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- Style : Helen Merrill

Peggy LEE - Dream Street (1957)
Par LE KINGBEE le 29 Janvier 2021          Consultée 855 fois

Ce disque apparaît dans les bacs en janvier 1957. Entre Decca et Peggy LEE le torchon commence à brûler sérieusement. Enregistré à Los Angeles lors de deux sessions les 5 et 7 juin 56, cet opus marque une légère rupture avec les précédents, pour la première fois la chanteuse a choisi les douze titres de l’album, des chansons qu’elle avait aimées pour diverses raisons et qu’elle tenait à mettre en boite, condition sine qua none pour que le disque sorte. Devant la fermeté de la chanteuse Decca se retrouve obligé de céder, alors que la priorité de la firme est de toucher monnaie sonnante et trébuchante, souvent à deux ou trois titres, Peggy LEE place l’artistique et l’envie en premier lieu. Depuis deux ans, la chanteuse a gagné une certaine notoriété, en participant à la bande originale du dessin animé de Disney "La Belle et le Clochard" ; la chanteuse a même failli rafler un Oscar dans la catégorie second rôle pour sa prestation dans "Pete Kelly’s Blues" avec Jack Webb, Janet Leigh, Ella Fitzgerald et Lee Marvin.

Peggy Lee débute son récital avec "Street Of Dreams"⃰, une ballade sentimentale des années trente popularisée par Bing Crosby, les Ink Spots et Sarah Vaughan. Du pain béni pour Decca, propriétaire des droits. Autre titre pioché dans le catalogue Decca, "What’s New" une compo du contrebassiste Bob Haggart avait fait l’objet d’une première version chantée par Bing Crosby, avant de tomber dans l’escarcelle de nombreux ensembles de Jazz. On reste dans la même lignée musicale avec un titre d’une lenteur monotone. John COLTRANE, Clifford Brown ou Shelly Mann restent les auteurs d’instrumentaux plus encourageants à notre sens. Si vous avez misé un euro que le prochain titre échappait au catalogue Decca, vous ne pourrez pas acheter une baguette, à moins que votre boulanger ne vous fasse crédit. Issu de "Bow Bells", une comédie musicale anglaise des années trente, "You’re Blase" prend un peu de voilure. Souvent chanté sur des tempos hyper lents et bien barbants (Julie London, Shirley Horn), Peggy Lee et son orchestre accélèrent enfin la cadence. Peut-être la meilleure version du morceau avec l’instrumental de Coleman Hawkins. "It’s All Right With Me", compo du prolifique Cole Porter au générique de la comédie de Broadway « Can Can », avait fait l’objet de reprises assez mollassonnes. Là, le piano, le vibraphone et la contrebasse ont du tomber dans la marmite de Panoramix, l’orchestre embraye sévère. Une version bien dynamique qui enterre définitivement celle de Dionne Warwick (trop lente) ou de Tom WAITS (vocal de chat écorché).

On repart sur un train de sénateur avec "My Old Flame". Tirée du film "Belles of Nineties" avec Mae West et Duke ELLINGTON, la chanson avait été reprise par Peggy au sein de l’orchestre de Benny Goodman. Si la chanteuse nous délivre une reprise correcte manquant toutefois un peu de moelle, les amateurs de Jazz se tourneront vers les essais de Miles DAVIS, Chet BAKER ou Kenny DORHAM. La face A se termine au pas d’escargot avec "Dancing In The Ceiling"⃰ ⃰, chanson issue de la comédie musicale londonienne "Ever Green". Après un intro au violoncelle, le piano maigrelet de Lou Levy accompagne la chanteuse dans une forme minimaliste peu entrainante.

En ouverture de face B, "It Never Entered My Mind" garde la même ligne directrice, celle d’une ballade pleine de douceurs bien représentative du Jazz Vocal fifties. Figurant au générique de la comédie musicale "Higher And Higher", un flop de Lorenz Hart, la chanson ne parvient à s’écarter des carcans de la ballade sentimentale pleine de bonnes intentions. Les instrumentaux du tandem Coleman Hawkins/ Ben Webster ou de Miles Davis nous paraissent un cran au dessus par la qualité et la subtilité de leurs arrangements. Lorsqu’elle ne pioche pas dans le catalogue Decca ou Broadway, Peggy farfouille du coté du cinéma hollywoodien pour nous propulser sur de douillettes et inoffensives ritournelles comme en atteste "Too Late Now", chanson au générique du film "Mariage Royal" de Stanley Donen. Stratégie identique avec "I’ve Grown Accustomed To His Face" en provenance de "My Fair Lady" immense succès aux huit Oscars. Peggy Lee nous délivre encore une solide prestation mais Dieu que c’est mou ! Après quelques notes de vibraphone, le disque s’emballe un peu avec "Something I Dreamed Last Night" via les percussions exotiques et un rythme un brin plus soutenu. Pas de quoi nous faire attraper un lumbago mais suffisant pour nous sortir de notre sieste Enregistré une première fois par Judy Garland, "Last Night When We Were Young" a failli figurer dans deux films "Metropolitain" avec le chanteur baryton Lawrence Tibbett et "In The Good Old Summertime" avec Judy Garland et Van Jonson, un remake de "Shop Around The Corner" avec James Stewart. Petit hic, les passages où devait figurer la chanson seront coupés au montage. Le titre sera repris par pléthore de crooners et chanteuses de Jazz (SINATRA, Tony Bennett, Carmen McRAE) mais reste malheureusement plombé par un mélo dramatisme démodé et une apathie à la limite de la lourdeur. Le disque s’achève sur "So Blue", compo des années vingt de Ray Henderson, créateur du célèbre "Bye Bye Blackbird". Après une bonne intro de contrebasse, le tempo s’accélère via un excellent passage de guitare au phrasé West Coast, des notes qui permettent de nous sortir de notre assoupissement.

Intrinsèquement, si chaque piste reste difficilement attaquable, cet album fait naitre un sentiment d’ennui, la faute l’extrême lenteur dans 80% des morceaux. Le disque bénéficie d’un accompagnement et d’arrangements hors pairs par l’entremise de Sy Oliver ; la plupart des musiciens présents feront partie du gratin du Jazz West Coast pendant presque un demi-siècle. Les deux bémols de se disque résultent dans l’apathie générale de ces ballades sentimentales et d’autre part dans l’absence d’une ou deux chansons plus populaires. Mais la diction et le timbre de Peggy Lee en font une excellent interprète de Vocal Jazz. Note réelle 2,5

⃰ Titre homonyme à ceux de Rainbow et The Damned.
⃰⃰Titre homonyme à celui de Lionel Ritchie.

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- Peggy Lee (chant)
- Sy Oliver (orchestre, arrangements)
- Barney Kessel (guitare)
- Max K Bennett (contrebasse 2-3-4-7-10-11-12)
- Buddy Clark (contrebasse 1-5-6-8-9)
- Nick Fatool (batterie)
- Bud Shank (flûte, saxophone)
- Bob Cooper (saxophone)
- Shorty Rogers (trompette)
- Lou Levy (piano)
- Larry Bunker (vibraphone, percussions)
- Stella Castelucci (harpe)


1. Street Of Dreams
2. What's New
3. You're Blase
4. It's All Right With Me
5. My Old Flame
6. Dancing On The Ceiling
7. It Never Entered My Mind
8. Too Late Now
9. I've Grown Accustomed To His Face
10. Something I Dreamed Last Night
11. Last Night When We Were Young
12. So Blue



             



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