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URIAH HEEP - The Magician's Birthday (1972)
Par LONG JOHN SILVER le 14 Décembre 2015          Consultée 1265 fois

Que n’a-t-on pas lu ou entendu concernant URIAH HEEP ? Seconds couteaux du hard rock, groupe de bûcherons bas de plafond, musique de pompiers bourrins, formation has been qui n’a jamais été in, et j’en passe et des plus croquantes tant cela - par-delà la flagornerie des contempteurs – révèle l’ignardise* limite crasse de ceux qui ont employé ces formules assassines. Parce que fin 1972 la formation est à son apogée, ses disques se vendent fort bien, le Heep semble s’installer durablement dans la cour des grands. N’oublions pas non plus que Demons And Wizards paru seulement six mois avant The Magician’s Birthday, bourré de classiques ingénieux, peut désormais se prévaloir de faire partie des œuvres majeures du hard rock. Il faut dire qu’on vivait une époque où nul n’était besoin de se chatouiller le kiki pendant des lustres afin d’aligner des disques de qualité.

Et puis quelle meilleure réponse apportée aux détracteurs de tout poil, que cet opus là ? Bourrin URIAH HEEP ? L’album étant composé pour moitié de morceaux calmes aux sonorités tirant vers le folk, difficile d’accoler pareil adjectif à ce groupe, lequel ne joue pas sur la corde virtuose si on excepte les lignes de basses ensorcelantes de Gary Thain, tellement éblouissantes que Gerry Bron – le grand Manitou – n’a pas hésité à les mixer bien en avant. Cependant la première impression délivrée par cet album émane de sa splendide pochette à nouveau signée Roger Dean. Qu’avait-il donc consommé pour parvenir à ce rendu à la fois hallucinogène et merveilleux, autant enchanteur qu’inquiétant ? Soit un univers peuplé de fleurs enivrantes, d’où s’échappe un félin au moment où se livrent bataille un démon opposé à un homme nu maniant une baguette. Lewis Carroll n’est pas bien loin, Tolkien non plus.

Pour autant cet album, pas plus que le précédent, n’est à placer sous la bannière unique de la Fantasy, en revanche il en émane une mélancolie qui doit tout à la quête de l’amour jusque dans ses accès les plus épiques. Car The Magician’s Birthday est un disque souvent sombre, torturé et donc parfaitement romantique dans son acceptation littéraire telle qu’elle fut définie par les grands romanciers du XIXe siècle, britanniques ou français, avec une dimension fantastique incluse. Chose qui relativise encore un peu plus les propos acerbes des critiques. En revanche si TMB n’est pas à proprement parler un concept album, une ligne directrice semble vouloir en émerger puisqu’on commence et on finit à l’aube d’un jour nouveau. Les thèmes sont parfois repris au travers des différentes chansons sans toutefois qu’on puisse déceler une réelle continuité narrative.

« Sunrise » qui ouvre l’album nous cueille sur un crescendo où résonnent les chœurs, ceux-là mêmes qu’on identifie immédiatement, alterne passages lents, épurés, et rythmiques plombées, le timbre de la voix de David Byron, tellement spécifique de pareil univers y fait merveille, cette chanson deviendra un nouveau classique incontournable sur scène. On a juste le temps de souffler et voici qu’arrive l’étrange « Spider Woman », au shuffle vénéneux et enivrant sur un sujet pourtant troublant. Le début du disque est très rock’n’roll mais ce qui s’ensuit se fait plus doux, « Blind Eye » au thème de guitares harmonisées est une folk song enjouée, extrêmement efficace, roborative soit une excellente transition vers « Echoes In The Dark » sombre comme l’indique son titre, ode planante où brille la guitare slide de Ken Hensley. « Rain » est encore plus douce, sa mélodie est limpide comme l’eau qui choit depuis de lourds nuages amoncelés dans nos esprits, ce titre clôt la première face du vinyle comme dans un rêve. La deuxième partie de l’album commence comme la première, « Sweet Lorraine » est un rock puissant et allègre, presque euphorique, caractéristique partagée avec « Spider Woman » dont il paraît un prolongement plus abouti où se distinguent un énigmatique solo de claviers ainsi que des breaks qui donnent une superbe dynamique à l’ensemble. Succède « Tales » chanson folk aérienne magnifique, de délicats effets analogiques ornant une pièce où prédomine de nouveau la mélancolie. Tout cela est bon, tout cela est juste, tout cela est beau, reste le point d’orgue à aborder, le titre éponyme, héroïque comme jamais, où se juxtaposent les thèmes dans un enchaînement savamment orchestré. « The Magician’s Birthday » est une farandole épique, ensorcelante, non dénuée d’humour - on note le délicieux kazoo retentissant sur les chœurs qui clament happy birthday - de plus de dix minutes qui conte le sempiternel combat du bien contre le mal atteignant son climax sur le duel central que se livrent la guitare de Mick Box et la batterie de Lee Kerslake avant un dénouement à l’issue incertaine qui se conclut tout de même par la victoire de l’amour… l’amour comme une épée, l’humour tel un bouclier, la boucle est bouclée.

Quelques mois à peine après le sommet Demons And Wizard, URIAH HEEP livre de nouveau un album incroyable de bout en bout. Aujourd’hui, The Magician’s Birthday n’est pas forcément cité comme étant le disque le plus prisé d’URIAH HEEP, Demons And Wizards et Salisbury emportant le plus souvent les suffrages, néanmoins il en est sans doute le plus cohérent, voire le plus accompli, votre serviteur ici présent ne rechignant pas à le distinguer parmi tous comme étant le meilleur.


*Le terme « ignardise » est classé comme inusité par le dictionnaire historique Robert. Nous le reprenons parce que dans les rares occurrences connues, il est associé au parti-pris.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- David Byron (chant)
- Ken Hensley (claviers,guitare,chant)
- Mick Box (guitare)
- Gary Thain (basse)
- Lee Kerslake (batterie,chant)
- Brian Cole (pedal steel sur 7, invité)


1. Sunrise
2. Spider Woman
3. Blind Eye
4. Echoes In The Dark
5. Rain
6. Sweet Lorraine
7. Tales
8. The Magician's Birthday



             



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