Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

Commentaires (5)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1975 Ted Nugent
1976 Free-for-all
1977 Cat Scratch Fever
1978 Weekend Warriors
1979 State Of Shock
1980 Scream Dream
2002 Craveman
2013 Ultralive Ballisticrock
 

- Style : Aerosmith, Lynyrd Skynyrd, Bad Company, Blue Öyster Cult, Blackfoot, Foghat, Montrose, Ten Years After
- Membre : Styx, Rod Stewart , Jimmy Barnes , Uli Jon Roth , Tony Macalpine , Ufo, Dokken, Ozzy Osbourne , Whitesnake, Black Star Riders, Black Sabbath, Gary Moore , Msg, Whitford/st. Holmes, Damn Yankees

Ted NUGENT - Ted Nugent (1975)
Par JASPER LEE POP le 26 Février 2018          Consultée 1187 fois

J'aime bien Ted NUGENT. Ou plutôt, j'aime bien ce connard de Ted NUGENT. Parce que c'est ça le problème avec le Motor City Madman, le type est devenu tellement infréquentable sur le plan politique qu'on en oublie la place qu'il a tenue dans la saga du rock US des 70s, soit une place de choix. Vous me direz que le Nuge a toujours été une forte tête aux positions bien tranchées et vous aurez raison. Déjà, chez les AMBOY DUKES, il se singularisait de ses camarades en condamnant sévèrement toute consommation de substances illicites et très tôt, le chasseur à l'arc affichait ses sympathies douteuses à l'égard de la NRA*, le lobby des armes à feu, à l'instar d'un Charlton Heston de son vivant pour le cinéma. C'était l'Amérique, on ne pouvait pas comprendre. Tonton Ted débordait d'énergie sur scène et on lui pardonnait ses excès qui allaient avec le personnage. Sauf que d'excessif, il est devenu outrancier au-delà de toute excuse et même au pays de l'Oncle Sam, ça commence à agacer. Le FBI lui est tombé sur le râble suite à des menaces de mort et des insultes racistes proférées à l'encontre de Barack Obama. Depuis, Trump l'a bien évidemment invité à la Maison-Blanche et il y a quelques jours, un gamin tuait 17 ados dans un collège au fusil semi-automatique, soit la 291e fusillade en milieu scolaire depuis 2013. On ne peut pas comprendre, c'est l'Amérique, pas vrai, Ted ?

Quand Ted NUGENT inaugure sa carrière solo avec ce premier album éponyme, le six-cordiste de Detroit a déjà roulé sa bosse dix ans au sein des AMBOY DUKES, un groupe au potentiel certain mais qui n'a jamais concrétisé les promesses malgré le petit succès du morceau « Journey To The Center Of The Mind » et dans lequel il a progressivement imposé sa dictature au point de signer les trois derniers albums Ted NUGENT and The AMBOY DUKES. On n'a donc pas affaire à un débutant et ça s'entend clairement tant ce premier méfait solo est une tuerie. Gonzo s'est entouré pour l'occasion d'un solide groupe constitué du seul rescapé des Dukes, Rob Grange à la basse, de Cliff Davies à la batterie, ex-IF, un multi-instrumentiste/arrangeur possédant une vaste culture musicale qui rejoint le combo juste avant l'enregistrement (ce n'est pas lui sur le verso de la pochette) et du guitariste/chanteur Derek St. Holmes, un jeune chien fou remarqué en première partie des Dukes qui s'apprêtait à raccrocher les gants.

Que dire de neuf sur « Stranglehold » qui ouvre l'album en grande pompe ? Premier succès et pierre angulaire du répertoire du Nuge, le morceau construit sur un riff de basse que Rob Grange jouait lors des rappels des AMBOY DUKES s'étire sur plus de huit minutes, ne comporte pas de refrain à proprement parler et est prétexte à une improvisation en solo enregistrée en une prise alors que le guitariste exposait la structure de la compo à ses musiciens. Il ne souhaitera pas s'y reprendre à deux fois pour conserver la spontanéité de la prise. Porté par une basse phasée aquatique et hypnotique, Nugent y fait rugir sa Byrdland demi-caisse et décroche son ticket d'entrée dans l'histoire de la guitare électrique.

La barre est haute et jamais le niveau ne baissera. Ou presque. « Stormtroopin' » (chantée par Cliff Davies) et « Motor City Madhouse » font dans le proto-metal, limite proto-speed metal pour le second, « Hey Baby » et « Snakeskin Cowboys » dans le hard boogie. « Just What the Doctor Ordered » est un bijou et sera le second classique de l'album avec un Derek St. Holmes particulièrement en verve. Nugent s'emploie à puiser dans ses influences Motown et Soul (il voue une admiration sans borne à James BROWN) et les passe à la moulinette du Detroit Sound du MC5 et des STOOGES sous le constant patronage de Saint Chuck BERRY. Mais le Tedinator n'est pas qu'une brute et sait aussi mettre la pédale douce sur le surprenant « You Make Me Feel Right At Home » en mode Wes Montgomery avec Cliff Davies aux balais et au vibraphone. Pas extraordinaire cela dit, mais une curiosité à coup sûr.

Un mot sur la production et les crédits, chacun y allant de sa version. Lew Futterman, manager de Nugent, propose son poulain à Epic à condition d'être crédité comme producteur. Tom Werman est alors A&R dans la maison de disques (pistonné par papa). Il entend passer à la production mais a besoin de faire ses preuves en dégotant de nouveaux talents. Les deux hommes vont ainsi pactiser en se partageant les crédits de la production, chacun y trouvant son compte. Le boulot en studio aurait réellement été abattu par Cliff Davies (ironiquement ramené dans le groupe par Futterman qui manageait IF) assisté de l'ingénieur du son Tony Reale. Quant aux chansons, toutes sont créditées Tonton Ted à l'exception de « Hey Baby », coécrite par St. Holmes. La galette va vite s'écouler à un million d'exemplaires et les dissensions et les rancœurs vont rapidement éclore au sein du combo qui tournait jusque là sous le nom de The Ted Nugent Band. Futterman négocie le management avec l'agence Leber & Krebs contre une centaine de dates en ouverture d'AEROSMITH et la décision est prise de rebaptiser le groupe en s'en tenant au nom du leader. C'est le début de la fin.


* National Rifle Association. Ted Nugent est membre du conseil d'administration et ses dérapages commencent même à indisposer la direction.

A lire aussi en HARD ROCK par JASPER LEE POP :


Glenn HUGHES
Resonate (2016)
C'est qui le patron?




KXM
Scatterbrain (2017)
Essai transformé.


Marquez et partagez





 
   JASPER LEE POP

 
  N/A



- Ted Nugent (guitare, chant)
- Derek St. Holmes (chant, guitare)
- Rob Grange (basse)
- Cliff Davies (batterie, chant, vibraphone)
- +
- Steve Mcray (claviers)
- Tom Werman (percussions)


1. - Stranglehold
2. - Stormtroopin'
3. - Hey Baby
4. - Just What The Doctor Ordered
5. - Snakeskin Cowboys
6. - Motor City Madhouse
7. - Where Have You Been All My Life
8. - You Make Me Feel Right At Home
9. - Queen Of The Forest



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod