti rapidement, en novembre de la même année.

On se doute cependant qu'avec ces énergumènes, ayant hélas montré des choses douteuses à propos des femmes dans leurs premiers albums, un tel sujet ne sera pas abordé de façon ultra-romantique. Il s'agit donc plutôt d'une étude du phénomène de l'amour, dans tous les sens du mot «love» en anglais. Ainsi on trouve quelques histoires de couples, mais aussi l'intéressante «Everybody loves you when you're dead», qui critique le fait qu'on est souvent plus aimé après sa mort que pendant sa vie... un constat cynique mais cruellement vrai : les morts ont le grand avantage de ne plus rien contester, ce sont des valeurs sûres. Il y a aussi ce fameux single «Golden Brown», leur plus grand tube, qui parlerait pourtant de la drogue héroïne tout comme «Don't bring Harry» sur The Raven. Tous ces textes sont fort intéressants, loin d'être mièvres, ils gardent encore une bonne partie de la nature sarcastique du groupe.

Pourtant, quelque chose a bel et bien changé après le revers de Meninblack, c'est une évidence. La musique est plus pop que jamais, variée et inventive mais plus consensuelle et les textes, bien que plus profonds qu'il n'y paraît, ne sont plus non plus susceptibles de choquer grand monde. Ils se dirigeaient lentement vers quelque chose de plus démagogique, c'est un peu triste, mais pas catastrophique, leur évolution est simplement inattendue. Il suffit de voir les photos du groupe à l'époque. Toujours habillés de noir, certes, mais quand même plus lisses, surtout Burnel et Greenfield (lequel avait rasé sa moustache).

Nous avons donc ici un disque de pop-rock d'accès facile, avec une certaine énergie mais bien moins que sur les quatre premiers albums. Si certaines expériences de Meninblack demeurent, elles sont loin d'être dominantes... quelques sonorités électroniques, l'ambiance désincarnée de «Ain't nothing to it» ou la rythmique mécanique de «It only takes two to tango» et c'est à peu près tout. Ah non, il y a aussi ce parlando de Hugh Cornwell, à mon sens le plus grand défaut de l'album, qui entache un peu «Non stop» et «Ain't nothing to it» et dévalue complètement «How to find true love in the present day». Sur Feline aussi, cette technique peu convaincante causera du tort...

Puis, comme si cela ne suffisait pas, JJ Burnel s'y met aussi sur la chanson-titre finale, déclamée... en français. Il faut dire que ses parents étant des émigrés normands, il a toujours gardé une certaine attache avec la France. Néanmoins, il ne maîtrise pas tout-à-fait la langue, le texte est hésitant et surtout ne veut pas dire grand chose : bref, je ne suis pas convaincu, et encore moins par le fait que Burnel ait réussi à imposer cette chanson comme single.

Pour le reste, l'album me semble plutôt ressembler à un The Raven édulcoré, plus romantique et électronique, mais avec le même genre de diversité et de structures rythmiques. Il y a quelques excellents titres comme «Everybody loves you when you're dead», «Tramp», «Let me introduce you to the family», «It only takes two to tango» (malgré le fait qu'elle n'est pas du tout un tango) et «Golden brown», surtout celles sans parlando donc.

On tient donc là un fort bon album, mais quand même pas génial, qui conclut la grande époque du groupe. Excédés par l'attitude d'EMI à leur égard, notamment en ce qui concerne la disponibilité des singles de «Golden Brown» alors que celle-ci était en train de faire un tube, les Stranglers ont ensuite déménagé chez Epic et ont définitivement inauguré leur période pop avec l'indigent Feline. Ils allaient encore sortir un ou l'autre bons albums avant le départ de Cornwell en 1990, mais n'ont retrouvé la qualité de La Folie que dans les années 2000. Un dernier quasi-indispensable à connaître, donc, aussi bien parce qu'il complète agréablement leurs débuts que parce qu'il indique la direction qu'ils étaient en train de prendre pour la suite.

Note : 3,5/5

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- Hugh Cornwell (guitare, chant)
- Jean-jacques Burnel (basse, chant)
- Dave Greenfield (claviers, chant)
- Jet Black (batterie)


1. Non Stop
2. Everybody Loves You When You’re Dead
3. Tramp
4. Let Me Introduce You To The Family
5. Ain’t Nothin’ To It
6. The Men They Love To Hate
7. Pin Up
8. It Only Takes Two To Tango
9. Golden Brown
10. How To Find True Love And Happiness In The Present
11. La Folie



             



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