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Brenda LEE - Grandma What Great Songs You Sang! (1959)
Par LE KINGBEE le 6 Mai 2019          Consultée 928 fois

Le nom de Lee demeure l’un des patronymes les plus utilisés aux Etats Unis, à croire qu’il se tire la bourre avec Smith, Johnson, Brown, Jones ou Williams. Une récente étude montre que Lee arrivait en 24ème position et qu’il visait principalement une clientèle blanche. Si le nom Lee a connu un paquets de musiciens principalement ancrés dans la Country et le Rock, il est amusant de remarquer que Brenda a vu le jour à peine une semaine avant un autre Lee célèbre, Alvin guitariste virtuose de TEN YEARS AFTER.

Native d’Atlanta, Brenda Mae Tarpley débute dans la chorale baptiste où ses parents ont l’habitude de prier. A cinq ans elle remporte son premier concours. Suite au décès soudain de son père, elle devient avant l’heure le principal soutien d’une famille de quatre enfants en se produisant dans d’innombrables shows radios. Il faut faire bouillir la marmite et donner un coup de main à une maman, modeste ouvrière dans une usine de textile.
Marrant comme les américains ont pris l’habitude d’engendrer des copies de notre Cosette des Misérables. En 1955, Red Foley lui permet de se produire sur la scène d’un concert à Augusta. Impressionné par l’assurance et la puissance vocale de la gamine pas plus haute que trois pommes, Foley l’invite à chanter à l’Ozark Jubilee, show national au succès grandissant. C’est là que Brenda est remarquée par Paul Cohen et se retrouve embauchée chez Decca. En quelques mois, Brenda passe dans les plus grosses émissions TV, rencontre le succès avec "Sweet Nothin’" et "Rockin Around The Christmas Tree" qui ne cessera de passer sur les ondes au moment de faire cuire la dinde.

En 1959, la chanteuse tourne en Europe, les BEATLES lui serviront de première partie, alors que la rumeur alimentée par son manager la transforme en une naine de 32 ans. La petite chanteuse d’Atlanta connaîtra un gros succès jusqu’au milieu des sixties. Consciente du décalage entre son image de petite fille (par la taille) et une industrie du disque en pleine mutation, Brenda va alors sagement s’orienter sur la Country, sa première influence tout en se consacrant à sa vie de maman avec deux filles à la clef. En 2017, sa première version de "Rocking Around The Christmas Tree" remontait à la 37ème place des classements. On vous l’a déjà dit, les anglo-saxons sont surprenants.

Grandma What Great Songs You Sang ! demeure le premier album de Brenda LEE. Si la jeune chanteuse s’est jusqu'alors fait remarquer par des Rock dynamiques et quelques bons petits cartons, "Dynamite" lui valant son surnom de Little Miss Dynamite, Decca suggère à Owen Bradley de calmer la chanteuse. Le producteur décide de lui faire reprendre d’anciennes chansons s’articulant sur un répertoire varié, la voix de Brenda pouvant évoluer à la fois dans le Rock, la Pop, le Jazz, la Country et le R&B. Les douze titres issus de deux sessions gravées les 4 et 26 janvier 1959 au Bradley Recording Studios de Nashville placent la jeune chanteuse en compagnie de quelques uns des meilleurs sidemen du moment.

Au niveau reprise, Decca va piocher très loin, parfois presque aux confins de jadis et naguère. C’est ainsi qu’elle reprend "Some Of These Days", transformant un vieux rag blanc de 1911 en une ballade médium country du meilleur effet. On pourra juste regretter la présence de chœurs que certains jugeront intempestifs. Peut être la meilleure version avec celles du duo Les Paul/Mary Ford et Big Maybelle. Brenda LEE prouve qu’elle est comme un poisson dans l’eau dans le R&B. Elle délivre une version convaincante de "Baby Face", une pièce obsolète des années 20 reprise par Little RICHARDS et les KINKS. On déconseillera bien évidemment, sauf pour les suicidaires, la version de Lucky BLONDO & Les Lucky Stars. Impression confirmée avec "A Good Man Is Hard To Find", vieille pièce du pianiste Eddie Green interprétée par Bessie SMITH et Victoria Spivey, mais là Brenda met plus de rythmes et de conviction que ses illustres aînées. Le sax de Boots Randolf et les guitares de Grady Martin et "Sugarfoot" Garland lui permettent de prendre une incroyable envolée sur "Just Because", une ancienne polka des Shelton Brothers que reprendra le King (pas moi, le mec de Tupelo).

Dans un registre plus Jazzy, elle fait oublier sans peine le larmoyant "Pennies From Heaven" popularisé par Bing CROSBY. Brenda revisite "Ballin’ The Jack", titre popularisé dans les années 30 sous forme de rag annonciateur du futur shimmy pour ses pas de danse, dans une version jazzy où le sax de Boots Randolph provoque un vrai feu d’artifice. Le titre souvent mis à toutes les sauces sera repris par les OSMONDS au milieu des seventies. Autre chanson tirée du répertoire d’Al JOHNSON, "Rock A Bye Your Baby With A Dixie Melody" laisse sceptique quant à son emploi. L’acteur Jerry Lewis s’y était cassé les dents, la grande Aretha FRANKLIN ne fera guère mieux quelques années plus tard. Le titre le plus faiblard de l’album. On replonge dans le vieillot avec "Pretty Baby" titre du pianiste de Jazz Tony Jackson composé pendant la Première Guerre. Doris DAY en délivrera une bonne version mais Brenda influe plus de persuasion et d’humour tandis que ses accompagnateurs boostent le rythme juste ce qu’il faut.

La chanteuse fait preuve de fantaisie et d’humour avec "Toot, Toot, Tootsie Goodbye", une pièce issue du registre Vaudeville popularisée par Al JOHNSON et bien plus tard par l’impayable Mel Blanc (la voix de Bugs Bunny, Daffy Duck). De l’humour, on en retrouve quelques traces sur "Side By Side", un Rag jazzy d’Harry Woods des années folles transformé ici en ballade medium oscillant entre Jazz et Pop. Grady Martin, repreneur du morceau quelques années avant reste probablement l'instigateur de cette reprise qui connut à la fin des fifties un regain d’intérêt via les essais de Vera Lynn, Caterina Valente, Paul ANKA ou Frankie LAINE. Troisième emprunt à Al JOHNSON, roi des premiers films chantants, avec "Back In Your Own Backyard" pour une ballade flirtant avec une Pop special teenagers bien dans l’air du temps. Brenda LEE conclut son opus avec un appétissant "St Louis Blues", gros standard de WC HANDY, dans une interprétation pleine de fraîcheur aux relents Pop.

Si pour de nombreux amateurs américains, anglais et japonais, Brenda LEE demeure via ses premiers singles une chanteuse de Rock'n'Roll énergique, elle prouvait avec son premier disque qu’elle était à l’aise dans de nombreux registres. Enregistrées alors qu’elle n’avait pas encore 16 ans, ces douze chansons témoignent que la jeune chanteuse se remettait déjà en question. Si les noms de ces titres issus de la musique populaire américaine n’interpellent pas l’auditeur français, celui-ci devrait néanmoins en reconnaître une bonne partie. Pour plus de clarté, cet album est classé en variété internationale.

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   LE KINGBEE

 
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- Brenda Lee (chant)
- Hank Garland (guitare)
- Grady Martin (guitare 1-2-3-4-5-6-7-10-11-12)
- Harold Bradley (basse 1-2-3-4-5-6-7-10-11-12, basse 8-9)
- Bob Moore (basse 8-9)
- Buddy Harman (batterie)
- Boots Randolph (saxophone 1-2-3-4-5-6-7-10-11-12)
- Jack Gregory (saxophone 8-9)
- Floyd Cramer (piano)
- The Anita Kerr Singers (chœurs)


1. Some Of These Days
2. Pennies From Heaven
3. Baby Face
4. A Good Man Is Hard To Find
5. Just Because
6. Toot, Toot, Tootsie
7. Ballin' The Jack
8. Rock-a-bye Your Baby With A Dixie Melody
9. Pretty Baby
10. Side By Side
11. Back In Your Own Back Yard
12. St. Louis Blues



             



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