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THRASH METAL  |  STUDIO

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- Style : Slayer, Annihilator
- Style + Membre : Metallica

MEGADETH - Killing Is My Business... And Business Is Good ! (1985)
Par KID66 le 17 Février 2016          Consultée 1417 fois

Forces Parallèles… drôle de nom n’est-ce pas ? Parallèles de quoi ? De NIME, peut-on raisonnablement penser (et je ne doute pas que les anciens qui parcourent toujours le site le confirmeront). Mais le choix reste curieux : j’imagine qu’à l’époque où seul NIME existait, certains chroniqueurs avaient dû manifester leur envie de chroniquer autre chose que du Metal. Le nom du site ou son imagerie paraissaient peut être peu compatibles avec l’extension de son public, alors deux sites « parallèles » donc indépendants et exclusifs dans leurs champs d’action furent crées. Choix politique sans doute : le Metal et le Rock (ou autre) n’ont rien de parallèles, les branches d’un arbre ne le sont en aucun cas. Cette évolution est bien curieuse…

Si le « parallèles » me laisse perplexe, il n’en est rien de « forces » : voilà maintenant plusieurs années que je trouve les chroniques de FP extrêmement complètes, bien écrites et renseignées. Alors bien sûr, il y a conflit d’intérêt dans mon petit coup de pub, mais il n’empêche, on finit toujours par revenir sur ce site pour aller cueillir une info, parfaire sa culture, voire re-parcourir gentiment une chronique passionnée. Ce cercle de connaisseurs a façonné un climat d’exigence : sur FP, on maîtrise notre sujet.

Alors quand j’en vois certains débattre de l’origine précise de du Rock progressif (rien que ça) ou de l’impact de la post art/funk-wave berlinoise sur la musique moderne je suis bien content d’avoir grappillé MEGADETH. Car difficile de commencer l’aventure Dave Mustaine sans évoquer la création du thrash metal, point sur lequel il ne subsiste aucun doute : les premiers coups de pinceaux furent donnés par le trio Ulrich – Hetfield – Mustaine après l’intégration de ce dernier dans METALLICA (le tout sera cadré plus précisément par SLAYER quelques mois plus tard). Ensemble, ils imaginent et composent entièrement Kill’Em All, une toile qui inspirera bien d’autres artistes. Mais juste avant l’enregistrement du dit-album, l’embryon relâche une cellule : Mustaine est éjecté (chefs d'accusation : drogues, bizutage de MacGovney, tempérament conflictuel… cheveux roux ? Who knows).

La participation de Mustaine à l’écriture de Kill’Em All ne tombera pas dans l’oubli, mais le rouquin veut être sur le devants de la scène. Il observe ainsi de loin ses anciens compères être auréolés de gloire avec un disque qu’il voit comme le sien et compte bien en découdre. Pire encore, les saligauds s’approprient totalement « Mechanix » que le rouquin a co-écrit avec les Met's, et en changent les paroles pour en faire un de leurs hymnes : « The Four Horsemen » (4 cavaliers et un grand majeur dressés contre l’ami Dave).

C'est ainsi qu'avec son nouveau pote Dave Ellefson, Mustaine crée MEGADETH qui sera à la fois son groupe et son instrument de vengeance. Gar Samuelson et Chris Poland, deux musiciens plutôt branchés jazz-fusion intègrent le groupe après plusieurs auditions (lesquelles ont vu passer Kerry King qui a fait quelques concerts avec le groupe fraîchement créé, pour l'anecdote), et après six mois de recherche de chanteur, Mustaine décide finalement qu'il gérera lui même le micro. Le groupe signe par la suite un contrat avec Combats records pour la production de leur premier album. Plus rien ne sépare le rouquin diabolique du succès : son arsenal comprend désormais trois musiciens talentueux, des idées par camions, une haine inspiratrice intarissable, 8000 biffetons, une nouvelle mascotte hideuse fraîchement imaginée (le fameux Vic Rattlehead)... La machine de guerre est lancée, désormais plus rien ne pourra freiner son ascension.

Et pourtant, à l'inverse de Kill'Em All, Killing Is My Business... And Business Is Good ne fera pas date. Et même en s'abstenant de toute comparaison, les raisons en sont évidentes : ce premier disque est objectivement brouillon, dans la forme comme dans le fond. La légende (et Wikipédia) dit que le quatuor a dilapidé la moitié des 8000 $ donnés par Combat Record pour la production en drogues et autres, les obligeant ainsi à auto-produire le disque, et que ceci expliquerait pourquoi le son est si épouvantable. Et effectivement, on jurerait que l’enregistrement a été fait avec un vieux dictaphone (fort heureusement, les éditions remastérisées corrigeront ce défaut).

Pour ce qui est des compositions, l'album donne globalement l'impression d'avoir été écrit d'une traite. Mustaine rêve d'écraser METALLICA, et pour se faire il va jouer plus vite, plus fort, plus technique. Killing Is My Business balance des riffs dans tous les sens, des soli à s'en rompre les tendons pleuvent de toute part, Mustaine vocifère comme un possédé dans son micro. On sent bien que pour ce premier effort, Dave avait besoin de cracher toute sa haine, sans se poser de limites.
Il en résulte un disque hâtif, au tempo trop élevé, parfois bancal, et qui ne rend pas vraiment grâce au savoir faire de ses musiciens.

Et pourtant... Ce Killing Is My Business possède plus de qualités qu'il n'y parait. Même si tout semble rester au stade de l'effleurement, ce disque n’est déjà pas très loin d’être Peace Sells, la plupart des éléments qui font la qualité de ce dernier sont déjà présents. Des indices se glissent ici et là : le premier morceau (passé l'introduction au piano - Bach ?) est un défouloir très efficace, les riffs sont déjà globalement jouissifs (l’introduction à rallonge de « The Skull Beneath The Skin », dommage que la suite du titre ne soit pas au niveau), et Poland n'a pas attendu 1986 pour avoir du talent (« Rattlehead »). Si certains titres ne sont clairement pas à la hauteur ( « Chosen Ones »), la qualité est bel-et-bien déjà là, comme en témoigne le groovy et excellent « Killing Is My Business ».

« Looking Down The Cross » est un ovni : Mustaine ralentit le rythme et se laisse le temps de monter en puissance, injecte de la mélodie et s’essaie même à un phrasé plus « chanté ». Le résultat est de très bonne facture, on sent qu'on tient quelque chose.

Dave a déjà toutes les cartes en mains, mais il ne comprendra que pour son deuxième opus que ralentir la cadence permettra l'expression la plus totale de son talent, ici encore insuffisamment lisible. La technique démonstrative a fait de Mustaine un musicien à part, mais également sa capacité à complexifier et chiader sa formule, à créer des ambiances, à surprendre l'auditeur, et un peu plus tard à générer des émotions. Mais le rouquin avait besoin d'un exutoire pour ce premier jet, et on peut le comprendre ; c'est aussi cette sincérité et son aspect non-contenu qui fait le charme de cet opus.

Dans une discographie où aucun album ne ressemble à un autre, Killing Is My Business et Peace Sells sont les plus proches (la présence du même line-up y contribue bien sûr) mais la postérité n’a retenu que le second, le premier n’en étant finalement qu’un brouillon un peu maladroit. Cet album ne recèle d'ailleurs aucun classique du groupe.
Killing souffre également de la comparaison avec ses contemporains, que ce soit Spreading The Disease (ANTHRAX), Bonded By Blood (EXODUS), les deux premiers SLAYER et surtout METALLICA (ne serait-ce que « Mechanix » vs « The Four Horsemen » et ne parlons même pas de mettre ce disque face à Ride The Lightning).

Si Killing Is My Business... And Business Is Good ! n’est pas un indispensable de MEGADETH, il trouve encore – par ce statut – son intérêt en 2016 dans sa découverte tardive, occasionnant ainsi malgré ses défauts une rêverie nostalgique et un (probablement) dernier instant de Thrash made by Mustaine.

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- Dave Mustaine (chant, guitare)
- Chris Poland (guitare)
- Dave Ellefson (basse)
- Gar Samuelson (batterie)


1. Last Rites / Loved To Deth
2. Killing Is My Buisness... And Buisness Is Good !
3. The Skull Beneath The Skin
4. These Boots
5. Rattlehead
6. Chosen Ones
7. Looking Down The Cross
8. Mechanix



             



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