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- Membre : Deep Purple, Blackmore's Night, Msg, Dio, Black Sabbath, Ozzy Osbourne , Ian Gillan , Candice Night
- Style + Membre : Joe Lynn Turner
 

 The Deep Purple Appreciation Society (310)

RAINBOW - Straight Between The Eyes (1982)
Par LONG JOHN SILVER le 17 Avril 2018          Consultée 231 fois

Actualité chargée pour RAINBOW au début des 80’s, puisqu'après la publication de Difficult To Cure et du Best Of Rainbow en 1981, voici venir dans la foulée Straight Between The Eyes, dès la fin du printemps 1982. À cette époque, la compétition fait rage entre différents courants du Hard Rock, mais celle sur laquelle on focalise a lieu entre les deux formations qui comptent le plus d’ex-membres (et de futurs aussi) de DEEP PURPLE. La carrière de Ian Gillan - qui a refusé RAINBOW -, est aux fraises, il s’agit de départager RAINBOW – donc –, avec ses deux ex, et WHITESNAKE, qui en contient trois*. En apparence RAINBOW, qui s’est orienté vers le Hard FM après une période luxuriante dédiée au proto Heavy Metal, ne ressemble pas trop à WHITESNAKE, qui s’adonne au Heavy Blues dans la lignée de FREE. Pourtant on retrouve bien des ingrédients similaires aux deux formations qui se disputent l’héritage du Pourpre Profond. Si Ritchie Blackmore s’est passé de l’apport de Martin Birch, producteur et ingé son historique de DEEP PURPLE puis RAINBOW, on retrouve ce dernier aux manettes chez le Serpent Blanc dès 1978. Ceci expliquant (aussi) pas mal cela.

La guéguerre entre les deux groupes concerne surtout leurs deux leaders, Ritchie et David Coverdale en venant même aux mains dans les coulisses d’un concert au début des 80’s. L’homme en noir reproche à son ex chanteur de lui avoir pompé le riff d’une de ses chansons pour en faire (lui aussi) un hit**. Cependant WHITESNAKE possède (alors) un line-up bien plus stable que celui de RAINBOW, déjà ce groupe ne change pas de chanteur tous les quatre matins, et pour cause ! Cependant Ritchie vient de dénicher en la personne de Joe Lynn Turner un complice avec lequel il se sent en mesure de collaborer en évitant les heurts encourus précédemment avec Ronnie James Dio puis Graham Bonnet. L’alchimie entre la guitare de l’un et la voix de l’autre, entrevue dans l’opus de 1981, continue de se développer sur Straight Between The Eyes, sans toutefois atteindre son apogée. Aux claviers, un inconnu nommé David Rosenthal succède à Don Airey, un seul remaniement, on navigue quasiment sur une mer calme.

Alors ? Bah ça commence très fort. « Death Alley Driver » fonce dans les enceintes, « à la vitesse d’un grand V »***. Ritchie y étale sa science du recyclage réussi, « Death Alley Driver » est un morceau Heavy Metal calqué sur le « Highway Star » de DEEP PURPLE, jusque dans le thème de ses paroles. C’est même une petite sœur de ce grand classique Purpleien, quand « Can’t Happen Here » sur le disque précédent faisait figure de cousine. Le solo de guitare se révèle apocalyptique, les claviers s’en mêlent, tous les codes sont respectés, excepté (bien entendu) celui de la route. La grosse baffe !!! S’ensuit une ballade, « Stone Cold », particulièrement réussie, à l’atmosphère sombre bien soulignée par les claviers de Rosenthal, même si on regrette le départ de Don Airey. Bien plus à même de sonner comme Jon Lord, car Ritchie regrette l’absence de son ex bandmate, même s’il le tait. La prod – toujours signée Glover – est une nouvelle fois bien trop lisse, elle lorgne du côté de FOREIGNER (oui c’est dur mais c’est ainsi) néanmoins ces deux premiers titres extrêmement forts suffisent à s’extirper des vapeurs frelatées de l’AOR.

C’est ensuite que le constat se fait plus mitigé. Blackmore poursuit son recyclage ça et là, « Tite Squeeze » n’est pas sans rappeler « Run With The Wolf » - un titre de Rising (1976) -, en plus funky, ça groove bien et c’est même assez surprenant de la part du patron, d’ailleurs ce morceau passe la rampe. Toujours en référence au « masterpiece » précité, « Power » rappelle « Do You Close Your Eyes », avec un côté Hendrixien assumé, rappelons que le titre de cet album provient d’une anecdote liée au gaucher légendaire****. Là encore c’est assez bien fichu pour combler honorablement une plage de disque. « Eyes Of Fire » se situe quelque part entre « Gates Of Babylon » et (surtout) « Eyes Of The World », ses penchants arabisants nous replongent dans les atmosphères épiques quelques peu laissées de côté sur Difficult To Cure. Cependant, on est déjà plus loin du compte malgré les efforts déployés. La voix de Turner manque peut-être d’un poil d’empreinte mâle là-dessus mais surtout la prod passe-partout de Glover empêche la chanson d’atteindre les cimes convoitées.

Straight Between The Eyes n’évite pas certaines facilités, vous l’aurez compris. « Rock Fever » n’est pas désagréable mais franchement pas extra non plus, ici Ritchie semble singer DEFF LEPPARD, un groupe qui a ouvert pour RAINBOW lors de sa tournée précédente. Rien de transcendant, on frise la banalité. « Bring On The Night (Dream Chaser) » offre un panorama guère plus reluisant, si ce n’était son remarquable solo de guitare, et l’entrain qu’y met Turner. « MISS Mistreated », avec MISS écrit en majuscules, intitulée ainsi pour faire ch… David Coverdale, qui reprend le « Mistreated » de DEEP PURPLE sur scène alors que RAINBOW l’a abandonné depuis belle lurette. Il s’agit d’une ballade comme en raffolent les groupes de Hard FM, on frôlerait l’indigestion. Si ce n’est que Joe Lynn Turner y met (toujours) suffisamment d’implication, alors on râle et on attend que ça passe. On déniche une autre ballade, ce qui fait beaucoup sur neuf morceaux. « Tearin’ Out My Heart » se rapprocherait davantage du territoire de SCORPIONS, sans toutefois se vautrer autant dans la niaiserie, on évite de peu le naufrage avec ce titre pas si déshonorant que ça mais pas beaucoup plus bandant non plus.

Straight Between The Eyes apparaît aujourd’hui, avec le recul, comme un disque de transition (un de plus) pour RAINBOW. Celui où Joe Lynn Turner supplante Roger Glover sur les crédits mais pour lequel la formule n’est pas encore suffisamment adaptée à sa voix. Cependant, on sent que la sauce commence à prendre avec Ritchie. L’album fait illusion mais repose sur ses deux premières plages sans s’élever par la suite. Possiblement parce qu’à ce moment le regard de Ritchie se pose trop souvent sur le rétroviseur ou alors sur les copies rendues par les groupes de Hard Rock mélodiques en vogue à l’époque. L’homme en noir changera de braquet l’année suivante.

* David Coverdale, Jon Lord et Ian Paice chez WHITESNAKE, Ritchie Blackmore et Roger Glover pour RAINBOW, auxquels s’ajoutent Joe Lynn Turner et Don Airey (déjà parti de RAINBOW en 1982) concernant ceux qui intégreront DEEP PURPLE après coup
** Le riff de « Fool For Your Loving » (1980) serait (dé)calqué sur celui de « All Night Long » (1979), ce qui ne semble pas invraisemblable, ces deux titres ayant principalement percé au Royaume Uni
*** Bout de vers emprunté à Jacques Higelin qui vient de nous quitter (« Dans mon aéroplane blindé » (1979) )
**** Straight Between The Eyes est une expression employée par Jeff BECK pour décrire le jeu de Jimi HENDRIX

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Ritchie Blackmore (guitare)
- Joe Lynn Turner (chant)
- Roger Glover (basse)
- David Rosenthal (claviers)
- Bobby Rondinelli (batterie)


1. Death Alley Driver
2. Stone Cold
3. Bring On The Night (dream Chaser)
4. Tite Squeeze
5. Tearin' Out My Heart
6. Power
7. Miss Mistreated
8. Rock Fever
9. Eyes Of Fire



             



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