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RAINBOW - Down To Earth (1979)
Par LONG JOHN SILVER le 2 Janvier 2018          Consultée 482 fois

Quatrième album de RAINBOW, quatrième line-up et plus que Blackmore comme membre d’origine. À ce compte-là, on se demande presque pourquoi Ritchie n’a pas conservé l’appellation originelle : « Ritchie Blackmore’s Rainbow ». Rainbow un groupe ? Vous voulez rire ! Alors oui, Cozy Powell est encore là, plus pour (très) longtemps mais à l’époque on s’était pris à espérer qu’il restât définitivement, comme membre permanent. L’histoire nous donnerait rapidement tort, Cozy enregistre ici son troisième (et dernier) album en compagnie de la bande à Ritchie.

Alors les nouveaux ? Roger Glover, pour commencer, est un sérieux gage pour la suite, il s’agit comme de bien entendu de l’ex-bassiste de DEEP PURPLE. Il est également producteur* et a obtenu un succès phénoménal avec « Love Is All », une chanson interprétée par Ronnie James Dio !!! Roger intéresse Ritchie car : 1) c’est un sacré musicien, 2) il est parolier, 3) il est surtout producteur – donc – et ainsi Ritchie se passera de Martin Birch, pas assez malléable. Pour la petite histoire, sachez que Glover ne devait pas figurer à la basse sur ce disque mais que le musicien** choisi initialement fit les frais du caractère exquis de Ritchie. Arrive également Don Airey aux claviers, un émule de Jon Lord, encore un virtuose qui a déjà pas mal de bouteille puisqu’il a collaboré avec BLACK SABBATH ou Cozy Powell et fut membre de COLLOSSEUM II. Au chant, l’écrasante responsabilité de succéder à Ronnie Dio est confiée à Graham Bonnet, inconnu des fans de Hard Rock, pourtant aussi chevronné, ex-membre de The MARBLES, duo pop de la fin des 60’s. Furent préalablement envisagés pour le poste : Ian Gillan, chose improbable quand on connaît les relations compliquées qu’il entretenait avec le patron, puis Peter Goalby***, qu’on retrouverait plus tard chez URAH HEEP. Bonnet s’impose pourtant après avoir passé une audition au château Pelly de Cornfeld, en France, là où l’album – déjà écrit – est (pour partie) enregistré.

Il y avait de quoi fulminer à l’annonce du départ du lutin chanteur, tant il est (était) exceptionnel, autant dire que pour Bonnet c’était mission impossible de lui succéder. Pourtant cela passa. Ritchie avait prévu de tourner le dos à la fantasy, d’attirer un public plus large quitte à se mettre à dos une partie des fans et/ou admirateurs des débuts, ce qui ne manqua pas de se produire, j’y reviendrai. Le moins qu’on puisse dire étant que l’homme en noir a réussi son coup au-delà des espérances, sachant quelque part ménager la chèvre et le chou. Déjà parce que Bonnet s’avéra d’emblée parfaitement crédible dans un style Hard rock/Metal qui ne lui était pas familier. Sa voix dégage une puissance phénoménale qui n’est pas sans équivaloir celle de son prédécesseur, même si le timbre inimitable de Dio reste hors de portée. D’ailleurs, toute ressemblance avec ce profil était exclue, il s’agissait bien de passer outre. Cependant, lorsque Ritchie attaque d’emblée le riff de « All Night Long », on reconnaît immédiatement sa patte, celle qui créa jadis « Smoke On The Water » et plus encore « Man On The Silver Mountain », à base d’accords de puissance renversés. « All Night Long » se démarque toutefois des titres suscités car sa production lorgne directement sur le radio friendly, autrefois appelé Hard fm****, il y a de la pop là-dedans, c’est évident. Le morceau fait mouche immédiatement : son refrain est imparable, les chœurs s’envolent, on est scotché et on en veut beaucoup moins à Ritchie de s'être séparé d'un des tout meilleurs vocalistes de la planète Metal. Surtout que s’ensuit « Eyes Of The World », épique au possible, quasiment prog, qui renoue avec l’esprit de bravoure déployé autrefois au travers de « Stargazer » ou autre « Gates Of Babylon », tout en changeant d’orientation, les claviers de Don Airey rafraichissant considérablement le style, on en est baba.

Deux autres passages remarquables de Down To Earth viennent se poser en parallèle de cette faramineuse ouverture, non pas accolés, comme sur cette première moitié de vinyle, mais aux antipodes de la seconde. « Since You Been Gone » renoue avec les tentations pop entendues via « All Night Long ». Il s’agit d’une chanson de Russ Ballard*****, un sacré faiseur celui-là, un truc au riff simplissime, qu’il est impossible d’ôter de son crâne tant c’est efficace. En revanche, je vous mets au défi de la chanter. « Since You Been Gone », ou le plus gros carton de RAINBOW, parvient à séduire les masses, à faire passer la transition artistique vers le succès planétaire sans soucis. Tandis que « Lost In Hollywood », qui clôt l’opus, renoue avec les accents héroïques chers à l’univers de RAINBOW, soit une pièce remarquable, une fois de plus transfigurée par l’apport de Don Airey, dont la contribution au changement vaut largement celle de Graham Bonnet, alors que partout Ritchie se montre à la hauteur de sa réputation de virtuose hors pair. La section basse/batterie est d’une solidité à toute épreuve. Pour jouer cette musique, il faut faire valoir un sacré niveau, au moins cela n’a pas changé.

Oui mais. Down To Earth est carrément coupé en deux, on y entend – pour sûr - quatre titres remarquables, or le reste est loin de valoir ces instants fameux, nonobstant les qualités intrinsèques de ses intervenants, notamment les soli de Blackmore qui rayonnent de partout. Passe encore pour « No Time To Lose », aimable instant rock’n’roll assez bien fichu quoiqu’un (gros) poil facile, « Makin’ Love », « Love’s No Friend » et « Danger Zone » font cruellement office de filler, pour ne pas dire que cette poignée de chansons ne représente que peu d’intérêt, passée la maîtrise des musiciens, bien mise en valeur par la prod rutilante de Glover. Autant dire que la moitié du disque relève du pilotage automatique. Dommage.

À sa sortie, Down To Earth reçoit un accueil critique (logiquement) mitigé. Une partie de la fan base fait la gueule, Ritchie Blackmore lui-même ne se montrera pas bien plus tendre envers ce disque, estimant qu’une bonne partie relevait de la « perte de temps ». Néanmoins, le succès de « Since You Been Gone » allait bien propulser l’Arc-en-ciel vers les cimes espérées, RAINBOW décrochant la tête d’affiche du festival Monsters Of Rock à Donnington****** pour l’occasion.

*Judas Priest, Rory Gallagher, Ian Gillan, entre autres mais aussi David Coverdale !
** Clive Chaman, un ancien du Jeff Beck Group, comme Cozy Powell fut brièvement présent durant les sessions mais le poste devait revenir à Jack Green (ex Pretty Things)
*** Ex-Trapeze
**** AoR depuis
***** Ex-Argent
****** Cf la chronique dédiée à ce concert

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Ritchie Blackmore (guitare)
- Roger Glover (basse)
- Cozy Powell (batterie)
- Don Airey (claviers)
- Graham Bonnet (chant)


1. All Night Long
2. Eyes Of The World
3. No Time To Lose
4. Makin' Love
5. Since You Been Gone
6. Love's No Friend
7. Danger Zone
8. Lost In Hollywood



             



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