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RAINBOW - Rising (1976)
Par LONG JOHN SILVER le 24 Juillet 2017          Consultée 658 fois

Lorsque Ritchie Blackmore enregistre le premier opus de RAINBOW en compagnie du groupe ELF (sans son guitariste), on ne sait si cela perdurera. D’ailleurs, c’est la mention Ritchie Blackmore’s Rainbow qui fait office de nom. Et aujourd’hui, on se demande bien pourquoi c’est la chanson « Black Sheep Of The Family »* qui a fait basculer Ritchie vers une autonomie quasi totale. Parce que franchement, elle n’est pas terrible, à la place des bandmates de DEEP PURPLE on n’en aurait pas plus voulu que ça. Parce qu’il tenait absolument à l’enregistrer, Ritchie a emmené en studio le groupe de première partie du Pourpre. Comme quoi. Ritchie Blackmore’s Rainbow est truffé de superbes compos, c’est certain, mais mieux vaut ne pas l’écouter après avoir entendu leurs versions sur On Stage, le disque live à paraître en 1977. Ce n’est pas le même groupe ! Et pour cause : à partir du moment où Ritchie sait qu’il n’y aura pas de retour en arrière (même si, 10 ans après), il se dépêche d’embaucher de vrais musiciens. J’y reviendrai. On ne parle pas du chanteur, lui est exceptionnel, et d’ailleurs il est d’accord. D’accord pour le coup de balai et sur l’orientation artistique à suivre. Pour faire court, Ronnie Dio dira plus tard qu’il s’agissait, dès les débuts, d’opérer une combinaison d’éléments rock’n’roll et de musique classique. Comme si DEEP PURPLE n’avait jamais fait cela auparavant. Or Rising marque bel et bien une étape décisive sur la voie qui mène du hard rock au heavy metal.

On se rappelle la pochette de l’album de 1975, quelque part enfantine notamment avec le lettrage (pourri) adopté, alors qu’il tombait sous le sens que le nom RAINBOW fût inscrit en lettres gothiques. On y chemine pourtant un univers fait de sorcellerie, de rois et de gentes damoiselles, mais non, on n’avait pas pensé à cela pour illustrer le visuel. « L’erreur » est réparée avec Rising et sa pochette fabuleuse où un poing surgit de la mer pour attraper un arc en ciel dans un décor féérico/fantastique tourmenté. On sent poindre une maturité autoritaire, la récréation est terminée. Martin Birch obtient – seul – les crédits de production, Blackmore lui fait confiance et il a bien raison. Rappelons que Birch prendra sous son aile IRON MAIDEN, soit le plus gros groupe de Metal ever**, pour en faire ce que tout le monde sait désormais. À la batterie Cozy Powell – un batteur déjà reconnu et recherché – apporte sa double grosse caisse et ça s’entend, le ton se durcit considérablement, s‘amplifie par la même occasion. À la basse, Jimmy Bain use le médiator, comme le souhaite Blackmore qui recherche un son métallique et agressif. Aux claviers, c’est Tony Carey qui hérite – par hasard – du poste. Un gars repéré par Ritchie alors qu’il occupait un studio voisin de celui qu’il avait réservé pour auditionner les candidats. Deux "petits jeunes" et deux bonnes pioches pour Ritchie***. L’intro aux synthés de « Tarot Woman » résonne depuis la pénombre, le son est énorme d’emblée, la chanson est excellente, elle sonne comme un classique, et question énergie on est loin de l’ambiance champêtre des débuts. On a affaire à une vraie entité, un rouleau compresseur. Pour sûr, Ritchie a trouvé ce qui faisait cruellement défaut au premier disque, lequel contient pourtant une grosse moitié de titres incontournables.

La première face de Rising est faite de morceaux assez courts, excepté « Tarot Woman » du fait de son exposition instrumentale, les titres sont efficaces et mélodiques. Chacun à sa façon, « Run With The Wolf » et « Starstruck » sonnent comme du DEEP PURPLE. Celui de Machine Head, le premier en mid-tempo tendance pop, le second bien plus rock’n’roll et roboratif, quasiment tubesque. C’est « Do You Close Your Eyes », mélangeant groove et rock’n’roll, qui clôt (donc) la première partie du disque, un titre amené à être développé au-delà de ses 3 petites minutes sur scène. Jusque-là, si ce n’était l’indication laissée par « Tarot Woman », RAINBOW correspond assez justement à la définition qu’en a donnée son lutin chanteur, on écoute bien un (bon !) disque de rock’n’roll mâtiné d’influences classiques, joué à plein volume. Bien évidemment, Blackmore y est impérial sans toutefois déborder de partout. Seulement jusque là - aussi -, on détient un opus, certes très solide mais pas encore – tout à fait - un sommet du hard proto metal.

La deuxième (dans ta) face vient mettre tout le monde à genoux en deux mouvements traitant d’une même pièce : « Stargazer » et « A Light In The Black ». Soit l’histoire d’un sorcier (malfaisant) qui fait bâtir par des esclaves une tour gigantesque afin de pouvoir s’envoler de son sommet… et de s’écraser comme une m… Eh bien, on baisse la tête et on écoute sagement, que dis-je, religieusement, cette saga qui commence par une intro étourdissante de Cozy Powell à la batterie pour déboucher sur un riff oriental plombé chevauchant une rythmique impulsée depuis les tréfonds. Quand Dio chante, les cigales cessent d’utiliser leurs éventails et les grillons de griller. Vous avez entendu parler du solo de Ritchie sur « Stargazer » ? D’ailleurs, le mieux c’est de l’écouter quand il vient se poser sur un mode approprié comme un élément de la narration du morceau. « Light In The Black » est plus rapide, assez up-tempo même, les riffs bien directs. Encore quelques crans de saturation et on sera dans la New Wave Of British Heavy Metal. Sinon les deux grosses caisses de Powell font le boulot à cent à l’heure. Ce titre permet à Carey d’envoyer un autre solo de synthé avant de céder la place à son patron qui met rapidement le feu à sa strato. Deux titres majeurs, lourds, démesurés, puissants, virtuoses, pour parachever l’œuvre, indubitablement cette seconde phase marque les esprits.

Pour résumer ce à quoi sont parvenus Ritchie et ses amis, on pourrait expliquer qu’avec Rising, le groupe opère une synthèse entre la fantasy proto/prog de URIAH HEEP en gardant un œil sur l’aspect doom de BLACK SABBATH, la facette épique de LED ZEPPELIN, et bien sûr les penchants rock’n’roll de DEEP PURPLE. Ritchie Blackmore n’a pas abandonné la course aux armements – lui - alors que son ex-groupe ne va pas tarder à splitter. DEEP PURPLE est mort ? Vive l’imperator RAINBOW ! Ritchie bien qui rira le dernier.

* Cover de QUATERMASS, cependant, pour être complet, "Sixteenth Century Greensleeves" aurait également été recalée et là cela paraît déjà moins rationnel
** Pur constat et quoi qu’on pense du groupe d’ailleurs
*** Par ailleurs, les deux entretiendront de longues carrières de sidemen après RAINBOW et participeront à des cover bands de DIO (Bain/LAST IN LINE) et RAINBOW (Carey/OVER THE RAINBOW) !

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Ritchie Blackmore (guitare)
- Ronnie James Dio (chant)
- Cozy Powell (batterie)
- Tony Carey (claviers)
- Jimmy Bain (basse)
- Munich Philharmonic Orchestra (orchestre sur 5)


1. Tarot Woman
2. Run With The Wolf
3. Starstruck
4. Do You Close Your Eyes
5. Stargazer
6. A Light In The Black



             



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