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HARD ROCK  |  STUDIO

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1975 Ted Nugent
1976 Free-for-all
1977 Cat Scratch Fever
1978 Weekend Warriors
1979 State Of Shock
1980 Scream Dream
2002 Craveman
2013 Ultralive Ballisticrock
 

- Style : Aerosmith, Lynyrd Skynyrd, Bad Company, Blue Öyster Cult, Blackfoot, Foghat, Montrose, Ten Years After
- Membre : Tony Macalpine , Uli Jon Roth , Jimmy Barnes , Rod Stewart , Styx, Dokken, Ozzy Osbourne , Whitesnake, Black Star Riders, Black Sabbath, Gary Moore , Msg, Whitford/st. Holmes, Ufo

Ted NUGENT - Free-for-all (1976)
Par JASPER LEE POP le 28 Février 2018          Consultée 628 fois

J'aime bien Ted NUGENT. Ou plutôt, j'aime bien ce connard de Ted NUGENT. Le type est un ardent défenseur de la chasse, une activité qu'il exploite autant, si ce n'est plus que la musique depuis un certain nombre d'années, notamment par le biais d'une émission TV (Ted Nugent Spirit Of The Wild) et une foultitude de produits dérivés (couteaux, jumelles, appâts et appeaux, c'est toujours ça que KISS n'aura pas). Le Nuge est fier de nourrir sa famille toute l'année grâce à ce qu'il ramène au terme des saisons de chasse durant lesquelles il ne tourne jamais. Je ne suis pas un farouche opposant à la chasse mais on peut éventuellement foutre la paix aux ours bruns, non ? En 2012, Tonton Ted a dû payer 10000 dollars d'amende pour en avoir sorti un illégalement d'une réserve en Alaska*.

Le premier album s'est vendu comme des petits pains, alors il faut battre le fer tant qu'il est chaud et vite retourner en studio. Sauf que ça fait deux ans que le groupe tourne inlassablement et que les tensions atteignent leur paroxysme. Derek St. Holmes est ingérable, il prend la grosse tête, ne supporte plus la dictature du boss et ne s'entend pas avec Tom Werman dont il trouve la production trop aseptisée. Ce qui n'est pas très cohérent puisque le même St. Holmes corrobore par ailleurs que c'est Cliff Davies qui aurait réellement œuvré à la production des trois premiers albums. Il s'agirait de savoir. Nul doute en revanche que le Nuge ne le traite pas à sa juste valeur par peur de se voir voler la vedette. St. Holmes est très bon chanteur, bon guitariste, beau gosse et il attire un peu trop les regards sur scène. Quand Lew Futterman le vire après avoir enregistré trois morceaux, Gonzo ne le retient pas.

Le groupe est en studio et c'est la panique. On appelle donc à la rescousse un quasi inconnu en la personne de MEAT LOAF. Le pain de viande avait bien sorti un premier album en 1971 sur une filiale de Motown mais celui-ci est passé inaperçu. Nous sommes un an avant la sortie de la pièce montée Bat Out Of Hell et Meat Loaf qui a besoin de thunes accepte au débotté de remplacer St. Holmes. Pour la très modique somme de 1000 dollars, il compose et enregistre les parties vocales de cinq morceaux en deux jours. Merci pour le dépannage mais on est dans l'erreur de casting flagrante. Le style emphatique typique de Broadway de Marvin Lee Aday (son vrai nom) ne s'accorde pas avec le hard bas du front mais délicieusement viscéral de Sweaty Teddy. « I Love You So I Told You A Lie » et « Together » ne sont pas de mauvaises chansons (à la décharge de Nugent, elles ne sont pas de lui, il a dû lâcher quelques crédits pour calmer la révolte au sein de ses musiciens) mais elles dénotent dans le répertoire du groupe autant qu'un slow dans un album de SLAYER. « Writing On The Wall » est nettement plus à sa place mais tente tellement de singer « Stranglehold » qu'elle en devient malhonnête. La balourde « Hammerdown » fait dans le proto-metal et seule « Street Rats » s'en sort avec les honneurs avec un Meat Loaf qui la joue sobre.

Non, les chansons réussies de l'album sont celles chantées par St. Holmes, le meilleur vocaliste qu'aura jamais le Nuge. Les up-tempo « Turn It Up » et « Light My Way » déménagent bien et renouent avec la flamboyance du précédent opus. Et puis bien sûr, terminons paradoxalement avec les deux pièces maîtresses qui ouvrent le skeud. « Free-For-All », la seule compo chantée par NUGENT, vous rentre toute de suite dans la crâne grâce à ce riff entêtant (mais tendez aussi l'oreille pour capter la seconde piste guitare derrière, jouée façon banjo dans le couplet et qui passe à la trappe en live) et à cette ligne de chant aux accents rap avant l'heure qui n'est pas sans faire penser au « Walk This Way » d'AEROSMITH sorti un an avant et avec qui Tonton Ted vient de tourner. « Dog Eat Dog » est la deuxième perle de l'album avec un superbe solo articulé en deux parties qui pourrait résumer à lui seul le style du Nuge. L'enchaînement de ces deux morceaux laissait présager le meilleur mais la suite n'est pas du même tonneau et Free-For-All a tous les stigmates du deuxième album enregistré à la hâte pour alimenter la demande sans tenir ses promesses (les anglophones appellent ça le « sophomore slump »). Qu'importe, la machine NUGENT est lancée. Le disque se vendra et le groupe repartira aussi sec en tournée. Il ne reste qu'une étape pour passer au niveau supérieur : un tube. Ça va venir.



*Son pote Trump vient de signer un décret autorisant leur chasse et celle des loups dans les réserves d'Alaska, y compris durant la période de reproduction et jusque dans leurs tanières.

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   JASPER LEE POP

 
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- Ted Nugent (guitare, chant 1, basse 1)
- Derek St. Holmes (chant 2,4,7, guitare)
- Rob Grange (basse)
- Cliff Davies (batterie, chœurs)
- Meat Loaf (chant 3,5,6,8,9)
- +
- Steve Mcray (claviers)
- Tom Werman (percussions)


1. - Free-for-all
2. - Dog Eat Dog
3. - Writing On The Wall
4. - Turn It Up
5. - Street Rats
6. - Together
7. - Light My Way
8. - Hammerdown
9. - I Love You So I Told You A Lie



             



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