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Jacques HIGELIN - Amor Doloroso (2006)
Par MARCO STIVELL le 12 Mars 2011          Consultée 1785 fois

Parler de Jacques HIGELIN n'est jamais facile (je sais, je l'ai déjà dit). Surtout quand on doit parler de deux opposés. Je ne veux surtout pas donner l'impression que je ne connais que ceux-là (car ce n'est effectivement pas le cas), mais il est vrai qu'entre le sacralisé Higelin à Mogador et Amor Doloroso qui ne l'est pas moins, il y a un monde. Bien sûr, les fans vous diront que Amor Doloroso reste très en marge de la "médiocrité de notre époque" et ils ont raison, dans le sens où ce disque étonne plus qu'agréablement par rapport à beaucoup de choses que l'on peut entendre de récent sur les ondes, assez "convenues" (sans pour autant être indigent).

Mais en restant un brin objectif, Amor Doloroso n'est-il pas aussi un peu "convenu" pour du HIGELIN ? Ce qui suit n'est en rien une comparaison de qualité, mais pour revenir à celle avec Higelin à Mogador, il faut dire ce qui est. Ce dernier live, considéré comme la quintessence de l'oeuvre du maître devant tous les albums studio, c'étaient des chansons longues, très rock, avec une puissance qui n'appartient qu'au live, aux impros, à la sueur et toutes les gouttes de transpiration qui débordent sur la scène autant que devant. Amor Doloroso à côté, c'est une petite douceur sucrée, des morceaux courts, des mélodies accessibles (mais toujours denses), une musique "formatée" mais dans le sens noble du terme. La chanson courte c'est de la chanson, et la chanson est un art noble. Bien souvent, les tubes de trois minutes n'ont rien à envier aux longues envolées "progressives". Mais HIGELIN ne fait pas dans le tube, pas même ici. Il fait de la chanson, point. Et de la bonne. Au final, on s'en fiche que ce soit "convenu" pour du HIGELIN, la musique du bonhomme septuagénaire révèle ici une certaine magie, différente de Mogador, mais toujours prenante.

Amor Doloroso, ce sont donc des chansons la plupart du temps gentilles, encore adoucies par la voix souvent grave et posée de Jacques, portées par une orchestration d'essence acoustique et légère. Et bien sûr, on s'en doute un peu en les voyant placées sous un tel égide (le titre et les photos), elles parlent pour une grande majorité d'amour. D'amour et de sexe, beaucoup de l'un, un peu de l'autre, HIGELIN reste HIGELIN. Pour le sexe, on est loin de "Je Veux Cette Fille", mais la première chanson d'Amor Doloroso dit quand même en gros que Jacques voudrait avoir une longue queue, soit d'un paon, soit d'un serpent (c'est pour la rime), et dans le serpent surtout, il y a des connotations éminemment sexuelles. La musique, garnie de violons à l'orientale, a ainsi été choisie avec... choix. Plus précisément, l'effet est réussi.

Et disons que c'est à peu près le seul morceau de ce style. Par contre pour les autres, c'est presque comme si Jacques-Hi (Jacky, ta catrelleuh ta catrelleuh... oui ma gueule) s'était fait plus sage, posé, amoureux transi. En témoignent pour la légèreté les chansons de la première partie ("Ice Dream", "Halloween", "L'Hiver au Lit à Liverpool", prouvant que Jacques sait toujours bien jouer avec les mots, et comprenant parfois des influences jazzy ou manouches), et pour une profondeur plus caressante celles de la fin du disque, les très réussies quatre dernières chansons. Mais tout l'album l'est, réussi. Si l'on ne devait retenir qu'un exemple de chanson un peu plus "recherchée", il y a "Prise de Bec", au refrain splendide. D'autre part, Jacques, bien qu'étonnamment tout gentil, n'hésite pas à s'éloigner à une ou deux reprises un peu de son propos pour se plonger le temps d'un reggae-funk dans les eaux troubles de la jungle équatoriale africaine et jouer au vicieux saurien ("Crocodaïl"). Petites parenthèses sympathiques et qui permettent de retourner avec plus de bonheur aux douceurs en sucre candi ("J'Aime", le meilleur pour la fin).

Bel album, qui nous permet de découvrir le talentueux artiste d'une autre manière, dans un registre où on ne l'attendait pas forcément, le résultat étant au moins tout aussi appréciable que sur ses plus grands disques plus "fouillés" passés. HIGELIN moins fou, sans cuivres, ça le fait vraiment aussi...

Note réelle : 4,5/5

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   MARCO STIVELL

 
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- Jacques Higelin (chant, guitare, piano, fender rhodes)
- Rodolphe Burger (guitare électrique, banjo, claviers, samples, chœu)
- Freddy Koëlla (guitare électrique et acoustique, banjo, violon)
- Olivier Daviaud (piano, fender rhodes, violoncelle, stylophone, cha)
- Dominique Mahut (batterie, percussions)
- Arnaud Dieterlen (batterie, mandoline)
- Sarah Murcia (basse, contrebasse, benjing, claviers)
- Gérard Tempia (violon)
- Frédéric Deville (violoncelle)
- Mehdi Haddab (oud électrique)


1. Queue De Paon
2. Prise De Bec
3. Ice Dream
4. L’hiver Au Lit à Liverpool
5. Se Revoir Et S’émouvoir
6. Halloween
7. Crocodaïl
8. Ici, C’est L’enfer
9. Amor Doloroso
10. J’t’aime Telle
11. J’aime



             



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