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The CHIEFTAINS - 6 - Bonaparte's Retreat (1976)
Par MARCO STIVELL le 27 Août 2012          Consultée 1292 fois

A la suite de leur cinquième album, les CHIEFTAINS connaissent leur première réelle défection, puisque le joueur de bodhran Peadar Mercier décide de les quitter. Pour palier à son absence, Sean Potts et Paddy Moloney vont mettre la main à la pâte en ce qui concerne cette percussion. Ils invitent aussi, en plus de Ronnie McShane déjà présent pour les os sur le cinquième album, le joueur de bodhran Kevin Conneff qui fera ensuite partie intégrante du groupe.

Ce sixième opus est le premier à porter un sous-titre, en l'occurrence Bonaparte's Retreat. C'est une tentative de mettre une pièce en avant parmi la sélection, et pas la moindre. Mais le disque entier ne repose pas uniquement sur elle, il est même à son tour très constant en qualité et possède son lot de tubes, aussi bien dans les danses que dans les airs.

"The Chattering Magpie" est une suite de reels, celui qui donne son nom au morceau étant à l'origine une slip jig. Le groupe démontre de nouveau tout son savoir-faire, notamment pour la qualité de ses enchaînements, les tin whistles laissant rapidement la place au violon, et aussi pour ce final en crescendo où tous les musiciens se retrouvent dans la plus grande gaieté. Arrive ensuite "An Chéad Mhairt den Fhombar", renommé en anglais "The First Tuesday of Autumn". C'est une complainte écrite par Séamus O'Domhnaill en 1811, dans la tristesse suivant la mort de son fils Paidi qui ramenait par bateau un sac de malt pour faire du poitin (poteen en anglais, boisson alcoolisée irlandaise) et qui s'est noyé sur la côte du Donegal près de Gweedore. Introduite par la concertina de Michael Tubridy, cet air magnifique est joué de manière très sobre, avec flûtes et violons caressants. Mais le groupe nous surprend à nouveau en faisant s'enchaîner à cet air la célèbre scottishe "Green Grow the Rushes O" jouée ici façon reel, avec tout le groupe, et à nouveau joyeusement ! De quoi tempérer le pathos avec classe...

"Caledonia" est sans aucun doute le tube le plus marquant de cette fournée. Etalé sur cinq minutes, en plus de conjuguer deux airs guerriers inspirés du massacre des écossais highlanders de Alasdair (Colkitto) MacDonnel qui se sont battus aux côtés des Irlandais contre les Anglais à la bataille de Knockinoss en 1647, il lie de superbes parties de harpe au parfum baroque avec des montées glorieuses (tin whistles, ou cornemuse sur bourdon et bodhran) pour se terminer en jig. "Away With Ye" et "The Rights of Man" sont les deux pièces où Derek Bell utilise son fameux timpan, bien que ce soit tout du long uniquement pour la seconde. Le début de "Away With Ye" est juste "amazing", tout le groupe jouant sur cette rythmique au son particulier ! La pièce se termine avec "Old Hag, You Have Killed Me", un de ces grands standards dont on se délecte toujours. De même, l'autre suite de la seconde face s'ouvre par le biais de "Mrs. MacDermott" que le harpeur aveugle Turlough O'Carolan avait écrite pour la fille de ses bienfaiteurs, et dans sa bonne tradition baroque celtique. Le tout se conclue par "Round the House and Mind the Dresser", une jig déjà passionnante dans sa composition, et qui l'est encore plus grâce à la présence du chant et des danseurs(euses). A ce propos, le groupe en avait invité six, il en est venu trente, mais ils n'ont pu en faire tenir que dix dans le studio !

Plus haut, j'ai parlé d'une chanson en particulier, plus importante que les autres. Celle qui donne son titre à l'album est une suite de, tenez-vous bien, près d'un quart d'heure ! Une première pour les CHIEFTAINS et tout un concept, si l'on peut dire, autour des principaux moments de l'histoire de Napoléon 1er, à travers l'Europe jusqu'à sa chute, tout en y mettant un propos so "irish". La suite commence avec un air évoquant le sort tragique des "Wild Geese", ces Irlandais qui furent obligés de servir entre autres dans l'armée Française et qui n'ont jamais revu leur pays. Dolores Keane, une chanteuse qui n'est pas de la famille de Sean, le fiddliste du groupe (mais qui possède bien un frère, chanteur nommé Sean !) interprète une complainte, "The Green Linnet" parlant de la force du personnage de Napoléon à travers son attitude de destruction. S'ensuit une marche, "The Bonny Bunch of Roses" qui est comme un lointain écho à "La Marseillaise", puis un air et une polka très jolis, en honneur à "Madam Bonaparte", l'Impératrice Joséphine.

La harpe lance sur un arpège rapide une revisitation du Concerto No. 1 en ré mineur de Nicolas-Charles Bochsa qui fut l'icône de l'apogée de la harpe de concert au temps de Napoléon. On note aussi la présence du hautbois, pour une composition de Paddy Moloney, "The March to Victory" où est mentionnée l'apogée de l'Empereur, ses grandes victoires. Aussitôt après, les percussions tribales et notamment les os annoncent la vie terrible que connaîtront les soldats durant la campagne de Russie. Dolores Keane revient chanter "The Bonny Bunch of Roses" sur les percussions toujours. "The Downfall of Paris" est un nouvel écho à "La Marseillaise", cette fois dans le ton de l'effondrement de l'Empire, et la chanteuse revient une dernière fois, pour entonner (a-cappella, comme la première fois) le couplet de "The Green Linnet" mentionnant la fin de Napoléon. Typiquement irlandaise, la dernière phrase dit "Est-il mort à Waterloo ou sur les bords du Rhin, ou est-il mort sur le rivage désolé de St Hélène ?". Paddy Moloney conclue avec sa version de l'air de cette chanson afin d'illustrer les échecs de la France pour venir aider l'Irlande dans sa conquête de liberté, cette époque s'achevant avec la mort de l'Empereur et le retour des Bourbon.

Au risque de faire hurler les puristes, on ne peut s'empêcher de faire un parallèle entre cette expérience et les autres concepts musicaux qui prenaient forme surtout dans un style bien éloigné qui s'appelle "rock progressif". On retrouve ce goût pour les changements autant que les thèmes répétés, un choix de structure particulière sur une durée conséquente. Ca s'arrête-là, au moins pour voir ce que donnerait un "celtic prog" par les pionniers de la restauration du folk irlandais. Une pièce consistante dans un disque qui ne l'est pas moins.

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   MARCO STIVELL

 
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- Paddy Moloney (uillean pipes, tin whistle, bodhrán)
- Seán Potts (tin whistle, bodhrán)
- Michael Tubridy (flûte, concertina, tin whistle)
- Martin Fay (fiddle)
- Seán Keane (fiddle)
- Derek Bell (harpes, hautbois, timpán)
- + Ronnie Mcshane (os)
- Kevin Conneff (bodhran)
- Dolores Keane (chant)


1. The Chattering Magpie
2. An Chéad Mháirt Den Fhombar / Green Grow The Rushe
3. Bonaparte's Retreat
4. Away With Ye
5. Caledonia
6. Iníon Nic Diarmada (miss Macdermott)
7. The Rights Of Man
8. Round The House And Mind The Dresser



             



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