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- Membre : Black Sabbath, Martin Barre , Alan Simon , Chicken Shack
- Style + Membre : Fairport Convention, Ian Anderson

JETHRO TULL - Dot Com (1999)
Par MARCO STIVELL le 1er Juillet 2014          Consultée 3936 fois

Avec Roots to Branches, JETHRO TULL avait réussi un tour de force, à la fois en changeant de son et en révélant une maturité seyante à un groupe de sa carrure. Cependant, il est vrai qu'à ce niveau, on n'attend plus grand-chose de la bande d'Anderson, pas même en étant doté d'une fidélité à toute épreuve. Le groupe en a conscience et espace ses publications, le rythme étant fixé à quatre ans au cours des années 90.

Néanmoins, lorsque Dot Com paraît, le doute sur l'intérêt de continuer l'aventure est plus que présent, du côté des artistes eux-mêmes comme du public. Roots to Branches avait suscité l'enthousiasme, malgré un dynamisme et une folie quasi absents, remplacés par de splendides ambiances. Ce dernier album original de JETHRO TULL reprend les mêmes recettes, mais l'impact s'en trouve très fortement amoindri. Un peu comme si le groupe s'était forcé de continuer.

L'écoute de l'album se pose elle-même comme une forme d'obligation pour le fan, qui pouvait encore trouver son compte dans chacun des disques précédents, même le très décrié Under Wraps. Dot Com n'est pas aidé par sa longueur, son caractère très (trop ?) homogène. L'auditeur peine à y trouver un refrain, un riff marquant. Et ce n'est pourtant pas comme si Martin Barre était devenu avare en la matière. Il ne fait que cela, riffer. Des tics blues/hard en tous sens, un solo de guitare acoustique sur "Hunt by Numbers", mais rien qui sonne réellement inspiré.

Il en est de même pour Ian Anderson dont les parties de flûte restent généreuses en nombre, mais fixées à des mélodies plus qu'hésitantes, de la pop sans relief ou des moments progressifs « pour faire progressif ». Sa voix, avançant en âge, s'adapte au manque de folie de la musique (ou serait-ce le contraire ?), à un ensemble instrumental qui tente de masquer l'absence d'inspiration par des effets. Certes, Andy Giddings est un pianiste remarquable, déployant quelques soli dans le ton baroque. Certes, il y a quelques ritournelles passéistes appréciables, par principe.

Mais ce qui ressort particulièrement de ce disque, plus que du précédent, c'est son orientation world music, mouvement que JETHRO TULL devait, lui aussi, bien suivre à un moment ou à un autre. Doane Perry est aussi présent aux percussions qu'à la batterie, et on recense un certain nombre d'interludes ou arrangements africains et orientaux au cours de l'album. Les cordes-synthés vont aussi dans ce sens ("El Niño"). Mais la bande d'Anderson n'est ni la seule ni clairement celle qui se distingue le plus dans cette forme d'exercice musical.

L'idée de s'inspirer de l'arrivée d'Internet dans les moeurs quotidiennes, bien que là aussi il s'agisse d'un thème vite exploité, pouvait influer davantage sur la qualité des compositions. Après tout, l'album A n'a pas vingt ans, à ce moment. Au lieu de cela, comment parler positivement de toute la partie allant de "Wicked Windows" à "Black Mamba" incluse, sinon en prononçant les mots « fond sonore », ce qui paraît difficile à concevoir de la part d'un groupe autrefois si riche en couleurs ? On ne peut pas être toujours au top, mais l'impression de vide ici apporte un soupçon de tristesse.

Cet ensemble de quatorze morceaux aurait pu être facilement ramené à un E.P correct, incluant les trois premières chansons (dont l'éponyme, plutôt sympathique avec sa voix féminine), et deux ou trois chansons de la fin comme la très bonne "Bends Like a Willow" et la folkisante "A Gift of Roses", précédées chacune des deux courts interludes "Nothing @ All" et "Mango Surprise". "A Gift of Roses", bien entendu délestée de son titre caché qui est en fait une avant-première de l'album solo de Ian Anderson, The Secret Language of the Birds. Drôle de procédé, peu gratifiant pour l'effort de groupe.

Il y a des albums que certains passionnés mentionnent par la formule « oeuvres de rock stars fatiguées », avec consternation. Dot Com, dans l'avis commun, se range parmi elles. L'album s'écoute laborieusement, et pour celui qui a adoré Aqualung, Thick as a Brick et Songs from the Wood, il n'en reste rien, ou presque. Certains disques, perçus comme mineurs de prime abord, se laissent redécouvrir, mieux apprécier au fil des années. Pas Dot Com.

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   MARCO STIVELL

 
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- Ian Anderson (chant, flûtes, guitare acoustique, bouzouki)
- Martin Barre (guitares)
- Andy Giddings (piano, orgue hammond, claviers, accordéon)
- Jonathan Noyce (basse)
- Doane Perry (batterie, percussions)
- + Najma Akhtar (choeurs)


1. Spiral
2. Dot Com
3. Awol
4. Nothing @ All
5. Wicked Windows
6. Hunt By Numbers
7. Hot Mango Flush
8. El Niño
9. Black Mamba
10. Mango Surprise
11. Bends Like A Willow
12. Far Alaska
13. The Dog-ear Years
14. A Gift Of Roses



             



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