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RUNRIG - Recovery (1981)
Par GEGERS le 6 Juillet 2009          Consultée 1999 fois

Le chroniqueur est une espèce nuisible, un tueur d’art en quelque sorte, se permettant de juger une œuvre et, pire du pire, de lui attribuer une note ! Mais comment ose-t-il ?! Comment se permet-il de donner son avis sur une production musicale dont il ne saisira jamais l’essence, de se moquer la plupart du temps de son processus de création et de tenter vainement de retranscrire par des mots stériles et inadaptés son contenu ? De la vermine, je vous dis !
Mais le chroniqueur s’en fout. Lui, ce qui l’intéresse, c’est de faire découvrir au plus grand nombre les albums qui lui ont botté le cul, descendre en flèche les pédants trouvant que sortir un album nullissime est toujours mieux que de s’abstenir, partager ses coups de cœur et ses coups de gueule. Car les simples mots du chroniqueur sont le reflet d’une expérience musicale, la transcription d’un ressenti.
Ainsi, comment évoquer de façon convaincante Recovery, le troisième album des Ecossais de RUNRIG ? Ne connaissant ni l’état d’esprit des musiciens ni les conditions d’enregistrement, comment prétendre ne serait-ce que comprendre cet album ? Mais le chroniqueur est également d’une mauvaise foi déconcertante, et envoie donc se faire voir ses cas de conscience pour se jeter à l’eau !

Ah ! ce fameux troisième album, décrit généralement par les journalistes comme l’album décisif, l’album ‘ça passe ou ça casse’. Le premier album étant celui du tâtonnement, le deuxième celui de la révélation, le troisième album est celui de la confirmation. S’il est bon, alors plus aucun doute : le groupe ira loin, c’est certain, nous disent nous amis journaleux. S’il est mauvais, alors catastrophe : le groupe va rapidement splitter ! Foutaises, car ce troisième album de RUNRIG n’est ni bon ni mauvais.

Alors que The Highland Connection, très rock et mordant, montrait un groupe plein de fougue et d’envie d’en découdre, Recovery se révèle plus posé, plus folk, quasiment ethnique. Dès « An Toll Dubh », constitué d’une partie rythmique entraînante et de parties de chant collégiales, l’auditeur se voit propulsé dans l’Ecosse rurale de début de XXème siècle. RUNRIG nous prend par la main pour nous emmener dans ses Highlands brumeux, à la fois froids et chaleureux. Et si sur « Rubh nan Cudaigean » les guitares font leur apparition, ce n’est que pour mieux soutenir des paroles jouant le rôle d’instructions. Toute personne souhaitant savoir comment entretenir efficacement ses filets de pêche s’y réfèrera certainement.

Mais ces scènes dépaysantes de la vie quotidienne dans les Highlands sont aussi prétextes à une réflexion plus générale sur l’Ecosse. « Recovery », le morceau, se révèle être une des grandes réussites de cet album. Parfaitement soutenu par une guitare folk apaisante et un accordéon discret, Rory MACDONALD prend alors le micro pour parler de ces Highlands maltraités, vidés sauvagement de leurs habitants, enfin libérés des conflits et des oppressions. Les conflits, RUNRIG y consacre une grande part de cet album, avec « Fuaim a Blaire » (que l’on traduirait par « Le bruit des combats »), rappelant que durant les deux guerres mondiales, l’Ecosse fut la région du Royaume-Uni qui envoya le plus de soldats au combat proportionnellement à sa population, tandis que « Tir An Airm » critique ouvertement l’omniprésence militaire en Ecosse durant la Guerre Froide. Soutenu par des guitares mordantes et une mélodie marquante de Malcolm JONES, ce morceau est sans doute un des plus convaincants de ce Recovery, qui souffre malgré tout d’un manque de cohésion entre les morceaux le composant, ainsi que de la présence de titres dispensables, tels que le peu inspiré « Nightfall on Marsco ».

C’est finalement la dernière partie de l’album qui se révèle être la plus intéressante. « The Old Boys », un des rares morceaux chantés en anglais sur cet album, voit le chanteur Donnie MUNRO nous faire frissonner sur une mélodie intimiste composée de claviers et d’orgue discret, tandis que la ballade finale, « Dust », pourrait être qualifiée, pour reprendre une expression de Calum MACDONALD, de « negro spiritual pour les Ecossais ». Il est vrai que la mélodie acoustique lancinante et l’alternance entre les voix de Donnie MUNRO et Rory MACDONALD dotent ce morceau d’une ambiance quasi-religieuse.

Se gardant bien d’offrir du grain à moudre à ses détracteurs le qualifiant de groupe « simplement » celtique (la cornemuse n’étant présente que sur « Breaking the Chains »), RUNRIG continue son bonhomme de chemin avec un album inspiré mais ne tenant pas la comparaison avec l’excellent The Highland Connection. Mais l’avenir montrera bien vite que RUNRIG est un groupe empli de ressources insoupçonnées !

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   GEGERS

 
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- Rory Macdonald (basse, chant)
- Calum Macdonald (batterie, percussions)
- Malcolm Jones (guitare)
- Donnie Munro (chant)


1. An Toll Dubh
2. Rubh Nan Cudaigean
3. 'ic Iain 'ic Sheumais
4. Recovery
5. Instrumental
6. 'stu Mo Leannan / Nightfall On Marsco
7. Breaking The Chains
8. Fuaim A Bhlair
9. Tir An Airm
10. The Old Boys
11. Dust



             



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