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Peggy LEE - Miss Wonderful (1959)
Par LE KINGBEE le 11 Février 2021          Consultée 152 fois

Cet album édité par Decca en 1959 témoigne que l’argent n’a pas d’odeur. Ce disque résulte de deux sessions remontant au 6 janvier et 8 juin 1956 dans les studios Decca de Los Angeles. Hormis "Take A Little Time To Smile", les onze autres titres ont fait l’objet de singles. Aujourd'hui, on peut légitimement penser que le label s’est fait un peu de sous avec pas grand-chose en refourguant douze chansons qui avaient plus de trois ans. Il est vrai que le succès de "Fever" avait propulsé Peggy LEE encore plus en avant sous le feu des projecteurs. Mais contrairement à certains alcools qui prennent du prix selon leur âge, il n’en est pas de même avec les chansons, les goûts demeurant du domaine du subjectif.

Broadway, haut lieu des comédies musicales new yorkaises, sert de rampe de lancement à cette galette. A la fin des fifties, les comédies musicales règnent encore en maître sur Manhattan. Le monde entier s’extasie sur des pièces qui font parfois des bides et ont du mal à remplir des salles de 500 personnes, comme il en existe tant dans le Theater District. Les maisons d’éditions situées à Tin Pan Alley, à deux pas de Broadway, doivent pouvoir exporter les pièces américaines, bonnes ou mauvaises, en Europe, afin de récupérer de somptueuses royalties.

Ce n’est donc pas étonnant si cet opus débute avec "Mister Wonderful", une modeste comédie de Jack Donohue ancien danseur au Ziegfeld Folies, et réalisateur de nombreux Frank Sinatra Show pour la télé américaine. En clair cette pièce aura servi de tremplin à Sammy Davis Jr., lui mettant ainsi le pied à l'étrier et intégrer le circuit juteux de Las Vegas. Le morceau sera repris une trentaine de fois, souvent agrémenté d’une orchestration d’époque sans grandes subtilité. On peut même préférer les versions instrumentales de Jack McDuff avec le guitariste Bill Jennings ou celle du Bobby Hackett Trio qui permettent d’échapper aux paroles datées et dépassées. Comme on dit, une guimauve reste une guimauve quelque soit son parfum. "Joey, Joey, Joey" provient de "The Most Happy Fella", une comédie opéra de Frank Loesser. La comédie nous conte l’histoire d’un amour compliqué entre un vieux et gros vigneron et une belle jeune fille de San Francisco. Si la genèse de cet amour a débuté par un échange de correspondance, le grand moment arrive enfin avec la venue de la belle. Sous l’insistance de sa sœur, le vieux et gros grigou à envoyé à sa belle une photo d’un de ses employé (Joey), plus jeune plus beau et devient victime de son subterfuge. Une histoire croquignolesque hélas insuffisante pour retenir l’attention.

Hollywood constitue la seconde grande trame, le présent répertoire exploitant plusieurs chansons issues de films, musicaux pour la majorité. Compo du couple GERSHWIN et Numéro Un lors de sa sortie en 37, "They Can't Take That Away From Me" servait de générique au film "Shall We Dance" auréolé par le duo Fred Astaire/ Ginger Rogers. Si la version cinématographique avait l’avantage de diffuser une scène de danse remarquable, la version audio tombe un peu à plat, surtout plus de vingt ans après. Les violons et les cuivres se révèlent une surenchère aussi intempestive qu’inutile. Si le titre est devenu un standard du Jazz, on conseillera les versions instrumentales de Ruby Braff ou de Jonah Jones sans oublier celle chantée par Barbara HENDRICKS épaulée des sœurs LABEQUE. Signalons que la chanson fait toujours recette, en décembre 2020, Freda Payne et Johnny MATHIS l’ont enregistrée en duo.

Au chapitre des pièces échappant à Broadway et Hollywood, on retrouve "Where Flamingos Fly"⃰ , posés sur une mélodie plus tendre, ces flamands roses tissent un bel écrin aussi dramatique que poétique. On monte dans la machine à remonter le temps avec "You've Got To See Mama Every Night" titre des années 20. Avant-guerre, Roy Acuff en fera une version mêlant Western Swing et Hawaiien Guitare avant que le titre ne tombe dans l’escarcelle des chanteuses de variété. Les amateurs de séries TV reconnaîtront la chanson, elle figure au générique de "Boardwalk Empire" avec les excellents Steve Buscemi et Michael K Wiliams interprétée par Liza Minnelli. La présente version bien dynamique demeure selon nous la meilleure jamais enregistrée. La chanteuse s’offre une escale par le Blues avec "The Come Back" titre de Memphis SLIM. Si l’original versait dans le Piano Blues sous forme de shufle, Sy Oliver s’inspire de la version de Count BASIE tout en respectant les codes. L’un des morceaux phare du disque. Composition de la chanteuse et du guitariste Dave Barbour (un ancien mari) "Take A Little Time To Smile" aurait pu figurer rétroactivement dans la catégorie précédente. Cette excellente ballade est au générique d’un épisode de la toute récente série anglaise "Soulmate" et vient conclure la face A tranquillement mais en beauté.

On n’avait quitté la face A sur une compo du couple Lee/Barbour, nous entamons la face B avec une seconde compo avec "I Don’t Know Enough About You". Le titre avait été préalablement enregistré en 46 pour Capitol dans une version épurée dans laquelle Barbour proposait un superbe phrasé de guitare, en droite ligne avec Barney KESSEL ou Joe PASS. Ici, Peggy dresse humoristiquement une liste de réclamations à son petit ami. Le titre sera repris avec humour par Harry CONNICK et en 1997 par Diana KRALL qui témoignait déjà de ses limites. De "Crazy In The Heart", on peut dire aujourd'hui que le temps a fait son œuvre, cette soupe étant plombée de surcroît par une orchestration manquant de nuances. "You Oughtta Be Mine" se révèle plus convaincant, si la mélodie reste assez lente elle diffuse un groove qui parvient à maintenir la tension. Le titre sera repris par Ella Mae Morse avec un surplus de vitamines. Autre inusité, "We Laughed At Love" se déguste comme une ballade Jazzy assez lente. Un morceau repris par Anita O’Day. Le disque se termine sur un dernier inusité, "That’s Alright Honey", compo de Rose Marie McCoy et Charlie "Hoss" Singleton, futur créateur de "Stranger In The Night et Rose. Le chant est encore irréprochable alors que l’orchestration se place le cul entre deux chaises entre Jazz Big Band et Blues.

Si Peggy LEE se révèle souvent touchante et si la qualité du chant ne peut difficilement être mise en cause, il n’en va pas de même avec les arrangements trop peu éthérés et une orchestration surchargée. Decca nous donne l’impression de nous prendre pour des pigeons en nous refourguant ces vieux titres, déjà parus en singles. Même la pochette fait vieillotte, comme passée de mode. Seuls cinq titres parviennent encore à catalyser de l’intérêt, les autres se contentant de susciter de la bienveillance. Pas assez pour récolter la moyenne, malgré tout le talent de cette excellente interprète.

⃰ Titre homonyme à celui de Van MORRISON.
La line-up de la section cuivre n'est livrée qu'à titre suggestif.

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- Peggy Lee (chant)
- Sy Oliver (orchestre, arrangements)
- William Pitman (guitare)
- Max Wayne (contrebasse)
- Ed Shaughnessy (batterie)
- Jimmy Rawls (piano)
- Stella Castelucci (harpe)
- Haywood Henry (saxophone)
- Dick Jacobs (saxophone)
- Al Cobbs (trombone)
- Bobby Byrne (trombone)
- Bernie Privin (trompette)
- Hank D'amico (clarinette)


1. Mister Wonderful
2. They Can't Take That Away From Me
3. Where Flamingos Fly
4. You've Got To See Mama Every Night
5. The Come Back
6. Take A Little Time To Smile
7. I Don't Know Enough About You
8. Wrong, Wrong, Wrong
9. Crazy In The Heart
10. You Ought To Be Mine
11. We Laughed At Love
12. That's Alright, Honey



             



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