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VARIETE FRANCAISE  |  COMPILATION

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Gérard LENORMAN - Gérard Lenorman (1970)
Par WALTERSMOKE le 18 Septembre 2019          Consultée 695 fois

Dans les années 70, on disait de Gérard LENORMAN qu'il était le « petit prince de la chanson » ; de nos jours, on aurait plutôt tendance à être plus corrosif et à voir en lui le roi de la naïveté, un paltoquet tout juste bon à sortir des chansons inoffensives et ne relevant même pas de l'art. Soyons franc : qui oserait penser que "Voici les clés" (une reprise en plus) ou "La ballade des gens heureux" peut espérer tutoyer l'oeuvre de Léo Ferré ou Alain Bashung, sans être accusé de n'avoir aucune culture musicale ? Comme souvent, creuser un peu Gérard (ce n'est pas sale) permet de comprendre jusqu'à quel point on a tort. Il n'y a certes pas de fumée sans feu : la discographie de Gérard LENORMAN est aussi naïve que du Douanier Rousseau, pour prendre un analogue pictural. Mais c'est un genre de naïveté capable de déboucher sur des choses très intéressantes, et permettant à des albums comme Caroline (1975) ou Drôles de chansons (1976) d'être franchement exceptionnels. Vraiment.

Autant dire donc que LENORMAN revient de loin quand on écoute ses premières œuvres.

Sur le plan personnel, déjà, celui qui est né Lenormand a connu une enfance difficile, privé d'un père ayant eu le mauvais goût d'être un soldat allemand dans la France des années 40 – on en reparlera dans la chronique de l'album D'amour (1981). Entre école de sœurs stricte(s) et travail à l'usine option Club Med, LENORMAN a quand même réussi à trouver sa voie à la fin des années 60, aussi bien comme compositeur qu'interprète. Le bougre parvient même à écrire un 45 tours pour Brigitte Bardot, une forme de Graal pour l'époque. De fil en aiguille, il succède à Julien Clerc dans la version française de la comédie musicale Hair, ce qui lui assure un succès certain. En parallèle, il sort des 45 tours à son nom, qui finissent compilés sur un 33 tours sorti en 1970. Et comment vous dire que c'est pas bon ?

En disant que c'est médiocre ?

Oui.

Circonstance atténuante : ce sont les premiers pas de LENORMAN qui sont présents ici, mélangés pêle-mêle sans réelle cohésion. De plus, même si les bases de la discographie de notre Gérard aimé et adoré sont déjà présentes, elles tendent plus vers le caillou grossièrement taillé que la pierre précieuse vendue 10 000 boules place Vendôme. Globalement, il faut s'attendre à de la grosse variétoche des années 60 avec moult orchestres sentant la naphtaline centenaire dès la sortie d'usine et jouant des compositions qu'on peut raisonnablement qualifier de « pouet-pouet ». En soi, ce n'est pas un mal, mais quand on combine avec des paroles au mieux perfectibles, ça fait mal. Dernière chance de briller ? L'interprète. Et Gérard LENORMAN, à l'époque, est encore bien jeune et vocalement immature, même si un fort potentiel est déjà bien présent. "Coeur aux nuages" est ainsi une chanson typiquement romantique, où la nervosité et la timidité du jeune premier (un terme pudique pour dire « PUCEAU ») sont bien retranscrites. Oui, c'est gnan-gnan, mais ça marche pas trop mal. Y apparaît également un tic récurrent dans la chanson française et notamment chez LENORMAN, à savoir cette manie de terminer les rimes en « e » par « euuuuuuuuh ». Mais on s'y fait.

Le reste ? Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est minable, mais franchement, il n'y a rien à sauver. Enfin presque : la dimension épique de "Apocalypse" peut ne pas déplaire, d'accord. Mais ensuite, c'est le désert de Gobi. Même "Laissez entrer le soleil" ? Oui. Non pas à cause de la composition, qui est au contraire superbe, mais ce sont vraiment l'interprétation et les arrangements qui foutent tout en l'air. Je déteste les comédies musicales et ne suis donc pas un spécialiste, mais je suis prêt à parier que beaucoup ont dû regretter Juju, même si LENORMAN se défend du mieux qu'il peut.

S'il fallait résumer ce premier album – ou plutôt cette première compile – en une phrase, ce serait : « ce ne sont pas les débuts de LENORMAN que vous cherchez ». Ce n'est qu'un gloubi-boulga de variétoche où la meilleure chansons surnage à peine. On peut l'écouter pour l'histoire si l'on veut, mais pas la peine de se casser le cul à le chercher, et ce d'autant plus qu'il est ultra-rare de nos jours, même en dehors des circuits légaux.

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5. Sueva
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