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FIDDLER'S GREEN - Heyday (2019)
Par GEGERS le 29 Mars 2019          Consultée 328 fois

J'ai vagabondé à travers la verte Erin, visité la Chaussée des Géants, randonné du Connemara jusqu'aux Wicklow Mountains, traversé des prairies enflammées du soleil d'automne, visité les bars ivres de Dublin, cuvé ma boisson sous les portes cochères... Jamais je n'y ai vu les FIDDLER'S GREEN. Ce pré verdoyant, allégorie du Paradis dans le folklore anglo-saxon et auquel fait référence le nom du groupe, ne se trouve pas en Irlande, sur les berges des lacs de Killarney ou dans un vieux bouge de Temple Bar. Non, ce pays de Cocagne se trouve en Allemagne, au nord de Nuremberg. C'est dans ce havre de paix, où poussent mille et un érables, qui servent à construire les plus beaux violons du monde, que l'essence-même du punk irlandais vit ses heures les plus glorieuses.

Trois ans après l'inestimable Devil's Dozen, d'une richesse et d'une inspiration à couper le souffle, les FIDDLER'S GREEN n'ont de cesse de se rappeler à notre bon souvenir, et c'est tant mieux. Ralentissant légèrement son rythme de sortie, le groupe n'adopte pas pour autant un train de vie de ministre, et reste particulièrement actif en live. Et surtout, l'impression d'avoir quitté le groupe la veille prédomine. Le combo est en effet un des rares à parvenir à retranscrire sur album son plaisir de jouer ensemble et son espièglerie. Celle-ci se retrouve sur les choeurs, qui jouent parfois aux questions/réponses avec les lignes de chant principales, sur le foisonnement des instruments "tradi" qui viennent alléger et virevolter autour de riffs résolument punk, ou sur l'alternance au chant entre la jeunesse rageuse de Pat Priziwara et la classe britannique de Albi Albers. Dans l'interstice ? Comme d'habitude, un délectable coup de pied aux fesses.

Tellement délectable qu'on en pardonne volontiers les mélodies rappelant fortement le classique "Bugger Off" sur le morceau introductif, "The Freak of Enniskillen", qui de toute manière peine à égaler les morceaux d'ouverture des albums précédents. Un peu plus décousu, long au démarrage, il laisse sans qu'on le regrette place à un titre bien plus efficace, le premier single "No Anthem". Résolument rock, plus que punk, il se fait imparable dans la construction et fédérateur dans l'esprit, porté par une alchimie incroyable entre accordéon et grosses guitares, l'ensemble étant rendu aérien grâce à un violon porteur d'une délectable richesse mélodique. Le rythmé "Limerick Style", qui lui succède, est certainement le morceau le plus surprenant et le plus appréciable de cet opus. Moderne dans la construction, punk dans ses ambiances, il se pose comme une version musclée de "Mr Tickle" sur l'album précédent. On en redemande !

Et le groupe d'exaucer nos souhaits, proposant avec "Farewell" un punk classique mais résolument "adulte". Festif sur le refrain, bien plus sombre sur les couplets, il resplendit grâce à un break percutant et carrément irrésistible. Une leçon. Festif est également l'adjectif qui convient pour décrire "Cheer Up", somme toute prévisible, auquel on préfère largement un "One Fine Day" doté d'un riff "bombastic" et d'une mélodie vindicative, ou un "Heyday" aux allures de manifeste définitif. Le groupe le clame haut et fort : il vit là ses meilleures années. Les titres au tempo mesuré, assez peu nombreux sur cet album (après tout, nous naviguons en eaux punk), sont également les titres les moins convaincants, en témoigne le fédérateur mais pas vraiment inspiré "Slainte", ou le prévisible titre final, "Together As One", célébration de la vie en tournée et de la communion entre le groupe et son public lors des concerts. On lui préférera "John Kanaka", adaptation réussie et entraînante d'un traditionnel américain.

Il n'y a donc pas ici la flamboyance de l'album précédent. Heyday propose son lot de grands moments, témoigne d'un groupe parvenant à mêler avec justesse et précision modernité et tradition, mais dont les quelques faiblesses et facilités sont cette fois plus visibles. Cela n'enlève rien à la richesse d'un groupe qui éclipse sans forcer les réalisations récentes de ses "concurrents" directs les DROPKICK MURPHYS, REAL MCKENZIES et autres FLOGGING MOLLY.

3,5

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   GEGERS

 
  N/A



- Ralf 'albi' Albers (chant, guitare, bouzouki, mandoline, banjo)
- Pat Priziwara (chant, guitare, bouzouki, mandoline, banjo)
- Tobias Heindl (violon)
- Stefan Klug (accordéon, bodhran)
- Rainer Schulz (basse)
- Frank Jooss (batterie, percussion)


1. Prelude
2. The Freak Of Enniskillen
3. No Anthem
4. Limerick Style
5. Farewell
6. Born To Be A Rover
7. The Congress Reel
8. Slainte
9. Better You Say No
10. Cheer Up
11. One Fine Day
12. John Kanaka
13. Heyday
14. Steady Flow
15. Together As One



             



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