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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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JETHRO TULL - Thick As A Brick 2 (ian Anderson) (2012)
Par TARTE le 24 Avril 2012          Consultée 3614 fois

L’annonce de la suite du très estimé Thick As A Brick a provoqué des frissons chez les inconditionnels de progressif. TAAB, premier du nom, qui signe pour beaucoup l’aboutissement paroxystique de la musique de Jethro Tull, possède incontestablement une aura inspirant complaisance auprès des néophytes et mysticisme auprès des fanatiques, ce qui lui donne naturellement la cote de « terrain glissant » bien connue de certains groupes auxquels les dents manquent.

Ne vous méprenez pas, le Jethro Tull d’aujourd’hui n’a de commun avec celui d’hier que la présence de Ian Anderson, c’est pourquoi le disque arbore le nom de « Jethro Tull’s Ian Anderson », signe inquiétant s’il en est. Ce nouvel album fut annoncé par une vidéo « teaser » qui en présentait quelques extraits, les connaisseurs auront reconnu des passages similaires à l’œuvre modèle, détail faisant intrinsèquement partie de la stratégie de communication de l’album en réunissant les aficionados dans un esprit de nostalgie et, par conséquent, adhérant. Idée lumineuse s’il en est.

TAAB II poursuit le canular créé autour du personnage de Gerald Bostock avec une question existentielle : qu’est-il devenu 40 ans après ? Modernité oblige, la page de journal a été remplacée par une page internet créée spécialement pour l’occasion, le site stcleve.com existe bel est bien, on peut y trouver des articles passionnants sur la restauration de l’église de St. Olive, des avis de recherche d’animaux de compagnie ou même un aparté culinaire parlant de tarte. Belle mise en bouche, s’il en est.

Sur TAAB II, les clins d’œil sont légion. De l’ouverture de l’album jusqu’à sa finale en passant par « Old School Song » ainsi qu’aux nombreux rappels à d’autres albums (« Cosy Corner » ou « Give Till it Hurts » qui n’est pas sans rappeler le sublime « Mother Goose » d’Aqualung), curieusement et heureusement, aucun ne paraît importun. Le disque s’étalonne sur des titres courts et fait par conséquent opposition aux délires anti-commerciaux qui ont mû Ian Anderson lors des années 70. Un souci du détail concernant les transitions d’une piste à l’autre lui rendant une fausse homogénéité.

La musique est ici beaucoup plus directe. La loi des rythmes binaires prend le pas sur les enchaînements improbables et surprenants du Tull des Seventies (« Banker Bets, Banker Wins » et son excellent solo de guitare, « Confessional »…), l’album met en jeu son étiquette de Rock Progressif au profit d’un cachet Rock tout court, tout en alternant avec des titres beaucoup plus calmes et pleins de finesse (« Upper Sixth Loan Shark »). Le lyrisme propre à Ian Anderson n’a en revanche pas pris une ride, et une fois marié à sont énergie, nous fait profiter de véritables instants de grâce (« A Change of Horses »). Cependant, TAAB II possède aussi ses points noirs, l’accordéon se prenant pour une guitare électrique dans « Pebbles Instrumental » ou les pseudos violons de « Wootton Bassett Town » frisent le pathétique.

Dans l’ensemble, l’album est plutôt décevant. Victime de ses propres ambitions, il est bien loin de posséder la fraîcheur au goût de perfection de son illustre prequel ; mais à creuser un peu, on y trouvera sans peine une musique dynamique et subtile à la fois. Ni victoire, ni échec.

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   TARTE

 
   GEGERS

 
   (2 chroniques)



- Ian Anderson (chant, flûte, guitare acoustique)
- John O’hara (orgue, piano, claviers)
- David Goodier (basse, glockenspiel)
- Florian Opathle (guitare électrique)
- Scott Hammond (batterie, percussions)
- Ryan O’donnell (chant)
- Peter Judge (trompette, flugelhorn, tuba)


1. From A Pebble Thrown
2. Pebbles Instrumental
3. Might-have-beens
4. Upper Sixth Loan Shark
5. Banker Bets, Banker Wins
6. Swing It Far
7. Adrift And Dumbfounded
8. Old School Song
9. Wootton Bassett Town
10. Power And Spirit.
11. Give Till It Hurts
12. Cosy Corner
13. Shunt And Shuffle
14. A Change Of Horses
15. Confessional
16. Kismet In Suburbia
17. What-ifs, Maybes, And Might-have-beens



             



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