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POST POP  |  STUDIO

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- Membre : The Stooges , David Bowie , Blondie, Samhain
 

 Iggy Pop, The Rock Iguana (877)

Iggy POP - Post Pop Depression (2016)
Par LONG JOHN SILVER le 25 Avril 2016          Consultée 3139 fois

Mais comment se fait-il que Post Pop Depression soit à ce point déconcertant ? Alors qu’il est ouvertement, intrinsèquement, indubitablement, et j’en passe et des imparablement... Facile ! Trop facile, tellement que c’en deviendrait presque inquiétant. Point qu’il a en commun avec le miraculeux dernier MANSON. Et là encore, une fois qu’on a dit ça, tout est dans le presque. Alors autant essayer de présenter l’objet en abordant ce qu’on voit en premier, selon qu’il s’agisse de son titre ou de la photo de la pochette en noir et blanc, au grain arty archi soigné. Non seulement un chanteur légendaire, mais avant tout un groupe de musiciens, dont l’un attire tout de suite l’attention. Bien choisir son titre est déjà un art en soi, pas si simple de tenir un truc qui claque, pourvu d’une allitération, qui dise exactement ce qu’il en est en peu de mots. Comme du Pop Art, quoi. Iggy a de la chance, il est bien né dans la famille Pop. On choisit pas sa famille, tout le monde sait cela. Mais voyez-vous, même dans cette là, ça va pas très fort non plus. D’ailleurs, est-on dans une dépression post pop culture ou dans la dépression de la culture post-pop ? Iggy Pop, un dépressif ? À moins que ce soit le cas de l’autre star du projet. Oui, je sais, on peut tout aussi bien se taper de toussa.

Causons pochette alors. Sur la photo, la dégaine du Elvis roux crève l’écran. Même s’il a pris soin de se placer à la droite du Pop. Ici producteur, compositeur et musicien, sa présence est porteuse d’une telle identité qu’il faut avoir le charisme d’Iggy pour poser à sa gauche. L’équilibre, tout est question d’équilibre. Les secondes lames occupent la droite du cliché, ce sont des fidèles du Joshua Tree où on a bossé sur ce disque avant de le parachever à Burbank, quelque part en Californie, en trois semaines. Entièrement sur le terrain de Josh. Iggy Pop s’était contenté de lui envoyer un texto : « ça te dirait qu’on bosse ensemble sur un disque ? ». Enregistrer avec Josh Homme, c’est comme enregistrer avec Prince, on va tout de suite reconnaître le sceau. Du point de vue artistique, Josh semble rechigner à signer un disque complet de chansons depuis l’inoubliable Song For The Deaf, ça avait donné les vautours pourris*, entre autres. Ses productions, hors les EAGLES OF DEATH METAL, débordent de tension, d’angoisse, les toxiques sont (presque) partout. Les chansons, les vraies, sont minoritaires. Comme si Josh ne voulait en aucun cas refaire comme sur SFD, simplement des chansons. Alors qu’il demeure un mélodiste remarquable, maniant avec savoir faire les tourneries pop. Autre aspect du gringo du désert, il devient de plus en plus occupé entre deux livraisons des QOTSA, comme s'il bondissait sur les échappatoires que lui procure la reconnaissance de ses pairs.

C’est là que la parole d’Iggy POP arrive par SMS comme portée par une engeance tutélaire : un disque entier de POP tu feras ! Neuf chansons ! Oui neuf ! Avec des couplets et des refrains. Au moins un des deux en tout cas. À quatre mains et à nos frais partagés ! Ainsi parla Iggy. Faut-il s’en étonner ? L’osmose entre les deux hommes fonctionne admirablement. Ce disque épouse leurs personnalités tout en se révélant être un trip en terres pop-rock où les 60’s feraient carillonner le BOWIE 1977. Comment ne pas penser au Thin White Duke en entendant « Gardenia » ? Ce à quoi j’ajouterai que Lou REED n’est jamais loin dans la gorge profonde de l’iguane.
L’album est parsemé de clins d’œil aux années glorieuses pop/rock, à commencer par ceux faits au propre répertoire dudit Iggy. Il s’annonce aussitôt ses premiers instants dévoilés : bluesy, mélodique, borderline... Pop !

D’emblée pop, alors que l’amplitude vocale du personnage nous cueille sur le refrain de « Break Into Your Heart », ses couplets nous ravivent les DOORS, la mélodie est immédiate. À l’autre bout du disque, « Chocolate Drops », autre évidence, est encore plus légère, ponctuée par une ritournelle sur fond de chœurs éthérés. Idéalement placée avant « Paraguay », le clap de clôture. « Paraguay » qui nous renvoie d’abord en 1977 recycle l’esprit de la rengaine « The Passenger » puis le pervertit pour mieux s’évader sur une coda allongée qui rappelle Homme au stoner. Lui laissant, lui et ses sbires, la tâche d’achever l’album. L’iguane aurait-il déjà sauté dans sa Limousine ? Non, en fait le gaillard parle d’un ton solennel dans le micro puis devient vindicatif sur l’étirement du final. Le choix d’avoir fait reposer le son sur quatre types formant une équipe (plus qu’un groupe) s’avère idéal. Dean Fertita et Matt Helders font le job, surtout ce dernier qui est un batteur estampillé pop. Les lignes de basses que se partagent Homme et Fertita sont très soignées. On use souvent le grain saturé envoyé à la sauce Oliveri**. Les rythmiques caoutchouteuses, les mélodies de « Gardenia » et d’ « American Valhalla » rappellent clairement BOWIE alors que le son restitue le clinquant du Swinging London, celui qui vit l’éclosion timide de Mister Jones. Post Pop Depression est un disque rock dans ses intentions et totalement pop jusqu’à en revenir à ses fondations telles qu’établies durant l’âge d’or. Avec comme point d’orgue, le final splendide de « Sunday » tissé par des instruments à cordes et à vent. La mélancolie qui émane de « Sunday » est caractéristique de Josh mais l’élasticité du titre, la distanciation dans le ton, n’appartiennent qu’à Iggy. Autre part, « German Days », chante la décadence encadrée par des riffs Qotsiens, avec ses « champagne on ice » - comme dans l’enfer doré popularisé par des aigles cocaïnés - remémore les années de luxure, on pense à David et Iggy in Berlin, forcément. Deux titres font mine de passer comme des transitions au milieu de tout cela. Pourtant, ils sont parmi les plus acrimonieux : « In The Lobby » ressemble à la rencontre entre Bowie et le Manson millésime 2015, alors que « Vulture » est roué de toxicité nihiliste comme une trace des STOOGES. Au-delà, le quatuor ne va pas s’appuyer sur les épaules du cataclysmique groupe proto-punk de Detroit, ce qui pourrait décevoir les plus keupons d’entre nous. Ce serait ballot. De même, la trame caractéristique tissée par maître Josh pourrait laisser penser qu’on est en terrain balisé.

Avec Post Pop Depression, Mister Joshua réaliserait-il à nouveau un album en forme de catharsis ? Oui, mais celui-ci est implanté du dandysme du Dr Pop, de son organe de crooner investi, or cela en modifie la forme. On peut écouter ce disque en boucle sans problème : il est immédiat, addictif, très – oui désolé d’avoir à me répéter – pop, alors que la durée moyenne de ses titres fleure les cinq minutes. On atteint l’équilibre entre la carrure des chansons d’Iggy et les envies d’espace de Josh. Depuis sa mise en boîte, les événements de Paris ont touché directement des proches de Josh. Et Bowie, dont l’ombre est omniprésente dans l’album, nous a quittés. Pas de quoi être d’humeur primesautière. Pourtant, la solidité de cet opus permet de passer par-delà la dépression annoncée. En fait, cet album est une bonne nouvelle, apportée par des déjà anciens et bien au-delà. Au-delà plutôt qu’alléluia… Post Pop en somme.

* THEM CROOKED VULTURE avec Dave Grohl et John Paul Jones
** Bassiste (un peu trop) furieux, associé à Homme avec KYUSS puis QOTSA

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Iggy Pop (chant)
- Josh Homme (guitare,basse,claviers,voix,percussions)
- Dean Fertita (guitare,basse,voix,claviers)
- Matt Helders (batterie,percussions,voix)
- + Intervenants


1. Break Into Your Heart
2. Gardenia
3. American Valhalla
4. In The Lobby
5. Sunday
6. Vulture
7. German Days
8. Chocolate Drops
9. Paraguay



             



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