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Al JARREAU - L Is For Lover (1986)
Par BAKER le 12 Janvier 2019          Consultée 125 fois

Avant de parler de ce qu'on trouve dans ce disque, parlons de ce qu'on n'y trouvera pas. Votre serviteur possède le vinyle d'époque depuis des désormais dizaines d'années (deux), vinyle qui commence par le plus gros tube d'Al JARREAU : "Moonlighting". Après recherches diverses et variées, il se trouve qu'il s'agit là d'une rareté, du moins d'une version peu fréquente : pour la grande majorité des éditions (plus de trente en tout), cet album débute par "Tell Me What I Gotta Do", et ne possède pas "Moonlighting". Pour une raison bien précise : à la dernière minute, Al et son producteur ont décidé de la retirer du disque. Donc nous n'en parlerons pas ici, et s'il était encore parmi nous, JARREAU continuerait de se mordre la lèvre en y pensant.

Mais d'abord, qui est ce producteur ? Jay GRAYDON ? David FOSTER ? Non, exit les anciens potes. Ils avaient pourtant réussi à négocier le virage du jazz smooth à la funk FM de fort belle manière sur "High Crime", mais Al sentant le vent tourner s'est acoquiné avec le grand Nile RODGERS, Mister Funk, associé ici à notre génial pianiste marseillais, Philippe Saisse. Le but étant clairement de décrasser un peu le système JARREAU, de consolider le son FM et garder un public large (ce qui sera effectivement le cas avec... "Moonlighting" !), tout en mettant un peu de piquant. D'après les intéressés, le disque sans "Clair de Lune" se serait mal vendu. Signe d'un ratage ?

...Eh bien ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on pourra prendre JARREAU en défaut. Oui, L is for Lover est un peu en-dessous du niveau habituel, et son moins bon disque depuis disons All Fly Home. Seulement regardez un peu ce qui est sorti entre temps ! Que des pépites ! Impossible à battre ! Rien à redire ! Et des points d'exclamation en veux-tu en voilà ! Car comment ne pas se pâmer devant ce milieu de carrière ? L is for Lover baisse donc un peu la barre de façon logique, le milieu de la face B se montrant un peu creux, un peu facile. Mais la voix magique, la scansion malicieuse et les gros refrains qui tâchent ? Tout le monde est là, au garde à vous.

Entre un "Tell Me" qui reprend les codes établis par "Raging Waters", la mutine "L is for Lover" - single chaloupé qui dépayse avec ses noms de villes, un "Pleasure" dont les couplets rappellent les premiers LEVEL 42, "Golden Girl" aux harmonies suaves et avec un anthologique solo de RODGERS, "Telepathy" enthousiasmant, et cette petite tuerie qu'est la dynamique "Across the Midnight Sky" (malgré une petite faiblesse vocale), vous avez une majorité de chansons fraîches, à la production ni trop froide ni trop "RODGERS-by-the-numbers", mais surtout avec chacune des refrains imparables. Redoutables même. Une fois dans la caboche, pfffuit ! terminé, ça y restera.

Sans compter "Says", un morceau d'anthologie, single incroyable qui souffre d'une certaine répétitivité, mais est rapidement addictif et a connu d'ailleurs un petit succès, notamment en France pour des raisons croquignolesques que vous assimilerez très rapidement. C'est touchant de naïveté, et par ailleurs c'est bien ce qui caractérise tout JARREAU depuis plusieurs albums : malgré la perfection instrumentale absolue et un talent vocal unique, mélange de personnalité, de chaleur et d'émotion, jamais on ne ressent une quelconque grosse tête.

Certes, le niveau est quand même un poil moins glorieux que les 4 albums précédents, c'est plus ou moins palpable. Mais bien des éléments restent jouissifs : ces refrains donc, cette production aux petits oignons (les cuivres à la Phil COLLINS de "Real Tight", chanson qui porte bien son nom !), cette légèreté, pas dans le sens creux mais plutôt aérien. Ecouter ce disque, c'est être à la frontière entre les côtes Cubaines et... l'accoudoir de votre canapé, juste à côté de la radio AM/FM Panasonic qui vous a coûté 380 Françs en 1985. Un petit disque une fois de plus charmant, pavé de bonnes intentions et qui risque de vous accompagner de nombreuses heures, de route notamment. Et tant pis si le côté funk hard de Nile RODGERS est finalement peu présent : ce n'était pas ce que nous venions chercher.

Note finale : 3,5 / 5

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   BAKER

 
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- Al Jarreau (chant)
- Nile Rodgers (guitare, claviers, choeurs)
- Hiram Bullock (guitare)
- Philippe Saisse (claviers)
- Peter Scherer (claviers)
- Jimmy Bralower (prog, batterie)
- Mac Gollehon (basse)
- Anthony Jackson (basse)
- Robert Aaron (anche)
- Leonard Gibbs (percussions)
- Steve Ferrone (batterie, percussions)
- Brenda White King (choeurs)
- Curtis King (choeurs)
- Diane Garisto (choeurs)
- Lisa Fischer (choeurs)
- Tawatha (choeurs)
- Terri Gonzalez (choeurs)
- Fonzi Thornton (choeurs)
- Michelle Cobbs (choeurs)
- Cindy Mizelle (choeurs)


1. Tell Me What I Gotta Do
2. L Is For Lover
3. Says
4. Pleasure
5. Golden Girl
6. Across The Midnight Sky
7. (we Got) Telepathy
8. Give A Little More Lovin'
9. No Ordinary Romance
10. Real Tight



             



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