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Nino FERRER - Les Petites Jeunes Filles De Bonne Famille (1967)
Par ERWIN le 25 Juin 2019          Consultée 388 fois

N'importe quel artiste serait ravi de sa situation à la place de Nino FERRER. Plusieurs de ses titres sont déjà des standards, qui plus est, il bénéficie du fait de sa double nationalité d'une place de choix dans le paysage de la variété italienne de même puisque la version italienne de "Je voudrai être noir" y a fait un flambard sous le nom "La pelle Nera" et sera suivi par plusieurs titres d'obédience humoristique qui décidement, collent à la peau du chanteur qui en conçoit une grande frustration. Car les maisons de disques n'ont cure d'entendre ses revendications d'auteurs et de compositeurs, ils veulent la suite de "Mirza" et des "Cornichons". Nino rentre donc en studio pour poser une nouvelle livraison sur le microsillon.

Bien sur, l'homme est doué, la suite s'annonce sous les meilleurs hospices et les aventures désopilantes de Nino continuent avec "Le téléfon", peut-être la plus connue de ce type de chansons. Une simplicité désarmante au niveau musical mais une efficacité rythmique qui frôle la perfection. Et cette manière si particulière qu'a Nino de scander ses textes "débiles". C'est tout le drame de savoir composer ce genre de titres psychiatriques dont les noceurs sont friands, il ouvre en ce sens une voie pour les chansons "drôles" à succès dont "l'apérobic" ou "la danse des canards" seront d'autres "standards" si l'on peut dire... Ainsi, "Mon copain Bismarck" lui permet d'aligner des poncifs culturels sur une tirade folle, sans doute la plus aboutie du genre, nul doute qu'un certain GOTAINER s'en est bien inspiré , il faut dire que "mon copain Bismarck qui faisait cornac dans un cirque et traduisait Pétrarque en turc à Dunkerque"... ça laisse rêveur !

Les singles s'enquillent et c'est au tour de "Mao et moa", qui joue en permanence avec les mots sur un autre rythme catchy. On voit dans le scopitone de l'époque le FERRER la clope au bec, le verre à la main dans un bar quelconque... On sent confusément que le chanteur ne prend pas réellement tout ça au sérieux. Puis c'est au tour des "petites jeunes filles de bonne famille" qui le voit cette fois camper un personnage proche de ceux de Jacques DUTRONC, une mélodie tranquilette qui sonne début de siècle. La voix peut enfin se laisser aller - en tout cas au premier couplet - et le résultat est plutôt sympa même si le succès n'est pas le même. D'ailleurs "Je cherche une petite fille" sort du même tonneau. On ne pourrait plus chanter ce genre de choses aujourd'hui, mais la mélodie est jolie.

Il y a aussi du remarquable dans cet album, je suis ainsi très fan de "Les hommes à tout faire". Certes les paroles perpétuent le concept "décalé" mais la construction du titre est très moderne et carrément bandante, un titre à retenir qui aurait eu une belle carrière au sommet des charts. Mais il se fait à présent sérieux sur les parole prophétiques de "Je vous dis bonne chance", qui raconte le destin de la nation juive. Cette fois, le chanteur semble très concerné, son chant irradie l'implication et sa voix couvre un fort bel espace. On attaque la critique de la société avec "Monsieur machin", très influencé par les mouvements des revival britanniques, ou les paroles montrent bien les idées tolérantes et humaines de Nino.

Plusieurs blues lents sont de la partie, notamment un blues assez smooth, il s'agit de "Le blues des rues désertes", presque fiévreux et ou l'orgue du géant Bernard Estardy se taille une part de lion. Des cuivres atones et un orgue Harlemien donnent une ambiance liturgique à la belle "Il me faudra... Natacha". Puis c'est une gratte bien roots qui lance "Ma vie pour rien", chanson qui peut rappeler l'ambiance lancinante de "The House Of The Rising Sun" des ANIMALS, les cuivres en plus. C'est très beau et bien foutu... Comment se fait-il que la postérité ne l'ait pas retenu ? La voix de Nino ne tremble pas un seul instant ! Plus influencé par le rythm'n'blues, Nino s'essaye à l'anglais sur la tressautante "NF in trouble", moins remarquable.

Les classiques en moins, j'ai envie de dire que ce deuxième opus est aussi bon que le premier. Nino FERRER continue dans la voie des textes humoristiques, suite au succès sans failles des singles de son premier album. Mais il montre aussi tout son talent de compositeur en proposant des blues de belle facture, et picore dans divers genres avec un aplomb qui force le respect. C'est toutefois Gaston et son "Téléfon" qui emporte tous le suffrages sur cette livraison. Je garde quand moi en tête la mélodie de "Les hommes à tout faire" ainsi que la biblique "Je vous dis bonne chance". Un 3.5 certes arrondi l'inférieure mais franchement recommandable.

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   ERWIN

 
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- Nino Ferrer (chant-basse)
- Richard Bennett (batterie)
- Bernard Estardy (orgue-piano)


1. Les Petites Jeunes Filles De Bonne Famille
2. Les Hommes à Tout Faire
3. Le Blues Des Rues Désertes
4. Il Me Faudra... Natacha
5. Ma Vie Pour Rien
6. Monsieur Machin
7. Le Téléfon
8. Mon Copain Bismarck
9. Je Cherche Une Petite Fille
10. Nf In Trouble
11. Je Vous Dis Bonne Chance
12. Mao Et Moa



             



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