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GRATEFUL DEAD - Aoxomoxoa (1969)
Par SASKATCHEWAN le 10 Mai 2011          Consultée 2740 fois

Aujourd’hui, on a un peu oublié le GRATEFUL DEAD, qui serait le groupe le plus cool de l’histoire du rock si les ROLLING STONES n’existaient pas. Dur de rivaliser avec des types qui n’hésitent pas à se briser le crâne en tombant du haut d’un cocotier. Le problème du GRATEFUL DEAD, c’est qu’entre leur musique et l’image que s’en font les gens, il y a un gouffre béant. La bande à Jerry GARCIA est souvent cataloguée « gentils hippies drogués qui font du bruit avec des kazoos et des crécelles », alors que, non, GRATEFUL DEAD c’est un authentique groupe de rock qui pourrait en remontrer à bien des cadors du genre. Là, généralement, je suis accueilli les ricanements sceptiques de ceux qui n’ont jamais croisé la route du mort reconnaissant. Pour les faire taire, j’ai mon arme secrète, celle que les amateurs de Kubrick ont surnommé « l’album atomique infernal », le tout beau, le très chouette, le super rigolo Aoxomoxoa.

Nous sommes en 1968, la rêve-équipe est au complet depuis l’arrivée de Tom CONSTANTEN aux claviers, qui, tout comme Phil LESH, a bénéficié d’une formation en musique moderne à l’université de Berkeley. Les deux larrons sont de grands admirateurs de Gustav MAHLER, ce qui est toujours bon signe (un certain Dimitri C. partage ce penchant coupable). Dilemme : avec un claviériste de plus, le problème des technologies d’enregistrement se pose avec encore plus d’acuité pour le groupe, qui peine à restituer la fougue de ses concerts bordéliques sur disque. Plutôt que de réaliser un immense collage de fragments pris en studio et en concert comme sur Anthem of the Sun, le DEAD commande un jouet inédit à l’époque : un enregistreur seize pistes, c'est-à-dire deux fois plus de possibilités d’ajouter des sons improbables à chaque morceau. Les sessions studios vont s’éterniser pendant des mois, jusqu’au printemps 1969, avec à la clef l’un des meilleurs albums du GRATEFUL DEAD… mais aussi l’un des plus coûteux. La douloureuse de 180 000$ aura une importance non négligeable sur la suite de la carrière du groupe, qui devra trouver un moyen de rembourser la Warner sans se compromettre.

Evacuons tout de suite le morceau qui fâche : « What’s Become of the Baby » est un long titre psychédélique fort monotone où Jerry GARCIA exploite tous les ressorts du chant incantatoire. On pense à la compil’ Rites chamaniques andins de Nature et Découverte, ce qui n’est pas la meilleure des références. Mais ce n’est qu’un détail.
Le reste de l’album est tout simplement génial. Aoxomoxoa est la première expression nette du talent mélodique de Phil LESH et JERRY GARCIA. Ce côté presque pop se mêle aux relents blues apportés par Ron « PIGPEN » McKERNAN, l’homme-orchestre du groupe, et aux influences psychédéliques issues de la contre-culture de San Francisco. Voilà un mélange bien alléchant…

Le disque démarre en trombe avec « St. Stephen » (prononcer « Saynt’ StiVeun »), classique parmi les classiques. La guitare a un son très blues, les deux batteurs livrent une prestation remarquable, où justesse et sobriété vont de paire. On parle assez peu des performances studios des « rhythm devils » KREUTZMANN et HART, sans doute parce qu’ils sont encore plus démentiels en concert. Mais il ne faut pas négliger l’apport de ces deux-là, qui forment une section rythmique du tonnerre avec le bassiste Phil LESH.
Pour ceux qui douteraient encore des racines blues du DEAD, « Cosmic Charlie » et « Dupree’s Diamond Blues » sonnent comme des rappels nécessaires. Loin de son image d’expérimentateur sans rime ni raison, GRATEFUL DEAD se contente souvent d’un petit motif blues tenace en ossature, sur lequel viennent se greffer les délires des chanteurs et des claviéristes.

Parler d’Aoxomoxoa sans évoquer la formidable joie de vivre qui se dégage de cet album, ce serait omettre l’essentiel. GRATEFUL DEAD est un collectif d’optimistes impénitents, et ça s’entend. Les titres les plus calmes (« Rosemary », « Moutains of the Moon ») dégagent une sérénité apaisante, qui se mue en énergie communicative sur les rocks les plus enjoués (« China Cat Sunflower », « Cosmic Charlie », « St. Stephen »). Aoxomoxoa c’est l’anti train-train quotidien, l’anti dépression, l’anti journée pourrie au boulot, c’est le disque qui fout la patate, qui donne envie d’aimer son prochain et de distribuer du vin et des figues, de partir faire un tour d’Asie centrale en monocycle, de se perdre dans sa ville, de ne plus emprunter la rocade, de piquer une moto-crotte, bref, de vivre et d’arrêter d’être con.

Et bla bla bla, c’est toujours comme ça avec le GRATEFUL DEAD, je serais capable de battre Fidel Castro à un concours de discours interminables. J’achèverai donc, camarades, mon allocution sur ma lubie préféré : « le rock est une musique dansante ». Il suffit d’écouter la conclusion de « Doin’ that Rag » et ses accords endiablés pour voir que le DEAD sait cela, et l’applique à merveille. Aoxomoxoa, ça bouge, et mes fesses avec. Et dire que certains prétendent que le rock ne se danse pas. N’en croyez rien, ce sont des saboteurs et des social-traîtres !

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   SASKATCHEWAN

 
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- Phil Lesh (basse, chant)
- Bob Weir (guitare, chant)
- Jerry Garcia (guitare, chant)
- Mickey Hart (percussions)
- Bill Kreutzmann (percussions)
- Tom Constanten (claviers)
- Ron 'pigpen' Mckernan (claviers, percussions, guitare, chant)


1. St. Stephen
2. Dupree's Diamond Blues
3. Rosemary
4. Doin' That Rag
5. Moutains Of The Moon
6. China Cat Sunflower
7. What's Become Of The Baby
8. Cosmic Charlie
- titres Bonus
9. Clementine Jam
10. Nobody's Spoonful Jam
11. The Eleven Jam
12. Cosmic Charlie (live)



             



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