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- Membre : Dire Straits, Bap Kennedy

Mark KNOPFLER - The Ragpicker's Dream (2002)
Par MARCO STIVELL le 10 Mai 2011          Consultée 2024 fois

Fort de sa célébrité entièrement retrouvée grâce à l'album Sailing to Philadelphia deux ans plus tôt, Mark KNOPFLER s'avance tranquillement mais sûrement dans le monde musical de ce début de millénaire, son nouveau bébé en main. Tranquillement, c'est bien le mot : on a l'impression à l'écoute de The Ragpicker's Dream que ce bon vieux Marko est bien décidé à ne pas surfer sur les voies de son succès, en réemployant toujours la même recette.

Pour commencer, il a conservé auprès de lui son groupe qui l'accompagne depuis la tournée Golden Heart, les sieurs Bennett, Cox, Fletcher, Work et Cromwell, qui ont déjà eu bien le temps de faire leurs preuves sur album (Sailing to Philadelphia) comme sur scène. L'efficacité d'un tel groupe, quelque peu "allégé" par rapport à la dernière mouture de DIRE STRAITS, a produit un grand changement dans la musique de Mark si l'on compare aux crédits plutôt épars de Golden Heart. La différence avec Sailing to Philadelphia, c'est que dès à présent, Guy Fletcher, ses synthés et programmations, se feront beaucoup moins présents. La musique va évoluer vers quelque chose d'épuré où les guitares seront maîtresses, et à la rigueur le piano ainsi que l'orgue de Jim Cox. C'est en cela principalement que Mark cherche à ne plus utiliser forcément les voies qui ont fait son succès, et puis surtout, il se cantonne de plus en plus à la musique qu'il aime vraiment, loin de certaines considérations qu'on peut lui porter.

Pourtant c'est le trompeur "Why Aye Man" qui ouvre ce nouvel opus, avec un folk-rock à la "What it is" en tout aussi efficace mais moins réjouissant. La rythmique envoie la patate sur le refrain, les chœurs sont bien soutenus, l'orgue Hammond ronronne et la guitare de Marko flambe, comme à l'accoutumée. Il y a tout de même dans le final quelque chose d'un peu grisant, mais pas assez fort pour empêcher ce titre de constituer un nouveau hit pour Mark. C'est cependant après "Why Aye Man" que ce dernier apporte la musique qui lui tient le plus à cœur. Dans la lignée des "One More Matinée" ou "Are we in Trouble Now ?", "The Ragpicker's Dream", "Devil Baby", et "Old Pigweed" ont tout pour charmer les amateurs de bonnes ballades folk, avec parfois une ombre rétro qui plane sur elles, qui est au final assez propre au disque et ce dès la pochette. Mais les deux pièces qui font encore mieux au niveau de l'efficacité et de la densité, ce sont "Marbletown" et son arpège dantesque, ainsi que (et surtout) "Hill Farmer's Blues", d'une beauté à couper le souffle ("So bad, so bad..."). C'est de plus l'un des rares morceaux du disque à rendre justice au travail de Guy Fletcher. Notons encore l'amusant "Quality Shoe" ainsi que dans une veine plus country-nashvillisante, le "Daddy's Gone to Knoxville" et son violon chaleureux.

Dans une veine plus rock ou presque, la pièce la plus dense reste "Fare Thee Well Northumberland", un blues lent, long et parfois appuyé d'une caisse claire qui lui donne un parfum de marche, tandis que l'harmonica vibre au-dessus de la guitare et des claviers. Plus léger mais tout aussi sympathique, "Coyote" a de quoi en amuser plus d'un avec sa contrebasse, ses percussions et ses synthés-trompettes malicieux. Plus sérieusement, il n'est pas que là pour donner le sourire, c'est bien l'une des meilleures surprises de l'album.

Un album assez sympathique, plaisant à écouter, mais qui, bien qu'il ne soit pas très long, a un peu de mal à fonctionner sur la longueur. Toutes les chansons ne représentent pas ce que l'on préfère entendre chez Mark ("Daddy's Gone to Knoxville"), et puis surtout l'ensemble reste un peu épars. Il y a de bonnes idées de construction pour la tracklist (rien que les trois premiers morceaux), et peu de titres détonnent vraiment, mais ce n'est pas complètement satisfaisant. Au moins, Mark fait la musique qu'il aime et on ne saurait lui donner tort, mais la recette fonctionnera beaucoup mieux avec l'album suivant, celui-ci laissant un peu trop l'impression d'avoir le derrière entre deux chaises.

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
   GEGERS

 
   (2 chroniques)



- Mark Knopfler (chant, guitares)
- Richard Bennett (guitares)
- Jim Cox (piano, orgue hammond)
- Guy Fletcher (claviers, choeurs)
- Glenn Worf (basse, contrebasse)
- Chad Cromwell (batterie)
- + Glenn Duncan (violon)
- Paul Franklin (pedal-steel guitare)
- Mike Henderson (harmonica)
- Jimmy Nail (choeurs)
- Tim Healy (choeurs)


1. Why Aye Man
2. Devil Baby
3. Hill Farmer's Blues
4. A Place Where We Used To Live
5. Quality Shoe
6. Fare Thee Well Northumberland
7. Marbletown
8. You Don't Know You're Born
9. Coyote
10. The Ragpicker's Dream
11. Daddy's Gone To Knoxville
12. Old Pigweed



             



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