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ROCK STONIEN   |  STUDIO

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- Membre : The Stooges , David Bowie , Blondie, Samhain
 

 Iggy Pop, The Rock Iguana (1094)

Iggy POP - Kill City (1977)
Par NOSFERATU le 31 Octobre 2019          Consultée 624 fois

1974, ok. Le disque live “metallic ko” montre les ultimes concerts hallucinants des STOOGES en pleine décomposition psychique. Depuis 69, les crétins d’Iggy ont révolutionné à eux seuls les codes du rock dur, montrant au garage d’autres voies déviantes gràce à une écoute approfondie du VELVET UNDERGROUND, du MC5, des WHO, des DOORS, de BLUE CHEER. Le tout joué de façon psychédélique, heavy, avec une folie rare.
On oublie cependant la principale référence, celle des ROLLING STONES. Iggy idolâtre ainsi Keith Richards, le guitariste de ces derniers comme la plupart des “protopunkers”. Ses mémoires intitulées “I need more”, datant déjà des années 80, sont d’ailleurs dédiées au flamboyant gratteux des “pierres qui roulent”. Il ne faut pas non plus oublier que les STONES, avant de devenir, à partir de 71, des “rockeurs stadium” fatigués par la coke, étaient en matière de sauvagerie les premiers de la classe surtout de 62 à 69, (allez avec aussi les WHO, les TROGGS et les PRETTY THINGS qui les suivirent de peu). Tous les “garage bands” pullulant par la suite aux Etats-Unis (SEEDS, MUSIC MACHINE, REMAINS…) n’existeraient pas sans eux, ni donc les STOOGES, ce groupe garage de Détroit épris aussi d’avant-garde. Sur le premier disque, ces derniers apparaissent d’ailleurs tous comme des clones de Brian Jones.
“Kill city” est ainsi un disque stonien. Le contexte d’abord ? L’iguane est dans une période particulièrement dangereuse. Il abandonne son groupe car il est épuisé physiquement et surtout mentalement. Il se réfugie si on peut dire à Los Angeles, ville de tous les excès, en pleine fête “glam rock”. Il y loue un appart avec son guitariste James Williamson, lui-mème junkie qui n’arrivait plus à rester debout durant les derniers concerts des STOOGES. Groupies, dopes dures, putes défoncées. Il s’amuse à s’habiller en femme et se fait régulièrement tabasser par les surfeurs du coin. Un jour, il se balade à Hollywood et manque de se faire écraser par un chauffard qui le traite de “sale punk” et qui n’est autre que... John Wayne ! Deux symboles de l’Amerique d’alors, aux deux pôles diamétralement opposés.
Musicalement, l’Ig est vu par ses contemporains comme un “has been”. Cependant, Ray Manzarek, l’ancien clavier des DOORS, le prend un peu en charge car il rêve de travailler avec celui qu’il considère comme le digne successeur de son ami Jim Morrison, alors décédé trois ans plus tôt à Paris. On parle même d’une reformation des DOORS avec notre reptile favori. Peine perdue, les répétitions sont chaotiques. Jim Osterberg apparaît à poil pour la première répet, complètement à l’envers.
Très logiquement, il séjourne alors en hôpital psychiatrique. De temps en temps, il en sort pour répéter désormais avec Williamson, avec qui il se sent en confiance. Nos deux “glitter punks” deviennent potes avec Tony et Hunt Sales, deux musiciens ayant joué avec l’extravagant TODD RUNDGREN et futurs TIN MACHINE dans les années 80 avec le beau DAVID BOWIE. La genèse de “Kill city” apparaît ainsi dans cette période complètement “bordeline” qui est le premier album solo d’iggy ou, pour certains, le dernier album des STOOGES.
Laissons la parole au “rock critic” Yves Adrien, celui qui propagea la bonne parole punk en France dès 71 : “C’est à Kill City qu’était mort Jim Morrison et non à Paris. Iggy savait cela. Ici, peu importait que l’on soit Iguane ou Lézard. Kill City était un purgatoire embrumé, un aquarium au fond duquel, yeux clos, les reptiles somnolent sous le soleil glauque”.
Et les démos, enregistrées au printemps 75 chez un certain Jim Webb, compositeur plutôt connu localement, qui en sortent montrent donc un retour aux racines “stoniennes”, au rythm and blues salace mais bien malmené quand mème. Mais ce n’est plus le garage punk minimaliste du premier album des STOOGES, ni l’ultra violence “metallique” de “fun house”, encore moins le rock' n' roll apocalyptique de “raw power”. Un souci d’assagissement, peut-être. C’est quasiment du “revival” sixties, un peu imparfait mais dégageant un certain charme rétro, voire décadent. Avec du piano, du saxo (“beyond the law”), divers arrangements percussifs (congas, percussions), des choeurs (“I got nothing”). Et la voix, unique, qui délire un peu (“I got nothing”) ou carrément émouvante sur la balade vérolée de “johanna”. Pas loin de “Beggars Banquet”, l’illustre album proto swamp americana des STONES pour l’atmosphère bluesy qui s’en dégage.
On est passé à une autre époque, celle du “glitter” (qui ne va pas tarder cependant à mourir). Les chansons enregistrées n’intéressent personne. Restent les paroles, montrant que Iggy savait être un sacré poète gonzo. Rien que celles de la chanson éponyme, le meilleur titre de l’album, valent le détour: “J’habite Kill City, là où tous les débris rejoignent la mer. C’est un terrain de jeu pour les riches mais pour moi, c’est un fusil chargé. L’endroit est fascinant, mec, et tout y est gratuit. Jusqu’à ce que tu te retrouves dans une salle de bains, overdosé à genoux.”
Les démos sortiront en 77 sur le label Bomp durant l’époque punk. L’album est à réhabiliter. “Kill city”, dans la disco de la “caillera” d’Ann Arbor devient, avec le temps, une oeuvre culte. Tous les NICK CAVE, JON SPENCER et autres MARK LANEGAN ont dû tirer la “subsantifique moëlle” de ce disque maladroit (mais qui possède un certain charme sulfureux) pour réaliser leurs skeuds respectifs.
En attendant, DAVID BOWIE, son pote alors en pleine célébrité “white soul” (le hit “fame”), vient le voir à l’hôpital avec sa compagne Ola et le fils de cette dernière, le petit Slash (futur GUNS AND ROSES qui jouera plus tard avec notre rocker number one ) pour le persuader de bosser avec lui. La suite ? Voir les chros de “The idiot” et “Lust for life”.

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   NOSFERATU

 
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- Scott 'troy' Thurston* (basse, harmonica, synthés)
- Hunt Sales (batterie)
- Brian Glascock (percussions)
- James Williamson (guitare)
- John 'the Rookie' Harden (saxophone)
- Iggy Pop (vocaux)


- sell Your Love
- beyond The Law
- i Got Nothin'
- johanna
- night Theme
- night Theme (reprise)
- consolation Prizes
- no Sense Of Crime
- lucky Monkeys
- master Charge



             



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