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APHEX TWIN - Drukqs (2001)
Par CHIPSTOUILLE le 13 Mai 2007          Consultée 6872 fois

Richard D. James doit figurer sur une bonne centaine de disques depuis le début de sa carrière, sous différents pseudonymes et sur différents supports : singles et EP innombrables, compilations diverses, remix. Sous son principal nom de scène, APHEX TWIN, on ne dénombre que très peu d'albums au sens strict du terme. Drukqs, sorti en 2001, achève ainsi une bien courte série de cinq albums et, d'après l'avis d'une majorité de fans, serait décevant. Manque d'innovation, trop sobre, peu de surprises, décousu, trop de remplissage: les critiques sont légion. Pourtant, l'exercice de style étant au final assez rare, il s'avère difficile de ne pas lui donner une seconde chance...

Drukqs aurait vu le jour suite à la perte malencontreuse d'un baladeur MP3 lors d'un voyage en avion. L'objet contenait une centaine de titres dont une partie au moins n'avait pas eu l'honneur d'être imprimée sur disque. De peur de voir toute sa production vagabonder sur Internet sans même que son nom n'y soit associé ou qu'il puisse en tirer profit, Richard D. James décida alors de sortir un album dans la précipitation. L'artiste ayant déclaré quelques temps plus tôt qu'il ne comptait pas sortir d'album dans un délai de 5 ans, le double-album Drukqs d'APHEX TWIN voit le jour à la surprise générale, après deux CD promotionnels de 2 et 5 titres chacun.

Certes, 30 morceaux (enfin après analyse méticuleuse, 27 seulement sont digne de cette appellation), au lieu des habituels 3 ou 4 par EP, cela peut paraître indigeste pour un tel artiste. Pour ma part, j'ai d'ailleurs encore bien du mal à en faire le tour en une seule fois. Toutefois l'album se révèle plus accessible que les précédents, sans toutefois faire l'impasse sur une bonne dose de nouveautés.

L'innovation de cet album est principalement due à la présence d'un piano préparé, tel que l'avait inventé John CAGE, auteur de musique contemporaine expérimentale. L'album propose ainsi de nombreuses pièces au piano (de facture relativement simple, SATIE avait lui aussi été évoqué comme inspirateur), "préparé", c'est à dire avec divers objets déposés sur les cordes. L'aspect rythmique du piano est ainsi mis en valeur, en lui apposant une batterie d'instruments métalliques ou divers objets "sonnant" à même les cordes. "Kladfvgbung Micshk" (à-tes-souhaits) ou "Ruglen holon" par exemple, s'éloignent ainsi très facilement du piano d’origine en associant à chaque note une sonorité différente, n'ayant parfois aucun rapport avec celle d'un marteau frappant une corde...

Tout au long de l'album, on pensera fortement à de la musique concrète. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'un tel pont est réalisé entre APHEX TWIN et la musique contemporaine, Philip GLASS avait réorchestré le titre "Icct Hedral" (présent sur I care because you do). Le résultat s'avère au final très cohérent avec l'univers de Richard D. James. On retrouve comme à son habitude des mélodies très accessibles voir enfantines noyées dans des expérimentations rythmiques hétéroclites qui donnent aux mélodies premières tout leur charme. L’album se pare également de quelques titres au piano sans préparation: "Avril 14th", "Petiatil cx htdui", "Nanou2" et "Kasson Dalef" sont imparables de mélancolie. On apprécie particulièrement le touché boisé et le relief apporté par toute la mécanique du piano mise en valeur, à l'image des photos que l'on retrouve dans le livret.

Le piano, qui n’avait donc jusque là jamais fait partie de l’univers musical du jumeau, travesti ainsi 13 des 27 vrais morceaux de ce double album. Le reste se partage l'autre moitié en quelques parts de gâteau moins consistantes.

On passe par les diverses formes de compositions déjà abordées par APHEX TWIN, en allant du pire au meilleur, selon les cas. De ses débuts ambiants, on récupère le très prenant "Gwety Mernans", structuré à partir d’un battement mécanique répétitif où le piano, encore lui, reviendra faire irruption pour quelques notes esseulées. Les palpitations successives, au début mécaniques, prennent petit à petit vie au travers de l'instrument éloigné et seul, on savoure grandement. Dans une veine similaire voire plus glauque encore, "Gwarek 2" vous met dans la peau d’un saboteur de grand 8, sadique et solitaire, s’amusant avec le métal de la structure du manège se disloquant, au grand dam de ses passagers qui terminent leur course dans des cris effroyables.
La suite de la carrière de Richard D. James se retrouve dans de nombreux titres rythmés, étiquetés Drilln Bass ou Intelligence Dance Music, des superbes "Vordhobn" ou "Cock/Ver10" aux plus longuets "54 Cymru beats" ou "Meltphace 6". On retrouve d'ailleurs ici quelques prémices de la série Analord, notamment l'utilisation d'instruments électroniques communs. Chose étonnante lorsque l'on constate les critiques émises sur le manque de nouveauté dont souffrirait l’album.

Drukqs n’est cependant pas exempt de défauts et contient quelques titres poussifs ("Bbydhyonchard" ou "Father", pour ne citer que les plus anecdotiques). Loin de ne proposer que du réchauffé contrairement à la "légende", il pèche surtout de par son manque de cohésion. Les divers univers d’APHEX TWIN se font ici front et ne cohabitent que difficilement. Les titres rythmés demandant à l’auditeur d’être dans un trip particulier ne permettant pas d'apporter les nuances réclamées par les morceaux plus ambiants. Ce défaut était déjà présent dans la plupart des EP de l’artiste, mais leur courte durée gommait en général cet inconvénient récurrent. Drukqs nous présente donc pêle-mêle les réflexions de 2 "futurs" produits totalement opposés. On aurait pu, avec un souci d’organisation, en tirer au moins un chef d’œuvre. Avec un minimum d’efforts à fournir et par observation minutieuse du résultat obtenu, on obtient "seulement" un très bon double album.

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- Richard D. James


1. Jynweythek (2:23)
2. Vordhosbn (4:51)
3. Kladfvgbung Micshk (2:06)
4. Omgyjya Switch7 (4:52)
5. Strotha Tynhe (2:12)
6. Gwely Mernans (5:08)
7. Bbydhyonchord (2:33)
8. Cock/ver10 (5:18)
9. Avril 14th (2:05)
10. Mt Saint Michel + St Michaels Mount (8:10)
11. Gwarek 2 (6:46)
12. Orban Eq Trx4 (1:35)
13. Aussois (0:12)
14. Hy A Scullyas Lyf A Dhagrow (2:14)
15. Kesson Dalef (1:19)

1. 54 Cymru Beats (6:07)
2. Btoum-roumada (1:58)
3. Lornaderek (0:31)
4. Qkthr (1:27)
5. Meltphace 6 (6:24)
6. Bit 4 (0:25)
7. Prep Gwarlek 36 (1:19)
8. Father (0:57)
9. Taking Control (7:14)
10. Petiatil Cx Htdui (2:11)
11. Ruglen Holon (1:49)
12. Afx237 V.7 (4:23)
13. Ziggomatic 17 (8:35)
14. Beskhu3epnm (2:10)
15. Nanou2 (3:24)



             



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