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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Jethro Tull
- Membre : Alan Simon

ANGE - Par Les Fils De Mandrin (1976)
Par MARCO STIVELL le 16 Novembre 2018          Consultée 161 fois

Par les Fils de Mandrin (1976) est le dernier du quatuor des albums sacrés d'ANGE, mais jamais ou rarement cité comme le préféré des fans de cette époque qui semblent l'aimer moins qu'Au-Delà du Délire (1974) et Emile Jacotey (1975). Le premier de ce petit groupe, Le Cimetière des Arlequins (1973), était encore un peu brouillon mais avait une ambiance particulière, un climat, et c'est là-dessus que mise ce cinquième album des Francs-Comtois, quatrième de leurs grandes oeuvres.

Climat plus sombre, comme les nouvelles sonorités de claviers explorées par Francis Décamps, que ce soit sur le bluesy "Atlantis" ou alors sur le narratif "Ainsi S'en Ira la Pluie", écho à "Si J'étais un Messie" en matière de musique contemporaine, prétexte à une toile de fond pour Christian Décamps et ses narrations habitées. Climat plus "naturel" qui se développe déjà au début du disque avec le chant du coucou et les bruits de feuilles d'arbre.

Climat plus optimiste enfin qui prend forme dans des yeux couleurs d'enfants et s'achève par un hymne à la vie. Mais pour cela, il faut attendre, car le récit est tortueux. Un nouveau changement a été opéré, Guenolé Biger est remplacé par Jean-Pierre Guichard, de façon durable puisque celui-ci restera pendant de longues années. La passation se ressent à peine tant la maîtrise du nouveau venu est parfaite et adaptée au son du groupe. Un son d'ailleurs nettement plus beau et aéré sur Par les Fils de Mandrin !

Pas de changement constaté non plus concernant la qualité de la pochette, peut-être plus parlante encore que celle d'Emile Jacotey, au moins par ses couleurs. Le petit peuple présenté ici, c'est celui des saltimbanques, des bohémiens, des bandits de grand chemin qui jurent par les fils de Mandrin, mais au final, et même si le temps passe et laisse mille retours possibles à la nostalgie, aux plongées dans la boîte des souvenirs, le but est d'arriver jusqu'à la mer (dernière étape avant de devenir capitaine coeur de miel). On suit le concept au moins jusqu'au milieu de l'album, comme pour le disque précédent, avant de prendre une autre route, de l'introspection à l'universel.

Enfin, on suit, plus ou moins. Ce disque pose un léger problème car c'est un grand disque qui boîte légèrement : les fins de morceaux semblent parfois bâclées, abruptes, et on ne voit pas toujours où le groupe veut en venir. C'est le cas sur la fin de « Au Café du Colibri », qui commençait pourtant comme un rock médiéval porteur, un secret bien gardé par ANGE, ainsi que le très théâtral « Ainsi S'en Ira la Pluie ». Le talent de Christian Décamps n'étant guère à prouver dans ce domaine, le morceau, quoique s'écoutant bien, est peut-être tout simplement adressé à ceux qui ont fumé une cigarette aux fines herbes juste avant. C'est un peu le même constat pour "Atlantis (les Géants de la 3e Lune)", plus étrange que ANGE.

Heureusement, il reste deux titres bien dynamiques, placés en début de face : "Des Yeux Couleur d'Enfants" et "Par les Fils de Mandrin", partagés entre danses médiévales populaires et élans rock progressifs épiques à la GENESIS mettant en valeur la guitare de Jean-Michel Brézovar, toujours juste dans sa simplicité. Daniel Haas est fidèle à lui-même, tandis que Jean-Pierre Guichard fait rouler sa batterie avec délice sur "Au Café du Colibri", Francis Décamps en profite pour élargir sa palette sonore, d'abord avec l'Elka Rhapsody pour son clavecin onirique. L'orgue-mellotron est toujours là pour notre corde sensible, nos âmes toujours prêtes à s'envoler, du début à la fin.

"Saltimbanques" avec ses chants de trouvères et l'accordéon joué par Christian Décamps a son potentiel de séduction, mais c'est en partie dû aux guitares acoustiques, un effet considéré comme mineur chez ANGE mais qu'ils ont toujours maîtrisé, dépourvu de lourdeur. "Autour du Feu" et son caractère cercle de gitans à la franc-comtoise ne peut que nous émouvoir. Enfin, bien placé après les nuages noirs d'"Atlantis", il y a le fameux "Hymne à la Vie", l'un des morceaux les plus emblématiques du groupe avec "Capitaine Coeur de Miel" et la reprise de "Ces Gens-Là".

Divisé en trois parties, ce discours épicurien avec un Christian Décamps au sommet de son art d'interprète garde un côté merveilleux, grâce aux arpèges de six-cordes bien sûr, tout au long du "Cantique" (les cinq premières minutes), à l'harmonica enfantin de Jean-Pierre Guichard, enfin grâce à une progression tout simplement enivrante. Même si... Même si, ces neuf minutes ne sont pas parfaites, la faute à une "Procession" (au deuxième tiers du morceau) qui contient aussi l'emphase que l'on peut reprocher au même Christian Décamps. Il n'y a rien d'alarmant, le plaisir est suffisamment présent au cours de ce disque, symbole d'une période où ANGE s'autorise tout, version en anglais (By the Sons of Mandrin, publication tardive en 2003), décors et moyens gigantesques en live... Les mêmes éléments qui auront raison de son effectif.

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   JEREMY
   MARCO STIVELL

 
   (3 chroniques)



- Christian Decamps ((chant, piano, accordéon, guit)
- Francis Decamps ((orgues, synthétiseurs, mellot)
- Jean-michel Brezovar ((guitares, flûte))
- Jean-Pierre Guichard ((batterie, percussions, harmon)
- Daniel Haas ((basse, guitare acoustique))


1. Par Les Fils De Mandrin
2. Au Café Du Colibr
3. Ainsi S'en Ira La Pluie
4. Autour Du Feu
5. Saltimbanques
6. Des Yeux Couleur D'Enfants
7. Atlantis "les Géants De La 3e Lune"
8. Hymne À La Vie (Cantique/Procession/Hymne)



             



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