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Al JARREAU - High Crime (1984)
Par BAKER le 22 Décembre 2018          Consultée 162 fois

"High crime" : acte infâmant contraire à la morale mais ne constituant pas techniquement un délit.

DE KEUWA ? Pas un délit ?!? On imagine pourtant bien la tête des fans lorsqu'ils ont posé le diamant sur le sillon pour la première fois. Al JARREAU sort tout juste de l'album portant son nom, un album superbe, classe, organique, qui possédait certes quelques petites touches un peu trendy, mais rien de grave, des effluves, du fûmet. Et voilà que déboule "Raging Waters". A cent mille lieues de tout ce que notre brave chanteur a pu produire. Un titre extrêmement agressif, digital, robotique, urgent, avec des synthétiseurs proéminents, un rythme hâché, un chant à la scansion totalement rock FM, et par-dessus tout ça Jay Graydon en mode Jedi qui singe son grand copain Steve LUKATHER avec une guitare démesurément hard FM.

Le hic, c'est que c'est bien. Et qu'une fois le choc passé, car c'en est un je vous le garantis, on se rend compte que ce titre, et par extension la majeure partie de cet album, est un pari risqué mais gagnant. Virant ses batteurs et s'accoquinant avec des boites à rythmes qu'il affuble de noms comiques (Champ Time, Rug Toupé, Chip McSticks...), JARREAU creuse la partie la plus rythmique de son art, en oubliant un peu la classe jazzy. Un peu, mais pas totalement : notre homme ne jette pas le bébé avec l'eau du bain, et la réussite de cet album est en grande partie dû au savant numéro d'équilibriste qu'il nous offre.

"Raging" sera en effet le titre de loin le plus rhargeux (un best-of entre la hargne et la rage), et si la couleur musicale de High Crime restera à 80% synthétique, Al n'oublie pas quelques fondamentaux : les cuivres sur "Imagination", les timbales sur "High Crime", le refrain facile mais soigné et les interventions ponctuelles sur "Murphy's Law", la tentative de refaire un "Boogie Down" avec le malicieux "Sticky Wicket", sans oublier sa marotte, le scat où au lieu de se battre contre Steve Gadd ou Jeff Porcaro, il fighte des machines. Et en sort invariablement vainqueur : le pont d' "Imagination" ferait passer Chaka KHAN pour Neil HANNON.

Tout n'est pas réussi, entendons-nous bien. "Tell Me" est assez vide, sans substance ; "Let's Pretend" est un de ces innombrables faux reggaes des années 80 qui n'ont pas très bien vieilli. Mais ce sont bien les seuls accrocs car pour le reste, une fois le nouveau son assimilé et accepté, le disque fait partie de ces petits classiques 80s qui se laissent apprendre par coeur avec plaisir. On peut danser dessus, on peut chanter dessus, on peut... hum, faire plein de choses dessus.

Même ce que vous pensez, bande de dégoûtants ! Car le disque se finit sur deux titres un poil plus classiques. "Love Speaks" est tubesque, envoûtante, avec ces harmonies incroyables qui rappellent que machines ou pas, si une chanson est composée avec le coeur, la moitié du job est faite. Certes Al JARREAU chante plus de façon pop FM que jazzy, mais ça lui va bien. D'autant qu'il se rattrape avec la délicieuse "Fallin' ", d'une suavité, d'une délicatesse aussi cajoleuses que "Raging Waters" vous faisait grimper au plafond. En effectuant ainsi un damage control digne des meilleurs aquaplannings de Damon Hill, JARREAU réussit, pour ce coup-ci du moins, ce que peu d'artistes ont su faire : se mettre dans la poche un nouveau public et un nouveau son tout en conservant des spécificités et de la dignité. Toujours de la dignité.

Ah oui, et donc vous aussi, vous pensiez à manger de la charcuterie avec les doigts, sur ce disque ?

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   BAKER

 
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- Al Jarreau (chant, choeurs)
- Robbie Buchanan (claviers)
- David Foster (claviers)
- Bobby Lyle (claviers)
- Greg Phillinganes (claviers)
- Steve George (claviers)
- Bo Tomlyn (prog)
- Erich Bulling (prog)
- Gary Chang (fairlight)
- Jay Graydon (guitare, claviers)
- Nathan East (basse)
- Bob Beats (basse)
- Jake Jugs (basse)
- Mike Baird (batterie,percussions)
- Paul Jackson Jr (batterie, guitare)
- Pat Mastelotto (batterie)
- Gary Grant (flugelhorn, cuivres)
- Jerry Hey (flugelhorn, cuivres)
- Bill Reichenbach (cuivres)
- Charles Loper (cuivres)
- Chuck Findley (cuivres)
- Bill Champlin (choeurs)
- Carmen Twillie (choeurs)
- Richard Page (choeurs)
- Siedah Garrett (choeurs)


1. Raging Waters
2. Imagination
3. Murphy's Law
4. Tell Me
5. High Crime
6. Let's Pretend
7. Sticky Wicket
8. Love Speaks Louder Than Words
9. Fallin'



             



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