Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1990 Backstreet Symphony
1992 Laughing On Judgement...
1995 Behind Closed Doors
1998 Live
2005 The Magnificent Seven...
2006 Robert Johnson's Tomb...
2021 All The Right Noises
2022 Dopamine
 

- Style : Ufo
- Style + Membre : The Union

THUNDER - Behind Closed Doors (1995)
Par GEGERS le 2 Juin 2023          Consultée 327 fois

Durant la première moitié des années 90, les groupes de hard-rock dit 'traditionnel' parviennent peu ou prou à s’accrocher et à tenir bon face à la déferlante grunge, certains livrant des albums plus musclés ou inspirés que durant la fin des années 80, galvanisés par ce challenge qui consiste à rester pertinente et 'dans le coup' face aux appétences nouvelles des auditeurs, tournés vers les nouveaux noms venus d’Amérique à la popularité grandissante. L’année 1995 marque un tournant : la mouvance grunge, initialement pressentie comme une vague, semble s’installer durablement, détournant de plus en plus le public des vieilles gloires qui n’ont pourtant pas encore tout dit. Des albums sortis durant cette année charnière, ceux publiés par AC/DC (Ballbreaker), BON JOVI (These Days) et UFO (Walk On Water) font office d’oasis dans le désert, là où les réalisations de groupes tels que DOKKEN, WARRANT, BLACK SABBATH ou IRON MAIDEN, pour lorgner du côté du Heavy Metal, accusent le coup.
Pendant ce temps-là, en Europe, de jeunes loups biberonnés à la musique distordue et à la fantasy préparent leur coup… et entre tout cela, dans cette incertitude qui frappe alors les rockers en perte de repères, THUNDER tente de creuser son trou. Né à l’aube de la décennie 'maudite', le groupe a fort à faire et s’évertue alors à s’imposer comme un phare dans la brume. Et le groupe fait bien de s’accrocher, puisque l’année 1995 le voit proposer avec Behind Closed Doors un album remarquable, d’une limpidité et d’une force naturelles donnant alors l’impression (l’illusion ?) que le Hard-Rock a encore de beaux jours devant lui.

Pour son troisième album, le groupe anglais ne bouscule pas les choses, mais opère tout de même quelques changements qui auront un impact direct sur son identité sonore. D’un côté, le groupe laisse filer le producteur Andy Taylor (qui participe tout de même à l’écriture d’un morceau) et convoque Mike Fraser, en charge du mixage des deux albums précédents, qui s’occupe ici de la production, en compagnie du guitariste Luke Morley. Enfin, pour faire face à la défection du bassiste Mark Luckhurst, le groupe recrute en février 1993 Mikael 'Micke' Höglund, qui signera ici sa seule réalisation studio avec THUNDER.

Après avoir enregistré des premières démos à Londres, le groupe se rend à Atlanta afin de mettre en boîte Behind Closed Doors, avec pour objectif avoué d’attiser l’intérêt de sa maison de disques américaine, Geffen, qui avait paresseusement effectué la promotion de Laughing on Judgement Day. Las, car si ce troisième album fonctionne plutôt bien en Angleterre (classé 5ème dans les charts) et au Japon, il n'est pas distribué aux Etats-Unis. C’est donc sans aller sur le territoire de la mouvance grunge que THUNDER tente de faire entendre sa voix.

Et quelle voix ! Plus ramassé que l’album précédent, Behind Closed Doors est un véritable travail d’orfèvre. Restant fidèle au Hard-Rock mélodique, largement teinté de blues, qui lui a permis de publier deux albums remarqués, THUNDER se fait moins aventureux que sur Laughing on Judgement Day, tout en restant audacieux et inspiré. Plus agressif aussi, "Moth To The Flame" étant alors le morceau le plus musclé proposé par le groupe. Porté par un riff sombre, il serait 'facile' de déceler ici l’ombre de LED ZEPPELIN, dans ce mélange entre rythmique imposante et influences orientales, mais le refrain plus mélodique renvoie tout ce petit monde vers un Hard-Rock finalement actuel dans sa construction et son interprétation.

A côté de cela, le groupe soigne son funk et le pratique avec brio. Sur "Fly On the Wall", une section de cuivres apporte une richesse évidente à cette envolée hard-rock porteuse d’une énergie communicative. "Too Scared to live" se fait plus funk que jamais, porté par une basse entreprenante, et ces ambiances se voient contrebalancées par des solos lorgnant pour leur part du côté du blues, apportant un intéressant équilibre.
C’est bien là que réside la richesse du groupe, sa capacité à faire cohabiter des ambiances et des styles au sein d’une même composition. Si THUNDER n’est pas avare en titres hard-rock directs et sans fioritures (les excellents "Stand Up", "It Happened in this town" et surtout "River of Pain", un des meilleurs morceaux du groupe, rencontre entre WHITESNAKE et BON JOVI), il exsude le blues et ne se prive pas de nous en faire profiter. "I’ll be Waiting", par exemple, est le genre de plage que l’on écoute au bar, en regardant son reflet dans le miroir, entre les bouteilles de Southern Comfort.

"Castles in the Sand", ballade dont la tendresse des couplets amplifie la force des refrains, est d’une classe folle, qui assoit un peu plus THUNDER comme un groupe faisant preuve d’une sensibilité délectable. Cette même sensibilité que l’on retrouve sur la semi-acoustique "‘Til the River Runs Dry", agrémenté d’un violon délicat. Il y a ici la beauté des morceaux en eux-mêmes, c’est une évidence, mais également, pris individuellement, les prestations flamboyantes de Luke Morley, ses guitares généreuses, et de Danny Bowes, dont le chant habité trouve ici un nid parfaitement adapté pour éclore.

Behind Closed Doors, savoureux de bout en bout, conclut une première période faste pour THUNDER, complétant une panoplie d’albums regorgeant de titres délectables et inspirés. Ce socle particulièrement solide permettra au groupe anglais d’affronter la deuxième partie des années 90 bien plus complexe et cruelle pour les formations Hard-Rock.
En attendant, Behind Closed Doors se fait, comme ses deux prédécesseurs, un album essentiel pour prendre la mesure du talent de ce groupe sous-estimé.

A lire aussi en HARD ROCK par GEGERS :


DARE
Road To Eden (2022)
Que sa volonté soit faite !




MSG
The Chrysalis Years (1980-1984) (2012)
Armed and ready


Marquez et partagez





 
   GEGERS

 
  N/A



- Danny Bowes (chant)
- Luke Morley (guitare)
- Ben Matthews (guitare, claviers)
- Mikael Höglund (basse)
- Gary 'harry' James (batterie)


1. Moth To The Flame
2. Fly On The Wall
3. I’ll Be Waiting
4. River Of Pain
5. Future Train
6. ‘til The River Runs Dry
7. Stand Up
8. Preaching From A Chair
9. Castles In The Sand
10. Too Scared To Live
11. Ball And Chain
12. It Happened In This Town



             



1999 - 2024 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod