Recherche avancée       Liste groupes



      
THRASH METAL  |  STUDIO

Commentaires (3)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1983 Kill'em All
1984 Ride The Lightning
  Live In Toulouse
1986 Master Of Puppets
1987 The $5.98 Garage Days Re...
1988 ...and Justice For Al...
1991 Metallica
1993 Live Shit Binge & Purge
1996 Load
1997 Reload
1998 Garage Inc
  Cunning Stunts
  Bay Area Thrashers
1999 S&m
  Whiskey In The Jar
  Cliff'em All
2000 S&m
  I Disappear
2001 A Punk Tribute
2003 St Anger
  St Anger (tribute To The...
2004 The Unnamed Feeling
  Some Kind Of Monster
  Some Kind Of Monster Ep
  Un An Et Demi De La Vie ...
  Metallic Attack: The Ult...
2006 The Videos - 1989-2004
  The Scorched Earth Orche...
  Master Of Puppets Revisi...
2008 The Day That Never Comes
  Death Magnetic
2009 Français Pour Une Nuit
  Orgullo, Pasión Y Gloria
2010 Six Feet Down Under
  Six Feet Down Under 2
  Live At Grimey's
2011 Gothenburg Ullevi, Gothe...
  Lulu
  Black Album 20th Anniver...
2012 Beyond Magnetic
  Quebec Magnetic
2013 Through The Never Soundt...
2016 A Tribute To Master Of P...
  Hardwired
  Hardwired... To Self-...
 

- Style : Annihilator, Slayer
- Membre : Suicidal Tendencies, Lou Reed
- Style + Membre : Megadeth
 

 Site Officiel (305)

METALLICA - ...and Justice For All (1988)
Par SASKATCHEWAN le 15 Mars 2014          Consultée 3500 fois

Aussi improbable que cela puisse paraître a posteriori, toutes les conditions sont réunies en 1988 pour que METALLICA sorte un Black Album avant l’heure. Lars Ulrich, comme la moitié des Etats-Unis à l’époque, est en pleine GUN'N'ROSES-mania. Leur premier album, Appetite for Destruction, a connu un succès phénoménal l’année d’avant, et Axl Rose a remplacé pour un temps les vieilles idoles de la NWOBHM dans le cœur du batteur danois. Alors quand Flemming Rasmussen se déclare indisponible pour enregistrer le nouvel album, Ulrich et Hetfield pensent immédiatement à Mike Clink, le producteur d’Appetite for Destruction.

Seulement en 1988, deux ans à peine après la mort de Cliff Burton, le groupe n’est pas prêt à faire sa révolution. Le remplaçant de Cliff, Jason Newsted, ex-bassiste de FLOTSAM AND JETSAM, ne s’est pas vraiment intégré à la bande. Pire, la tournée au Japon qui doit promouvoir Master of Puppets se transforme en épreuve de bizutage interminable pour le « Newkid ». L’enregistrement d’un EP de reprises en 1987, Garage Days Re-Revisited, est l’occasion pour le petit nouveau de prouver son talent, mais quand vient l’heure des sessions avec Mike Clink, Newsted est une fois de plus mis à l’écart.

Mike Clink ne tarde pas à tomber en disgrâce lui aussi : lassé par les méthodes du nouveau producteur, Lars Ulrich supplie Rasmussen de reprendre les choses en mains. Ce dernier s’envole pour Los Angeles en février 1988, pour une session d’enregistrement qui va durer cinq mois. Malgré les nouvelles lubies musicales de Lars, le duo créatif de METALLICA est désormais convaincu qu’il n’a pas complètement épuisé les possibilités de la formule Ride The Lightning. Il reste une tonne de riffs et d’ébauches de compositions à exploiter, et l’influence de Cliff se fait encore sentir dans la musique et l’attitude du groupe.

Tous ces errements lors de l’enregistrement, ces hésitations sur la direction artistique à prendre, sont à l’origine de cette catastrophe géniale que représente Justice dans la carrière des four horsemen. Hetfield et Ulrich ont souhaité une production radicalement différente sur ce nouvel album, à la fois sèche et tranchante, très travaillée, à l’opposé du son « brut » du dernier EP. Le mixage, réalisé par Steve Thompson et Michael Barbiera, est complètement raté : la basse de Newsted est réduite au silence par la batterie et la guitare rythmique, ce qui ne doit rien au hasard… Lars Ulrich et James Hetfield ont sciemment effacé Jason Newsted d’…And Justice for All, comme s’il était indigne de jouer sur un album de METALLICA. Ambiance…

En dépit de tout cela, …And Justice for All est un sommet du metal : la colère, la frustration, le dégoût n’y sont pas feints ; METALLICA décline sa rage en neuf morceaux et une heure de musique. Dès les premières notes de « Blackened », on mesure le gouffre qui sépare Justice de ses deux prédécesseurs : l’architecture est la même, mais les intentions sont beaucoup plus radicales. Même si elle va de moins en moins vite, la musique de METALLICA est de plus en plus extrême, les paroles de plus en plus sombres. Hetfield a trouvé sa voix définitive, un chant rauque et hurlé qui tranche avec les cris aigus de la plupart des chanteurs de heavy et de glam. Ulrich, pour la première et la dernière fois de sa carrière, parvient à trouver l’équilibre parfait entre violence et raffinement. Hammett, enfin, est plus en retrait, avec un jeu moins tape-à-l’œil, ce qui lui réussit plutôt bien.

…And Justice for All est un monument à gravir qui offre peu d’aspérités, si ce n’est « One », le seul véritable « classique » tiré de cet album. METALLICA retrouve le thème de la guerre, avec un sujet inspiré du roman Johny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo. « One » est une lente montée en puissance où Hetfield se risque au chant clair avant que les guitares ne se déchaînent. La fin du morceau est l’un des moments les plus forts de l’œuvre de METALLICA, où les riffs acérés de Hetfield et les blast beats d’Ulrich font surgir un véritable champ de bataille des enceintes.

Une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage, il n’y a plus qu’à se laisser happer par « Eye of the Beholder », « The Shortest Straw », « Harvester of Sorrow » et consorts. …And Justice for All, au fond, est plus une suite qu’un véritable album de rock : chaque morceau répond aux 8 autres dans un ensemble indivisible. Seul « To Live Is to Die », hommage à Cliff Burton, se détache du monolithe par son aspect triste et solennel. D’ailleurs, il m’a toujours semblé que l’on entendait mieux la basse sur ce morceau en particulier, comme une sorte d’écho grave en arrière-plan.

Quelque part, …And Justice for All représente bien plus que le manifeste rageur d’un groupe en deuil, c’est aussi et surtout un passage de témoin entre deux générations du métal extrême. METALLICA a épuisé son radicalisme dans un album à la limite du thrash ; d’autres groupes plus jeunes, plus audacieux, n’ont plus qu’à prendre le relais (coucou DEATH !). Une fois soldé l’héritage de Cliff Burton, METALLICA n’a plus qu’à se laisser porter par l’ambition de ses deux membres fondateurs, convaincus que leur créature peut devenir une légende du rock.

A lire aussi en HARD ROCK par SASKATCHEWAN :


METALLICA
Ride The Lightning (1984)
Metallica 1-0 reste du monde

(+ 2 kros-express)



METALLICA
Master Of Puppets (1986)
Thrash metal

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez





 
   SASKATCHEWAN

 
   KORAMA
   RED ONE

 
   (3 chroniques)



- Lars Ulrich (batterie)
- Jason Newsted (basse)
- Kirk Hammett (guitare)
- James Hetfield (chant, guitare)


1. Blackened
2. ...and Justice For All
3. Eye Of The Beholder
4. One
5. The Shortest Straw
6. Harvester Of Sorrow
7. The Frayed Ends Of Sanity
8. To Live Is To Die
9. Dyers Eve



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod