Recherche avancée       Liste groupes



      
VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


Nino FERRER - Ex Libris (1982)
Par ERWIN le 27 Juillet 2019          Consultée 198 fois

On n'en finit pas de se perdre en conjectures sur la signification des diverses pochettes d'albums de Nino FERRER. Cette fois, l'ésotérisme semble être de mise avec cette illustration qui emprunte à l'obscurantisme moyenâgeux qui cède à la renaissance. Nino serait-il en pleine période ésotérique et pratiquerait-il diverses formes d'arts occultes ? Ce ne serait pas si étonnant, vu le personnage. En tout cas, le dernier album n'était pas convaincant, celui-ci a au moins le mérite de proposer de nouvelles compositions. Voici donc le onzième album de notre artiste touche-à-tout !

Hélas, on regrette globalement l'utilisation abusive des synthétiseurs sur cet opus. Ainsi, la "Toccatina" introductive eût été plus inspirée avec un orgue et une ambiance plus ecclésiastique. Au lieu de cela, on est pris à la gorge par une production datée et sans saveur. Dans le même trip, "Rondeau" n'est pas vilaine mais souffre de la présence de synthés véritablement horripilants qui empêchent une analyse constructive. Ce titre a particulièrement mal vieilli mais aurait gagné une seconde jeunesse avec une réorchestration nantie de vrais instruments.

Plusieurs nanas sont ici à l'honneur : "Anne" tout d'abord, sur un rythme un brin funky, ne casse pas des briques. Les synthés y sont par trop pompiers. "Semiramis" est une sorte de variété en forme de blues souffreteux, bien plus attachante, qui mérite une écoute attentive. C'est de nouveau très funky sur "Claire", la guitare limpide remplit fort bien son office, le refrain est presque punky. C'est Nino à la compo, pas de doutes, on ne sait où donner de la tête.

Il y a du médiocre : "Télé libre" est pour le chanteur un endroit pour décrire ses idées. La mélodie ne casse pas des briques, même si les paroles n'ont rien perdu de leur acuité près de quarante ans plus tard. On retiendra que la liberté d'expression et le franc parler font partie intégrante de sa vie. Tu m'étonnes que ce mec n'ait jamais été heureux ! On signale aussi le bridge sonnant très psyché seventies. Puis, on ne doute pas un seul instant du fait que "Micky Micky" soit dédiée à son ami et partenaire musical Micky Finn. Les paroles légères décrivent le quotidien classique de l'Irlandais, grand buveur et mythomane de première. Ah pour sûr, à la gratte, il assure !

Je sauvegarde quelques titres pour les ultras de l'artiste : "Barberine" est un conte psychiatrique digne d'une fête foraine. A l'image de la pochette, cette chanson est un arc-en-ciel d'émotions et de nuances. Nino, comme à l'accoutumée, brouille les pistes. Au final, tout ceci est très psychédélique, plutôt sympa. "Riz complet" narre une tranche de vie, de la variété trépidante avec quelques intonations seventies. On comprend que Nino s'ennuie et qu'il en a ras le caisson de la vie qu'il mène. "Un mot qui tue" a certainement été composé sous hallucinogènes, une mélopée étrange et digne dune B.O. de Ennio MORRICONNE. C'est intrigant et ne ressemble à aucune autre compo de l'Italien, probablement le sommet de ce disque.

Il est clair que Nino FERRER s'enfonce dans le déni de son statut d'artiste majeur et qu'il souhaite déjouer les divers pronostics en jouant le contre-pied permanent. Et c'est un fait, les compositions ici présentes ont fort mal vieilli, desservies par un son brouillon et noyé sous des synthés cheap. Pas simple d'en sortir indemne !

A lire aussi en VARIETE FRANCAISE par ERWIN :


Nino FERRER
Métronomie (1972)
évolution drastique




Véronique SANSON
Longue Distance (2004)
Toujours plus loin avec Véro


Marquez et partagez





 
   ERWIN

 
  N/A



Non disponible


1. Toccatina
2. Semiramis
3. Riz Complet
4. Claire
5. Un Mot Qui Tue
6. Barberine
7. Télé Libre
8. Micky Micky
9. Anne
10. Rondeau



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod