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The BEATLES - Abbey Road (1969)
Par A.T.N. le 17 Mai 2010          Consultée 15347 fois

…et c’est fini ! Le saphir du vinyle siffle la fin de la carrière des BEATLES ! Et quelle fin chers téléspectateurs, quelle fin ! Le plus grand groupe du monde termine son œuvre par un long medley chamarré, concluant sur « and in the end, the love you take is equal to the love you make », merveilleux condensé proverbial de la vie, de leur carrière, et du lien affectif qu’ils ont tissé entre leur propre existence et celle de leurs centaines de millions d’auditeurs… c’est sidéral, c’est stellaire, c’est cosmique !

Ah là là mon petit Jean-Mimi, quel final, j’en suis encore tout ému, je… mais… attendez… Il y a prolongation ! McCartney prend sa guitare et ajoute une pirouette éthylique adorable : un ivrogne déclare sa tendre flamme pour la reine d’Angleterre… Nous étions dans la grande émotion, et vingt secondes plus tard, nous avons le sourire. C’est si élégant, cette infime distance qui permet de ne jamais trop se prendre au sérieux, c’est si… british. Et quel disque, quel disque… L’équipe de Liverpool raccroche les crampons après une succession ininterrompue de chefs d’œuvres, depuis A Hard Day’s Night jusqu’à aujourd’hui. Il semblerait que les récentes dissensions dans le vestiaire, dues en partie à l’arrivée d’une préparatrice externe d’origine nippone, aient été mises entre parenthèses pour nous offrir des actions construites de toute beauté. Lors de la causerie d’avant-studio, notre caméra indiscrète nous avait permis d'entendre le coach George Martin motiver le team. « Les gars, j’ai pigé. Vous en avez marre, vous voulez vivre d’autres choses chacun de votre côté, vous voulez arrêter les Beatles, fair enough. Avant de se dire au revoir, le capitaine Paul semble vouloir finir sur une ‘high note’. Je pense qu’il a raison. Alors on y retourne une dernière fois, mais je vous préviens : on le fait à ma façon, ou on ne le fait pas du tout ! Allright ? ». Le quatuor se devait de respecter son plan de jeu, ne pas laisser les querelles d’égo grignoter la qualité des morceaux comme sur les Get Back sessions (qui apparemment sortiront plus tard sous le titre Let It Be, me dit-on en régie). Les consignes ont été suivies, et voilà nos oreilles récompensées ! Je vous propose de revoir les meilleurs moments au ralenti, juste après un atroce tunnel de pubs, il faut profiter de votre temps de cerveau disponible, comme disait un grand humaniste des quais de Seine !

[…]

De retour en direct, pour les meilleurs moments d’Abbey Road que vous venez de vivre avec nous !

Allez, commençons par le coup d’envoi, la ligne de basse de « Come Together », sur laquelle Lennon claque son chant revendicatif. Grosse pression sur nos tympans, d’entrée de jeu. Morceau de Lennon, donc, mais quel groove de basse… On peut facilement imaginer avec quel plaisir les futurs musiciens vont piocher à loisir dans cet almanach de la 4-cordes (délicatesse feutrée sur « Something », folie maîtrisée de « I Want You »), qui place le meneur de jeu McCartney définitivement au sommet, en plus de… tout le reste, ce serait trop long de le décrire à l’antenne. Les bien-pensants m’enverront encore un courrier furibard, mais je vous le dis comme je le pense : si Monsieur Paul doit devenir plus riche que le PIB de toute l’Afrique sub-saharienne réunie, ce sera entièrement mérité ! Laissez-moi Jean-Michel, je dis ce que je veux. Le medley de la face B, par exemple, c’est son idée non ? Un peu flemmarde il est vrai (coller des bouts de morceau que Lennon et lui n’avaient pas encore achevés)… En tout cas, le stade tout entier a vibré de plaisir sur son jeu de basse, mais aussi sur le piano de « You Never Give Me Your Money » (début du medley), qui soutient une mélodie divine, le chant cassé de « Oh Darling » ou encore l’histoire de celle qui débarque par la fenêtre de la salle de bains. Quel compositeur génial…

Ce qui nous en carre une surface, mon petit Jean-Mimi, c’est que même si Macca portait le brassard ces derniers temps, l’émulation qui les conduit à se surpasser constamment pour être à la hauteur de l’autre a poussé Lennon vers son Everest. « Come Together » est scandée à la façon d’un leader d’opinion – ce qu’il est devenu – et possède un gimmick inoubliable ; « Because » est d’une beauté chorale qui va au-delà du religieux (les 3 voix de ces mages ont été enregistrées 3 fois, donnant une ampleur sonore qui nous donne encore des frissons rien qu’en y repensant), et « I Want You (She’s So Heavy) » est sans doute un des plus grand blues jamais enregistrés. La variété de ses textures le long de ce fil musical, le cri de Lennon, la coda finale interrompue en pleine extase… vous auriez vu les têtes des fanatiques du virage nord ! Complètement bluffés, qu’ils étaient. Le meilleur moment du disque, et le plus long morceau de leur carrière (« Revolution 9 » n’est pas un morceau, vous ne me contredirez pas sur ce point), tranché dans le vif à 7:44 sur instruction de John, vous l’avez vécu en direct.

Autre grand moment de ce vinyle : le joker de la dream team, George, frustré de ne voir que certaines compos passer le conseil bicéphale, arrive tout de même à placer deux petits chefs d’œuvre, rien que ça ! « Something » et « Here Comes The Sun » sont de la trempe de « While My Guitar… ». Intemporelles, poignantes ou enjouées, d’une douceur triste et mélodieuse – elles portent la marque du barde Harrison. Dans la loge VIP, nous avons même entendu Sinatra dire que « Something » était la meilleure chanson de Lennon/McCartney ! Ah, ce Frankie, la coke commence à l’attaquer un peu, le petit père. En tout cas dans ces loges, tout le monde chantait en chœur le « Octopus’ Garden » de Ringo. Eh oui, les amis, même Ringo a composé – nous disons bien composé, le ralenti est formel – une bonne chanson, pleine de jolis chœurs à bulles (il va haut avec une petite aide de ses amis). Sans parler de son boulot sur « Come Together » (roulements de toms et shuffle bien maîtrisés), où il a élevé son niveau de jeu… Quand nous vous disions qu’il s’agissait d’un disque incroyable !

Le réalisateur s’attarde encore sur quelques moments a priori anodins mais qui en disent tant sur leur talent. Tenez, ce « Mean Mr. Mustard », par exemple. On dirait une comptine anglaise du siècle dernier, l’air est tellement évident qu’on a l’impression qu’elle fait déjà partie de la mémoire collective. Et ils y ajoutent cette couche pop, ce concept qu’ils ont pratiquement inventé. En tout cas, le plaisir qu’ils prennent à créer ces chansons est totalement communicatif. On en revient à ce que nous disions au moment du coup de sifflet final, mon petit Jean-Mimi : and in the end the love you take…

Voilà, il nous faut maintenant rendre l’antenne, on en parlerait des heures, mais les encyclopédistes s’en donneront à cœur joie, n’en doutons pas. Les passionnés pourront se repaître de détails et anecdotes sur cette Route de L’Abbaye, leur mythique studio, que les Beatles quittent donc par la grande porte.

Nous souhaitons donc bon vent à ces 2 génies (ils n’ont que 28 et 30 ans, et ils ont changé le visage de la musique moderne ! C’est Mozart ! C’est Schubert !), à leur talentueux comparse et au sympathique batteur, en leur disant MERCI pour tout le bonheur qu’ils nous ont donné. Ah là là, je vous le dis, Jean-Michel, quand on a écouté ça... on peut mourir tranquille.

Thierry Roland

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- John Lennon (chant, guitares, basse, piano électrique, piano, o)
- Paul Mccartney (chant, basse, piano, harmonium, guitare, chœurs)
- George Harrison (chant, guitare solo, guitares, basse, synthétiseur)
- Ringo Starr (batterie, maracas, bongos, tambourin, chant, chœur)
- George Martin (orgue, clavecin électrique, synthétiseur, orchestr)
- Billy Preston (orgue)
- Mike Vickers (synthétiseur moog)


1. Come Together
2. Something
3. Maxwell’s Silver Hammer
4. Oh! Darling
5. Octopus’s Garden
6. I Want You (she’s So Heavy)
7. Here Comes The Sun
8. Because
9. You Never Give Me Your Money
10. Sun King
11. Mean Mr Mustard
12. Polythene Pam
13. She Came In Through The Bathroom Window
14. Golden Slumbers
15. Carry That Weight
16. The End
17. Her Majesty



             



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