Recherche avancée       Liste groupes



      
FUNK FM / POP  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 



Al JARREAU - Heart's Horizon (1988)
Par BAKER le 20 Février 2019          Consultée 86 fois

Cette fois, nous y sommes, mon vieux Milou. Heart's Horizon vient mettre un frein à une décennie stupéfiante où Al JARREAU, bien aidé il faut l'avouer, a enchaîné pas moins de 6 albums oscillant entre le très sympathique et l'extraordinaire. Il ne sort même pas trop amoché de L is for Lover car un an après l'album, le single "Moonlighting" est enfin sorti - et a reboosté sa carrière de façon spectaculaire. Heart's Horizon devrait donc partir du bon pied, sauf que nous sommes en 1988, que 88 c'est, les plus fins limiers l'auront peut-être deviné, la fin des années 80, et que c'est une période dévastatrice pour tous les musiciens qui ont bien débuté la décennie mais tentent de se raccrocher aux branches.

Alors Al met toutes ses chances de son côté, et divise son album en plusieurs équipes : il reprend Philippe Saisse d'un côté, se rabiboche avec Jay Graydon et toute la clique (Sanborn, Duke etc) de l'autre, et confie les finitions à Bill Champlin, qui est en train de méga-cartonner avec CHICAGO nouvelle formule. Le tout avec un colossal casting de tueurs, et notamment à la basse Freddie Washington qui en fout partout au niveau slap. Mais alors partout. Un peu trop, il risque de vous saouler, et pour que JE dise ça... Dans tous les cas, ça joue super-carré avec un son chaud et patati et patato, on commence à connaître la rengaine, sauf que cette fois, la magie ne fonctionne plus.

La faute à qui ? Evidemment pas uniquement à Al, qui chante toujours très bien, tant dans le funky que dans le doux, avec cependant moins de folie qu'avant. En fait, deux titres seulement laissent passer le vent de démence vocale qui le caractérise : un court duo avec Bobby McFERRIN, rigolo mais un poil abscons, et l'excellente "10K Hi", sorte de jeu du chat et de la souris entre lui et Philippe Saisse, nos deux hommes torturant des samplers à qui mieux-mieux pour s'amuser et innover, en n'oubliant cependant pas l'essentiel : la chanson est de base excellente.

D'ailleurs, des bonnes chansons, il y en a, c'est juste que JARREAU perd de plus en plus de son swing, "de son soul" comme dirait BB KING dans Cheeseburger Film Sandwich. Mais "All or Nothing..." fait correctement son boulot d'intro funk-pop universelle, "Way to Your Heart" propose un refrain franchement prenant et accrocheur, et surtout "So Good" explose tout avec son David Sanborn en mode crevard : une intro pareille, ça vous ouvre les braguettes plus vite qu'une stagiaire en assistanat de direction. C'est ruisselant de classe et un poil vulgaire, un tout petit poil, minuscule. On ne va pas se mentir : on aime ça.

Mais le souci de cet album, c'est que là où ses prédécesseurs pouvaient se permettre une chanson moins intéressante, deux à la rigueur, Heart's Horizon les collectionne. Pas des horreurs, hein, rien n'est inécoutable - bien que les sons de synthé, de flûte notamment, piquent assez fort. Il n'empêche que l'ennui arrive très vite, là où tous les albums précédents arrivaient à vous embarquer jusqu'au port d'arrivée. Al met de l'implication mais il y a toujours un petit truc qui manque : un refrain intéressant, des harmonies assez complexes, un rythme humain. Le point de non-retour arrive sur "I Must Have Been a Fool", qui est très moderne, synthétique, foisonnante, et qui fait trop Chicago 18 pour être honnête : il n'y a plus rien de JARREAU, et du coup toute la face B se traîne en longueur.

C'est le principal problème, plus grave encore que la froideur de la production (oubliez L is for Lover qui, avec le recul, n'a rien de choquant) : l'impression que l'album dure 60 solides minutes alors qu'il n'en fait que 48. Cette fois les très bonnes chansons n'arrivent pas à faire passer la pilule, et c'est d'autant plus dommage que les musiciens impliqués ont un pedigree de haute classe. Mais Al JARREAU n'est pas le seul artiste à avoir perdu pied pendant ces années-là en multipliant les producteurs et les couches de programmation ; l'essentiel est : arrivera-t-il à retomber sur ses pieds, lui qui n'avait pas pour habitude de choir ?

A lire aussi en JAZZ par BAKER :


Paula COLE
Ballads (2017)
Jazz ouaté, long voyage en coolitude




Al JARREAU
Moonlighting (1987)
La classe américaine


Marquez et partagez





 
   BAKER

 
  N/A



- Al Jarreau (chant, prog)
- Bobby Mcferrin (chant)
- Dennis Matkosky (claviers)
- Bobby Caldwell (claviers)
- Jay Graydon (claviers)
- John Van Tongeren (claviers)
- Russell Ferrante (claviers)
- Randy Goodrum (claviers)
- Gardner Cole (claviers)
- Philippe Saisse (claviers)
- Bill Champlin (claviers, choeurs)
- George Duke (claviers, prog, fretless bass, batterie, guitare)
- Paul Jackson Jr (guitare)
- Kevin Chokan (guitare)
- Earl Klugh (guitare)
- Michael Landau (guitare)
- Freddie Washington (basse)
- Abraham Laboriel (basse)
- Stanley Clarke (basse)
- John Robinson (batterie)
- Ricky Lawson (batterie)
- Carlos Vega (batterie)
- Marc Russo (saxophone)
- David Sanborn (saxophone)
- Brandon Fields (saxophone)
- Kirk Whalum (saxophone)
- Dan Higgins (saxophone)
- Bill Reichenbach (cuivres)
- Gary Grant (cuivres)
- Jerry Hey (cuivres)
- Lew Mccreary (cuivres)
- Paulinho Da Costa (percussions)
- Alex Brown (choeurs)
- Carl Carwell (choeurs)
- Howard Smith (choeurs)
- Josie James (choeurs)
- Lynn Davis (choeurs)
- Tamara Champlin (choeurs)
- Tommy Funderburk (choeurs)
- Phillip Ingram (choeurs)
- Marcy Levy (choeurs)
- Bobby Kimball (choeurs)
- Phil Perry (choeurs)
- Gene Reed (choeurs)
- Patricia Unaitis (choeurs)
- Roy Galloway (choeurs)
- Vonda Shepard (choeurs)


1. All Or Nothing At All
2. So Good
3. All Of My Love
4. Pleasure Over Pain
5. Yo' Jeans
6. Way To Your Heart
7. One Way
8. 10k Hi
9. I Must Have Been A Fool
10. More Love
11. Killer Love
12. Heart's Horizon



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod