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Al JARREAU - Moonlighting (1987)
Par BAKER le 13 Janvier 2019          Consultée 134 fois

En 1985 - et peut-on faire plus au milieu des années 80 ? - déboule sur les écrans de télévision américains une série qui s'apprête à révolutionner le genre pourtant déjà bien exploré du duo de détectives / policiers / justiciers. Cador du genre, Glenn Gordon Caron décide de s'amuser un peu avec les codes, bousculer les fondations. Son arme secrète : un casting aux petits oignons. Dans le rôle de la belle mannequin devenant détective privée par erreur, Cybill Shepherd était une évidence : petite chérie des USA, glamour en diable, connue mais pas inaccessible, elle était en outre un élément bankable pour la survie de la série. Le coup de génie sera de donner le rôle masculin, macho et impulsif, à un Bruce WILLIS débutant, le cheveu en bataille, l'air goguenard, totalement à l'aise avec la caméra et sa partenaire.

Au départ timide mais tout à fait charmante, la série qui durera trois saisons selon la police, cinq selon les organisateurs, s'amusera vite à pousser ses acteurs dans leurs derniers retranchements, à briser le quatrième mur, à modifier les scénarios y compris pendant le film réel, les personnages parlent au spectateur, s'appellent par leurs vrais prénoms, les scénaristes se mettent en grève et lors d'une confrontation mortelle, l’accessoiriste plateau vient confisquer son pistolet au "bad guy", sous prétexte qu'on en a besoin sur le plateau d'à-côté pour Riptide. Une série folle, au budget conséquent (tournée en pellicule et à l'ancienne), qui donc se permettait tout, mais avec une constante qui l'a rendue culte et adulée du public : la classe.

Même avec un Bruce WILLIS au langage parfois fleuri, même avec des seconds rôles souvent débiles à souhait, même avec des cassures de rythme insensées, Clair de Lune possède à chaque épisode un cachet incroyable, une sorte de grand luxe dans les décors, les costumes, et l'attitude des acteurs. Trois saisons magnifiques, plus deux qui connurent un succès bien moindre, donnant naissance au fameux "effet Clair de Lune" connu de tous les scénaristes du monde entier (ce qui ne les empêche pas de commettre la même erreur encore de nos jours). Et pour incarner cette classe, ce côté jet set mais sans bling-bling hors-sujet, qui d'autre qu'Al JARREAU ?

Sur une musique composée par Lee HOLDRIDGE, mélodiste de haute voltige lui aussi, Al, aidé par ses nouveaux amis Nile RODGERS et Philippe SAISSE, interprète ce générique avec, on y revient sans cesse, une classe folle, un raffinement total (Maddie Hayes) mais conservant un côté urbain et imprévisible (David Addison). Les instruments sont chatoyants, la guitare de RODGERS très minimaliste claque bien, le saxophone était inévitable, les claviers de SAISSE sont enveloppants comme pas deux. Écouter cette chanson, c'est avoir le générique dans la tête, ces rues désertes de nuit, ces robes de soirée, ces smokings, c'est se retrouver au milieu de la série, sa puissance évocatrice est irrésistible.

Le single possède la version dite normale et une extended remix particulièrement bonne, puisqu'elle ne massacre pas l'originale mais ne fait que lui ajouter une minute de scat totalement JARREAU, rajoutant de la malice au standing. Suite au succès phénoménal de la série, le single a connu une belle carrière. Il est donc croustillant de penser que ses géniteurs ont cru bon de retirer la chanson de leur futur album à la dernière minute. Évidemment indispensable aux fans de nos deux détectives, ce 45 tours l'est tout autant pour les amateurs de JARREAU, cette chanson représentant l'un des sommets de sa carrière, autant pour son succès populaire que pour le message qu'il véhicule : Al est devenu l'un des plus immenses chanteurs américains d'une décennie pourtant foisonnante.

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   BAKER

 
  N/A



- Al Jarreau (chant)
- Nile Rodgers (guitare, batterie)
- Philippe Saisse (claviers, basse)
- Steve Elson (saxophone)


1. Moonlighting
2. Moonlighting (extended Remix)
- version 12''
3. Golden Girl (extrait De L Is For Lover)



             



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