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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Gérard LENORMAN - Nostalgies (1978)
Par WALTERSMOKE le 1er Novembre 2019          Consultée 361 fois

On dira ce qu'on voudra, mais pour qui cherche des grosses couilles à la fin des années 70, il ne faut peut-être pas forcément chercher chez les punks, qui ne sont pour la plupart que des roquets appelés à changer radicalement ou à crever la gueule ouverte dès leur naissance. En revanche, il y a largement moyen de faire une bonne pioche chez ceux prêts à être totalement hors-sujet ou en dehors de la mode et qui ne vont pas au charbon en tâtonnant. Et c'est typiquement là que se trouve Gérard LENORMAN. Plutôt que de continuer à sortir de potits (sic) albums de variétoche tranquilles, le voilà à taper dans le double album-concept. En 1978, c'est comme nager dans une mer infestée de requins alors qu'on a la jambe qui saigne abondamment. Cependant, on est en France et LENORMAN reste un chanteur populaire, donc, sur un malentendu, ça peut marcher.

Venons-en au cœur du sujet. Nostalgies est donc le 6e album de notre Gégé, abordant en long en large et en travers le passé, la France, les souvenirs, la tradition. Déjà sur le papier, l'album est tellement conservateur, tellement de droite, qu'il rendrait Michel SARDOU vert de jalousie. Est-ce un défaut en soi ? Oui si l'on a la pensée binaire facile, non quand on veut voir plus loin. Et près d'une heure et quart plus tard, que dire sinon qu'on a eu bien mieux que ce qu'on craignait ? Car oui, Nostalgies, c'est avant tout un album varié et ambitieux, qui ne se rate jamais vraiment, du moins d'un point de vue musical.

« varié » ne signifie pas qu'on est globalement en face d'un album de variété française, mais qu'il y a VRAIMENT de la variété musicale. Variétoche certes, mais aussi rock, pop, soul... et avec une certaine forme d'ironie par moments. "Freedom" en est un bon exemple, évoquant l'américanisation de la France sur une musique clairement inspirée de la contrée de Jimmy Carter. Et puis, LENORMAN s'éclate sur "Dieu est amoureux", entraînant un gospel francophone. Notre cher Gérard se permet même une forme d'ego trip sur "Pas de rock'n'roll", aux arrangements aussi amusants qu'intéressants. Pas évident de prendre cet album au premier degré quand même, non ?

Pourtant, il y a parfois de quoi douter, comme sur "Mon beau pays de France", lettre d'amour déchirante de LENORMAN envers cet Hexagone naguère flamboyant et désormais paillasson des États-Unis (d'aucuns diront que ça n'a pas changé depuis), et chanson bien trop sérieuse pour qu'on y voie de l'ironie ou du second degré. Mais là où se dit « houlà », c'est sur le morceau-titre qui conclut l'album. Déjà, un pavé de presque 10 minutes, de la part de Gérard LENORMAN, ça peut donner des sueurs froides aux réfractaires. Ensuite, ce morceau, c'est une forme de chanson française épique, engagée, qui interpelle par des figures de style percutantes (on sent que Didier Barbelivien se déchaine) ; et on a beau ne pas être d'accord avec tout (la complainte sur « eugneugneu les satellites alors qu'on meurt de faim », bon, ta gueule), difficile de ne pas être impressionné et même admiratif sur du Léo Ferré de seconde main mais percutant et efficace – et plus musical aussi, niark.

Outre ce sommet de la carrière de Gérard LENORMAN (oui), Nostalgies brille aussi par plusieurs chansons qui, prises individuellement, sont au moins intéressantes. "Elle a quitté la maison" ne joue pas sur la thématique générale de la nostalgie, ce qui ne l'empêche pas d'être tragiquement belle. De l'autre côté des sentiments, "Lorsque j'aurais cent ans" fait esquisser un léger sourire, alors que "D'accord" est une très belle chanson d'amour, voire même magnifique et sensible.

Je pourrais continuer la liste, mais le problème est définitivement le format de l'album. Nostalgies contient son lot de chansons au mieux passables, au pire inutiles, surtout sur le 2e vinyle. Gérard LENORMAN a beau mériter d'être salué pour son audace, il a peut-être vu trop gros. Cependant, globalement, c'est faire un mauvais procès que de s'attarder dessus, cela brouille l'avis sur un album qui ne parvient même pas à être ringard ou moisi. Au moins LENORMAN, tout aussi naïf et enfantin fût-il, a porté son audace jusqu'au bout pour un résultat peut-être pas à la hauteur de ses précédents exploits mais qui se tient très bien, même plus de 40 ans plus tard.

Note réelle : 3,5/5

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   WALTERSMOKE

 
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- Gérard Lenorman (chant)
- Jean-pierre Bucolo (guitare électrique)
- José Souk (guitare acoustique)
- Lionel Lecreux (batterie)
- Emmanuel Roche (percussions)
- +
- Musiciens Non Crédités !


1. Ouverture
2. Les Champs De La Ville
3. Lilas
4. La Complainte De Saint-jean
5. Pas De Rock'n'roll
6. Elle A Quitté La Maison
7. So Long Maria
8. Freedom
9. Mon Beau Pays De France
10. D'accord
11. Audition

1. Dieu Est Amoureux
2. La Place Où Tu N'es Pas
3. Mes Chansons Images
4. Marie Colombe
5. Jour Après Jour
6. Le Mariage
7. Lorsque J'aurai Cent Ans
8. Nostalgies



             



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