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JETHRO TULL - Thick As A Brick (1972)
Par KERAZ le 1er Décembre 2007          Consultée 10479 fois

Après l'immense succès d'Aqualung, sorti un an plus tôt, Jethro Tull n'avait déjà plus rien à prouver à son public. Pourtant, Ian Anderson et sa bande récidiveront en cette année 1972 avec un album tout aussi parfait que son prédécesseur, tout en étant différent. En signe de réponse à tous ceux qui croyaient qu'Aqualung est un concept-album (à tort), Ian Anderson produit cette fois un véritable concept-album ne comportant qu'une seule pièce de trois quarts d'heure, divisée en deux (33 tours obligent). Le concept est brillant : un monde imaginaire médiéval vu par un personnage fortement cynique et stupide (d'où le titre Thick as a brick); une espèce de comédie humaine quoi. Cet opus marquera l'apothéose de Jethro Tull en tant que groupe de rock progressif (ils muteront plus tard en groupe plus folk-rock) et leur album à un seul morceau le plus réussi (le suivant, "A Passion Play" ne sera pas à la hauteur).

Mais comment Ian Anderson et sa bande ont-ils réussi à faire un morceau aussi homogène et aussi parfait? Cela reste un mystère pour moi. Une chose est certaine, il est très rare de voir un morceau de cette longueur aussi emportant. Tout au long de mes nombreuses et attentives écoutes, je n'ai décelé que très peu de longueurs ou de passages "pompeux". Tout se tient merveilleusement bien malgré la complexité de l'oeuvre. Jouer avec le chaos de manière intelligente, voilà ce qu'est le rock progressif, ou du moins ce qu'il devrait être. Voici ma description et mon appréciation de l'oeuvre, que j'ai tenté de faire du mieux que j'ai pu. (Il est extrêmement difficile de chroniquer un morceau de 42 minutes).

Face A:

La pièce commence de manière très peu dépaysante avec une partie purement folk très réussie qui n'a rien à envier aux morceaux similaires des précédents albums. On retrouve la guitare acoustique et la voix nasillarde mais très juste de Ian Anderson , la basse solide de Jeffrey Hammond, puis la guitare électrique de Martin Barre. Ce mini-morceau est une sorte d'introduction à l'univers de "Thick as a brick", avec ses paroles très évocatrices. Le refrain compris dans cette partie réapparaîtra de nombreuses fois tout au long du morceau de sorte à renforcer l'homogénéité de l'oeuvre. La voix chaude et accueillante et la guitare du chanteur entraînent déjà l'auditeur dans cet univers complètement décalé. On ne commence à déceler des nouveautés qu'après cette partie. Le groupe commence à jouer des séquences plus techniques, souvent à l'unisson et de manière très orchestrale. Oui, la pièce comprend de nombreux passages orchestraux, menée par l'orgue de John Evans, plus présente que jamais et qui souvent se retrouve seule en arrière-plan, parfois avec la voix de Ian Anderson, qui réapparaît sporadiquement entre les séquences instrumentales. L'aspect médiéval de l'oeuvre est très mise en avant-plan sur cette partie du disque, principalement par la présence de la guitare, acoustique, du chant théâtral, et des séquences très ryhmées, très fortement soutenues par l'orgue. Pas une seule fois pendant ces 22 minutes je n'ai perdu le fil. Tout s'enchaîne merveilleusement bien, et les interventions vocales se font très fréquentes et bien orchestrées.

Face B:

Le début de cette deuxième partie fait un peu penser à de la musique de film, mais bien vite, la bande de Jethro Tull reprend là où elle a laissé sur la face précédente. Puis, soudainement, un solo de batterie! Un solo de batterie avec une petite mélodie enchanteresse en avant-plan. Absurde direz-vous, mais diablement efficace. Certes, cette petite démonstration technique ne vaut pas le solo de batterie de "In A Gadda Da Vida", mais il est très bien. Ensuite, une nouvelle partie orchestrale avec l'orgue toujours aussi puissante. Puis, s'enchaînent des séquences étranges avec des voix en arrière-plan et des moments de silence. Ce début extrèmement déconcertant annonce déjà la couleur de cette deuxième face: expérimentale. Si sur la partie précédente, le groupe ne s'est pas trop aventuré pour ne pas briser la ligne directrice, ici ils s'aventurent énormément, histoire de provoquer un peu l'auditeur, le faire grincer des dents un peu, pour finalement lui redonner le sourire aux lèvres avec des retours aux parties acoustiques. Moins théâtrales, mais tout aussi dramatiques, les séquences sont ici plus tristes, et moins rythmées que sur la face A. Principalement dominées par la guitare acoustique, on décèle davantage de mélancolie. Fini l'ambiance festive, il s'agit presque d'un virage à 180 degrés côté émotions. C'est finalement sur le coup des 12 minutes que le morceau redeviendra plus rythmé. Une très longue partie instrumentale, un peu pompeuse (enfin une) malgré les interventions du chanteur, on a l'impression d'être au même point pendant plusieurs minutes avec seulement quelques alternances. Et finalement, le long morceau épique se termine de la même façon dont il a commencé: avec la petite chansonnette Folk. Très brillant comme fin!

J'espère bien vous avoir encouragés à écouter "Thick As A Brick", le chef-d'oeuvre absolu de Jethro Tull selon moi. Il est seulement dommage que le groupe n'ait pas récidivé avec "A Passion Play", qui m'a un peu déçu. Bien entendu, il a été difficile de chroniquer un si long morceau et j'espère vous avoir dit l'essentiel. À vous de juger !

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- Ian Anderson (chant, guitare acoustique, flûte, violon, trompett)
- Martin Barre (guitare électrique, luth)
- John Evan (piano, orgue, harpsichord)
- Jeffrey Hammond (basse, chant)
- Barriemore Barlow (batterie, percussions)
- David Palmer (arrangements)


1. Thick As A Brick (part One)
2. Thick As A Brick (part Two)



             



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