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GRUNGE VERSION IGGY  |  STUDIO

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- Membre : The Stooges , David Bowie , Blondie, Samhain
 

 Iggy Pop, The Rock Iguana (1250)

Iggy POP - American Caesar (1993)
Par NOSFERATU le 2 Octobre 2021          Consultée 361 fois

It’s 1993, ok. La pochette donne un peu le ton : lettrages grungy, IGGY torse nu, les cheveux longs tombant sur les épaules. Tout a l’air encore une fois en place, bien dans ces rugissantes nineties. Mais d’abord, que se passe t-il donc durant ces années ? Le trop hétérogène Brick by Brick a montré un IGGY qui veut en découdre scéniquement parlant. Je l’avais vu à l’époque à Marseille et le show tenait la route. Il jouait de la guitare, instrument qu’il maîtrise plus ou moins depuis 68, refusant alors de faire le pître comme à ses époques antérieures, sinon pour montrer son impériale zigounette de temps en temps. Il était accompagné d’une bande de hardos grunge efficace, conseillé, paraît-il, par son propre fils Eric, fan de thrash metal devant l’éternel, qui jouait alors dans d’obscurs groupes. Ce backing band va quasiment le rester jusqu’en 2002.

En 93, il obtient même un gros hit, le fameux "In The Death Car", sorte de rap/reggae à l’atmosphère onirique, composé avec GORAN BREGOVIC qui atteint même la seconde place du top 50 en France ! Ce sympathique hit est une pièce maîtresse de la bande-son du film d’Emir Kusturica, le très surréaliste [Arizona Dream et c’est son jeune pote, l’acteur Johnny Depp, fondu de rock dur, qui lui a conseillé de se joindre à cette entreprise.

L’explosion de NIRVANA a laissé des traces non indélébiles sur le rock mainstream. Avec le trio désespéré de Cobain, on est passé d’un rock fondamentalement bruitiste (réécoutez la boue Melvinienne de Bleach) à une opération commerciale basée sur la formule quiet/loud avec l’emblématique Nevermind sorti deux ans auparavant. Notre roi lézard les adore et jalouse au fond de lui le succès de ses héritiers (Cobain classait alors dans ses maniaques classements de disques sur ses carnets les trois premiers STOOGES dans ses différents tops à côté d’un autre disque de NEIL YOUNG). NIRVANA et toute l’artillerie grunge (surtout les MELVINS qu’il vénère aussi) de l’époque l’inspirent ainsi pour cet American Caesar qui montre ici une certaine efficacité. Ouf, il était temps !

C’est Daniel Lanois, l’ingénieur du son de U2 et DYLAN, qui s’attelle à la production. Certes, encore une fois (notre indécrottable idéologie punk revient comme d’habitude sans être bien sûr intégriste), on aurait préféré un Steve Albini. IGGY est le principal compositeur et cet album révélant une certaine maturité ne tombe pas non plus dans le piège de la compromission mercantile.

Il revient à une rage plutôt authentique comme peut l’illustrer ce "Wild America" au riff entêtant. Un type tendu avant d’entrer dans le studio vient rapper quelques mots sur ce titre assez incandescent. C’est HENRY ROLLINS, l’ancien poète du combo punk hardcore BLACK FLAG avec son énorme tatouage sur le dos "Search and Destroy" de qui vous savez. Mais écoutons IGGY raconter l’anecdote : "Henry Rollins est passé nous voir en studio. Les micros étaient branchés, au milieu d’un break de guitare je lui ai posé cette question : "Est-ce que tu as quelque chose à dire à l’Amérique ? Je lui ai passé le micro et il a sorti cette phrase comme ça : je voudrais dire qu’à ce point, je suis américain 24 heures par jour, 7 jours par semaine et 365 jours par an. Le plus incroyable c’est qu’avec lui on ne sait jamais à quel degré il faut le prendre !"

Un morceau comme "Hate" renvoie un peu à la violence des STOOGES, avec un final plutôt jubilatoire. "Boogie Boy", assez stoogien aussi, alterne riffs et vocaux plutôt foufous. "Plastic And Concrete" est une sorte de punk rock sautillant dans sa construction. "Sickness" lorgne vers le rock un peu grunge de l’époque. Et il y a la fameuse reprise bien déchirée de "Louie Louie" avec le toucher de son nouveau complice guitariste, Eric Schermerhorn massacrant ce classique de RICHARD BERRY qui, dans les années 70, avait déjà été horrifié par la version ultime des STOOGES.

Voilà pour l’électricité retrouvée ! Sinon, il y a de jolies ballades : "Jealousy" est assez marquée par les romances vérolées du VELVET UNDERGROUND, l’une des plus grande influences de Mr Osterberg. Ce dernier tente d’approcher l’atmosphère d’un Nick CAVE (encore un fils putatif) qu’il adore par-dessus tout. "It’s Our Love" est follement planante ainsi que "Social Life". Une autre dénommée 'Fuckin Alone" dégage une ambiance vaudou (n'oublions pas que le disque a été enregistré à la Nouvelle-Orléans) au début mais est vite entachée par une suite trop poussive.

D’autres chansons dénotent par leur singularité. "Character" ouvre l’album par une sorte d’instrumental folky assez inquiétant. "Mixin Colors" possède un tempo plutôt bluesy. IGGY chante merveilleusement bien sur "Higway Son" qui sonne un peu du côté du GUN CLUB (encore des disciples !). De même que sur le radiophonique "Beside You" avec la folkeuse alternative LISA GERMANO qui passe comme une lettre à la poste. Et on termine par un spoken word légèrement expérimental ("Caesar") marqué par un rire démoniaque.

Un disque honnête que l’on peut mettre dans le top de la discographie bien hétéroclite de notre iguane chéri.

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- Ggy Pop (guitare, chant)
- Eric Schermerhorn (guitare)
- Malcolm Burn (guitare, claviers, harmonica)
- Hal Cragin (basse)
- Larry Mullins (batterie, percussions)


1. Character
2. Wild America
3. Mixin Colors
4. Jealousy
5. Hate
6. It’s Our Love
7. Plastic And Concrete
8. Fuckin Alone
9. Highway Song
10. Beside You
11. Sickness
12. Boogie Boy
13. Perforations Problems :
14. Social Life
15. Louie Louie
16. Caesar



             



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