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- Style : Têtes Raides, Pierre Perret , Renaud, Mano Negra, Les Vrp

Les OGRES DE BARBACK - Du Simple Au Néant (2007)
Par RAMON PEREZ le 1er Mars 2021          Consultée 88 fois

Cette fois-ci, la pochette annonce la couleur. Sur la forme, on est dans la continuité, avec toujours ce rond central que l’on retrouve ici en bleu après, dans l’ordre, le rouge, le jaune et le vert des parutions précédentes. Le bleu, couleur de l’eau et de notre Terre, mais aussi de la nuit ou du froid. Comme une indication de ce qu’est l’ambiance de ce cinquième album qui s’éloigne considérablement de la chaleur musicale habituelle du groupe, de son côté festif, pour explorer un nouveau versant plus inquiet. D'aucuns diraient plus mature, plus adulte, si jamais ces mots veulent vraiment dire quelque chose.

N’en faisons pas trop, ce disque est loin d’être sinistre ou désespéré. Il y a même pas mal de moments légers ou amusants. Les jeux de mots maritimes du deuxième morceau puis les questions/réponses du suivant. Plus loin, le craquage rock’n'roll pour la déclaration d’amour de Fred à sa guitare et surtout l’excellent "Con et blasé", portrait fort bien croqué de ce type que l’on connaît tous. Mais il y a tout au long du disque une grande réflexion, presque un concept, autour du temps qui passe et qui efface tout. C’est le sens du titre de ce disque, Du simple au néant, une nouvelle une fois bien fourni puisqu'il dure presqu'une heure. Une heure aboutissant à ce lapidaire constat : "Il ne restera rien".

Ce thème se développe dans plusieurs directions. Il y a l’idée qu’une seule et simple vie, c’est trop peu pour la gâcher avec des idées à la con, particulièrement la haine des autres dont différentes formes constituent le fond d’une partie des chansons. Il y a aussi les petites joies et peines qui font une vie (des histoires d’amour, de rupture, de transmission) ou les enseignements de l’âge ainsi que de la sagesse (la plupart des invités de ce disque ne sont pas des musiciens mais plutôt des intellectuels à tendance humaniste venus glisser quelques réflexions entre deux chansons – Albert Jacquard, Hubert Reeves mais aussi Daniel Mermet qui discourt sur le sens de l’Histoire à deux reprises). Les OGRES adoptent donc un ton assez sérieux cette fois, ce qui peut en rebuter certains. Mais il est indiscutable que cela amène de grandes choses, en particulier une chanson sur l’inquiétude absolument poignante : "Pas bien".

Ce qui rend le disque vraiment intéressant, au-delà de sa thématique fouillée, c’est le travail musical fait pour l’installer dans une ambiance collant au plus près de son propos. Les OGRES repoussent assez loin leurs limites stylistiques tout en restant bien sûr eux-mêmes. La direction a changé, devenant nettement plus mélancolique que festive. Cet enregistrement pourrait sans peine servir de bande originale à un film ou un spectacle traitant du temps passé et enterré, sans nécessairement de nostalgie mais avec la force évocatrice des souvenirs. Par exemple, le travail sonore autour des cordes, que l’on entend beaucoup, fait vraiment penser à certaines musiques des années 30 qui ont souvent servi par la suite à faire revivre un monde révolu. "Pour tant qu’il y aura des hommes", l’instrumental de l’album, représente très bien cet aspect des choses.

Cette patine rétro de la musique est d’autre part fréquemment équilibrée par des choses beaucoup plus modernes. Du simple au néant utilise davantage les instruments électriques et même électroniques que ses prédécesseurs. Guitares et claviers apportent des couleurs étonnantes tout du long, des effluves reggae ou des accents franchement rock. L’album est parsemé de petits collages mais aussi de rythmiques étonnantes pour un disque des OGRES. Les influences d’Europe de l’Est sont réduites au strict minimum pour laisser davantage de place à d’autres idées. On peut noter en particulier l’introduction de sons africains, l’arrangement à la Dany ELFMAN/Tim Burton de la nouvelle version de "Jérôme" ou le très étonnant "Ni Dieu ni dieue", construit comme un très long decrescendo (ce qui est bien plus rare que l’inverse). Pour finir sur le côté musical, mention spéciale à Mathilde qui fait un superbe travail au piano, très créatif et expressif.

Cet album n’est sans doute pas le plus simple d’accès de la discographie des OGRES. Pas le plus aimable, ni le plus abouti. Mais c’est l’un des plus riches et inventifs. Parfois, je le trouve vraiment très bon, d’autres fois un peu faible. Alors, je suis embêté pour lui mettre une note. Je tranche avec le fait qu’il n’y ait pas particulièrement de chanson de la trempe des classiques du groupe ici. C’est peut-être une conséquence de cette approche "concept album" qui crée un ensemble équilibré plutôt que quelques morceaux qui ressortent. Par ailleurs, ce côté conceptuel a amené le groupe plus loin que le simple versant musical puisque tout un travail autour de la vidéo a été mené, avec un clip réalisé pour chaque chanson. Cela confère finalement une autre dimension en termes d’expression artistique. Mais, surtout, c’est avec Du simple au néant que les quatre frères et sœurs ont proposé leur spectacle le plus abouti. Comme un grand développement de l’idée dont je parlais derrière "Ni Dieu ni Dieue", il consistait à ranger la scène au fur et à mesure du concert. Des dizaines d’instruments étaient là au début ; ça finissait par une scène complètement vide. Même pas un micro, il fallait tendre l’oreille ! "Il ne restera rien", pas même un live pour en garder le souvenir (il existe tout de même un DVD). Mais du néant surgit souvent de nouvelles vies. A suivre donc.

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   RAMON PEREZ

 
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