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- Style : Têtes Raides, Pierre Perret , Renaud, Mano Negra, Les Vrp

Les OGRES DE BARBACK - Terrain Vague (2004)
Par RAMON PEREZ le 12 Janvier 2021          Consultée 119 fois

Reprenons l’histoire des Ogres là où nous ne l’avions pas laissée, lorsque les premiers ogrillons vinrent agrandir la tribu. De quoi donner aux nouveaux parents l’idée de les accueillir par un disque spécialement fait pour eux, ainsi que pour tous les autres petits qui veulent bien l’écouter. De nombreux groupes croisés sur la route s’offrent un petit plaisir enfantin en participant à ce disque qui a depuis marqué pas mal de mômes : Pitt Ocha. Puis vint le temps de se lancer dans un nouveau projet à l’importance symbolique : l’année 2004 pointe à l’horizon, c’est-à-dire que le compteur de la longévité du groupe allait bientôt utiliser son deuxième chiffre (puisqu’il est né en 94). Comme il se doit, c’est surtout sur scène que l’anniversaire allait être fêté. Mais, puisqu’une grande tournée s’annonce, c’est aussi le moment de renouveler un peu le répertoire et d’enrichir l’œuvre des quatre frères et soeurs d’un nouvel opus.

Il me faut avouer qu’écrire sur ce disque m’est particulier car c’est à cette époque que j’ai connu les OGRES DE BARBACK. Pour moi, Terrain Vague reste quelque part le mètre-étalon de la discographie, le disque "normal" à l’aune duquel je suis en mesure de juger le reste. C’est très subjectif bien sûr, mais je persiste à penser qu’au-delà du hasard de l’histoire qui me la fit emprunter, cet ouvrage est une porte d’entrée dans cet univers tout à fait pertinente. Ce qui est appréciable avec cet album, c’est qu’il est très représentatif de la musique du groupe sur une assez longue période. Musicalement un peu plus large que les premiers, il reste malgré tout davantage axé sur un terrain connu que ses successeurs.

Plus concrètement, on peut relever une alternance de morceaux joués à quatre et d’autres faisant la part belle à un collectif plus large. On n’en n’est pas encore à faire venir des tas d’invités ; il s'agit essentiellement de la Fanfare du Belgistan, la troupe qui a accompagné les Burguière durant cet anniversaire. On les recroisera au prochain live, mais cette fanfare participe déjà à une bonne partie des titres, leur donnant ainsi une énergie et une chaleur séduisantes. Comme, de plus, le son du disque est très bon, cela lui confère une vigueur que l’on n’avait pas tellement connue sur les productions studio jusqu’ici.

Tant qu’on en est à parler de collectif, attardons-nous quelques instants sur la chanson à propos de laquelle RENAUD a un jour publiquement déclaré qu’il aurait aimé l’avoir écrite (ce qui est quand même, lorsqu’on sait à quel point il a compté pour le groupe en terme d’influence, sacrément la classe), à savoir "3-0". Une attaque à l’acide du chauvinisme pour laquelle une foule d’amis vient défendre sa ville sur les deux côtés de la médaille (MOUSS & HAKIM à Toulouse, les HURLEMENTS à Bordeaux, MASSILIA à Marseille, etc…) avant que Frédo ne vienne mettre tout le monde d’accord : "Issu de la poussière, je m’en retourne à la poussière ; issu de la planète Terre, je m’y promène sans frontière ! Et merde !".

Ce n’est pas la seule chanson où le chanteur attaque les frontières. Rien que de très logique pour quelqu’un qui chante et vit le voyage depuis de nombreuses années. Terrain vague voit en effet le parolier se faire beaucoup plus clair dans son message. Quelques mois plus tôt, il y a eu le Larzac, sans doute pas un hasard. L’album profite de l’énergie altermondialiste du moment et reste encore aujourd’hui assez motivant. Clairement plus léger dans ses thématiques que précédemment (Frédo nous raconte son flash pour la cantinière du resto U, la concurrence amoureuse déloyale de son épicier et la liste des endroits où les filles valent le coup), le disque fait ressortir un joli contraste par les quelques morceaux plus sombres ou douloureux.

On retient en particulier "L’arménienne" qui interroge les origines de la famille et le drame terrible que leur grand-mère a connu. Ou encore "Madame Solène SVP", chanson dans laquelle le groupe imagine recevoir la lettre de reproche de Solène de Grenoble pour celle figurant dans le deuxième album. Mais la vraie grande chanson, c’est "Monsieur perd ses copains" où l’idée orchestrale magnifie superbement l’essence du texte. S’il y a moins de passages instrumentaux que dans les disques précédents, nous sommes toujours embarqués avec cette livrée au milieu d’un grand mélange d’influences musicales. Aux aspects déjà classiques pour la fratrie (musiques de l’est, fanfares) s’ajoutent quelques nouvelles idées. Par exemple, elle s’essaye au collage en conclusion de l’album. Mais c’est surtout l’utilisation bien plus nette de la guitare électrique qui se repère le mieux. Cela n’en fait pas un disque de rock (enfin sur une ou deux chansons on n’en n’est plus loin), mais ajoute une couleur intéressante au tableau, de même que la scie musicale qui ouvre le bal. Tableau une nouvelle fois vraiment à contempler, qui aurait sans doute gagné à un peu plus de concision. Mais lorsqu’on en est à sortir ce genre de reproches, c’est qu’il y a bien peu de critiques à faire. Ce terrain vague est définitivement un chouette lieu.

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   RAMON PEREZ

 
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2. Angélique
3. Même Pas Mal
4. L'arménienne
5. Azadoutioune
6. Flamme And'co
7. 3-0
8. Madame Solène S.v.p.
9. Petite Société
10. Moi Je
11. 15 Ans
12. Une De Plus
13. Monsieur Perd Ses Copains
14. Rue Mazarine
15. Sous Le Pont
16. Salut à Vous
17. Violoncelles



             



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