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- Membre : The Stooges , David Bowie , Blondie, Samhain
 

 Iggy Pop, The Rock Iguana (1433)

Iggy POP - Preliminaires (2009)
Par NOSFERATU le 24 Mars 2023          Consultée 271 fois

L'Iguane remet ses habits de crooner ! Cet album d'Iggy POP, intitulé Préliminaires, dévoile une facette encore peu connue de l'artiste. Musicalement différent, on y trouve des balades jazzy aux sonorités modernes.
On le sait, l’iguane est un crooner dans la lignée de ses idoles, Frank SINATRA, Elvis PRESLEY, ou Jim MORRISON. Sa belle voix grave est reconnaissable et, dans cet exercice, on avoue qu'elle s’y prête parfaitement, à côté du 'métal punk' dont il a inventé pratiquement la formule. On repense ainsi à certaines chansons extraites du faramineux The Idiot ou du plus bancal Avenue b.
Là, le fondateur des cruciaux STOOGES dévoile son admiration pour la culture française. Iggy et la France ? C’est bien sûr une longue histoire d’amour. Déjà, la 'phrence' comme on l’écrivait dans la presse musicale des 'early seventies' a toujours été une patrie pour les sans-grades ou les marginaux du rock anglo-saxon. Pensez donc aux combattants du 'proto punk' que furent Mink DE VILLE, Johnny THUNDERS, Alan VEGA et notre iguane, tous descendus en flêche quasiment dans leur terroir d’origine mais qui furent accueillis à bras ouverts durant les fièvreuses années 70 par une certaine intelligenstia d’ici (des rocks Critics comme Yves Adrien, Eudeline ou des activistes à la Marc Zermati). Si le rock français du moment pataugeait encore souvent dans des caricatures sympathiques (style les FRENCHIES de Jean-Marie Poiré !), on reconnaît que la presse avant-gardiste défendait avec ardeur ce rock underground d’outre-Atlantique foutant la trouille aux hippies et aux bourgeois pompidoliens.
Et quand ses amis 'bordeline' offraient un article de Rock & Folk à Iggy en 71, le fameux article "Je chante le rock électrique" d’Adrien, dans une baraque de camés à Détroit, (la 'fun house'), ce dernier n’arrivait même pas, d’après ses dires et des études d’anthropologie, à situer notre hexagone sur une carte.
Et les références à la France, il y en a à la pelle dans ce disque de l’ami de la belle Françoise HARDY.
Le disque étant en partie influencé par l’œuvre de l’écrivain foutraque gentiment réactionnaire Michel Houellebecq (le dernier auteur crédible de la littérature française ?) intitulée La possibilité d'une île. Tous les thèmes développés dans cette dernière (sexe, futur de l’humanité, pouvoir tyrannique des enfants) qu’Iggy avait lu, paraitrait-il presque par hasard, l’ont convaincu de créer une illustration sonore. Les deux huluberlus se rencontrent et l'écrivain, en vrai fan, trouve Iggy, selon ses dires, adorable.
Quant à Marjane SATRAPI, l’auteure du très bon roman graphique et du tout aussi sensible film qui a suivi, dénommé Persépolis, en a réalisé la pochette.
Il y a ainsi le poème de Jacques Prévert "Les Feuilles Mortes", surtout connu par l’interprétation d’Yves MONTAND. Rien d’étonnant. Au fil de sa carrière, l’Iguanodon s’est entiché des œuvres de GAINSBOURG, de FERRE, d’AZNAVOUR. L’album commence ainsi par ce standart de la chanson française. On remarque que le superbe organe vocal de l’Ig s’en tire finalement pas trop mal, avec un saxo langoureux en toile de fond.
Dans le registre du jazz électronique, on est plus ou moins bien servi. "I want to go the beach" est une assez bonne balade planante. Dans la chanson suivante "Je sais que tu sais", c'est l’épouse de HOUELLEBECQ, Lucie Aimé, qui répond à son mari au sujet des femmes. C'est une sorte de 'spoken words' avec un côté gentiment tribal. "Spanist Coast" est aussi une chanson doucement 'spatiale'. La reprise d'un vieux tube bossa nova de 1963 "How Insensitive", dans la même veine, nous fait bailler d'ennnui. "Party Time" relève un peu le niveau, avec ses cliquetis électros.
"King of the Dogs" est une reprise sympathique de Louis ARMSTRONG, le grand maître du jazz 'new orleans'. "He’s Dead She Alive" et "She’s a Businness" avec ses vocaux trafiqués retrouvent justement cette amostphère bluesy qui aurait dû mieux irradier le disque. "A Machine For Loving" sonne comme du 'spoken words' acoustique inconfortable.

C’est donc un disque se voulant bluesy, mais un blues plus proche de soirées 'chébrans' plus ou moins 'lounge'. Ni académique, ni expérimental, un peu bâtard en fait. Tout ceci est plaisant à l’oreille mais le tout manque cruellement de réelle consistance. Iggy tente d’égaler les plus grands, Tom WAITS ou Nick CAVE qui, dans le style, touchent des sommets. Le genre d’enregistrement que l’on écoute respectueusement, calibré pour des bobos parisiens qui n’ont jamais écouté de leur vie L.A Blues et ne connaissent pas ce qu’est une fosse punk déchaînée. A ceux qui apprécient le 'rock littéraire' à la Rdodolphe BURGER, le 'skeud' devrait convenir. Aux mecs friands de rock 'high energy' comme moi, c’est juste un CD, à la limite, pour 'pécho' une bourgeoise trentenaire fan de FEU CHATTERTON ! dans une soirée.

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   NOSFERATU

 
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- Iggy Pop (vocaux)
- Hal Cragin (basse, guitare, percussion, synthés...)
- Kevin Hupp (batterie)
- Jon Cowherd (piano)
- Clarence L. Banks (trombone)
- Tim Ouimette (trompette)
- Marc Phaneuf (clarinette)
- Lucie Aimé (vocaux)


1. Les Feuilles Mortes
2. I Want To Go To The Beach
3. King Of The Dogs
4. Je Sais Que Tu Sais
5. Spanish Coast
6. Nice To Be Dead
7. How Insensitive
8. Party Time
9. He's Dead / She's Alive
10. A Machine For Loving
11. She's A Business
12. Les Feuilles Mortes (marc's Theme)



             



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