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1978 Fallen Angel
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1982 Abominog
1983 Head First
1985 Equator
1988 Moscow And Beyond
1989 Raging Silence
1991 Different World
1995 Sea Of Light
1996 Spellbinder
1998 Sonic Origami
2001 Electrically Driven
  Acoustically Driven
  Remasters
2002 Between Two Worlds
2003 Live In The Usa
2008 Wake The Sleeper
2014 Outsider
 

- Style : Magnum, Deep Purple, Ghost
- Membre : Uk, David Bowie , Black Sabbath, Blackfoot, Ozzy Osbourne , King Crimson, Asia, The Firm
 

 Site Officiel (318)

URIAH HEEP - Return To Fantasy (1975)
Par LONG JOHN SILVER le 25 Mai 2016          Consultée 774 fois

John Wetton rejoint le HEEP au printemps 1975 pendant l’enregistrement de Return To Fantasy, déjà 8e disque de la formation. Le groupe vient de marquer une pose de plusieurs mois – un luxe -, mise à profit par ses membres pour enregistrer et publier deux albums sous d'autres étiquettes. Ken Hensley propose son deuxième disque solo où il retrouve un ex compagnon en la personne de Mark Clarke*, quand David Byron enregistre sous son nom un premier opus où il est accompagné tout du long (et jusque sur les crédits) par Lee Kerslake et Mick Box. Y’aurait-il deux camps opposés ?
L’album précédent, Wonderworld, avait été conçu et accouché en urgence. Les musiciens avaient créé ensemble la majorité du disque, le ton se durcissait déjà. L'ambiance était dégradée. Après quoi, il a fallu gérer la mise à l’écart de Gary Thain et surtout son épineuse succession. Le gars a marqué la musique du Heep de son empreinte au point que sa basse eût tôt fait de supplanter la guitare dans le son. Chose peu banale pour une formation Hard Rock.

De retour à Londres, les quatre musiciens, de nouveau tenus par leurs engagements, vont à nouveau écrire un disque ensemble. Hensley ne signant seul qu’à deux reprises. La plupart des titres sont frappés d’un sceau collectif. Le départ de Thain ayant fait son effet, l’esprit de corps s’en est probablement trouvé affermi. C’est dans ce contexte que les quatre drilles recrutent John Wetton, en partant du principe que seul un bassiste d’exception pouvait prendre la suite d’un phénomène. Wetton n’est pas un manchot, encore moins un débutant. Débauché de chez ROXY MUSIC, il a pris de plein fouet la séparation de KING CRIMSON. Quand il entre en studio, l’album est déjà composé. Néanmoins, il compte poser sa patte sur l’ensemble or le groupe a besoin d’aller de l’avant sous peine de se décomposer. Le fait est que l’album délivre une forme de compacité, le jeu de Wetton, nettement plus rythmique que celui de Thain, s’accorde impeccablement à la frappe de Lee Kerslake, l’ensemble sonne très rock. Par ailleurs, on entend ça et là des chœurs féminins, pas tous du meilleur effet.

À la lecture du titre Return To Fantasy, on pense derechef aux pinacles atteints par Demons And Wizards et The Magician’s Birthday, lesquels débordaient de tours ensorcelants. Pourtant, cet album s'inscrit naturellement dans les pas de son prédécesseur. Et si on doit chercher plus loin, on y retrouvera surtout des impressions de Look At Yourself. Normal, diront les connaisseurs. Look At Yourself, pour imparfait qu’il est, peut être considéré comme le mètre-étalon stylistique du HEEP, celui où il était parvenu à élaborer la synthèse. Prenons pour exemple le morceau titre, celui qui ouvre l’album. « Return To Fantasy » est un shuffle dont la rythmique a été forgée dans le chaudron Heepien depuis « Look At Yourself », celui d’où est également sorti « Easy Living ». Résonnent aussi les chœurs étendards pendant la charge héroïque, de façon telle que gravée sur les tables de loi. La basse est bien devant, la guitare demeure très en retrait dans le mix, la chanson est très réussie alors qu’on reste dans l’orthodoxie pure et dure. Si ce n’étaient ces chœurs féminins qui supplantent ceux du groupe. Un autre passage va nous replonger directement en 1971. « Showdown » est une petite cousine de « Tears In My Eyes ». Moins réussie, elle offre à Mick Box l’occasion de délivrer un solo de bravoure. Ce qui est rarissime pour l’époque. Pour revenir plus encore dans le temps, « Prima Donna » est un rock’n’roll comme en a souvent livré le groupe. Le morceau est entraînant, clairement orienté grand public, avec de nouveau ces chœurs féminins bien présents. Ailleurs, « Your Turn To Remember » est un blues qui rappelle douloureusement qu’URIAH HEEP n’est pas fait pour ce style. Il s’y était déjà confronté sans plus de bonheur sur son premier opus**. On sait le HEEP pourvoyeur de ballades. Voici donc venir « Why Did You Go ? », avec toujours ces voix de femmes pour accompagner une jolie mélodie sur un texte mélancolique. La formule fonctionne assez bien mais on commence également à en percevoir quelques ficelles. Le final « A Year Or A Day » tente quant à lui de renouer de façon plus concise avec les titres les plus épiques de Sweet Freedom. Malheureusement, une once de magie fait défaut et l’affaire tourne quelque peu en rond. Dommage d’avoir placé ce filler en baisser de rideau. Le groupe nous avait habitués à bien meilleur en guise de clôture auparavant.

Plus étonnants sont les morceaux restants, certes peu connus, néanmoins pas inintéressants du tout. « Beautiful Dream » dénote par l’emploi de synthétiseurs intergalactiques d’époque qui font toujours impression. Mais davantage ce sont « Shady Lady » et « Devil’s Daughter », teigneuses et funky à la fois, qui ouvrent une voie vers un nouvel équilibre. Les lignes de basses de Wetton sont monstrueuses sur ces deux titres, ça swingue méchamment pendant que Byron mène le bal. Le passage instrumental pendant « Devil’s Daughter » est à tomber, le synthé d’Hensley et surtout la guitare de Box font passer d’intenses sensations. On pense fortement à Come Taste The Band de DEEP PURPLE, qui paraîtra fin 1975. Notons que la production de Gerry Bron est globalement réussie. Il parvient habilement à faire passer la pilule sur les passages les plus risqués, cependant édulcore par ailleurs avec l’emploi de chœurs féminins, mais pas que. En revanche, le son est impeccable.

Nos gaillards s’en vont sur les routes aussitôt l’enregistrement terminé. Ils interprètent chaque soir « Return To Fantasy », « Prima Donna », « Shady Lady » et « Devil’s Daughter » au milieu d’une set-list implacable. En août 1975, Mick Box qui se casse le poignet au début de la tournée américaine continue pourtant à se produire chaque soir. Pour tenir le coup, il reçoit des injections. L’album sorti au mois de juin se vend bien. Il atteint la 7e position des charts en Angleterre. Le HEEP demeure une affaire qui tourne.
Pourtant, la pochette du disque représente une ballerine translucide qui se fond, posée sur un astre incandescent, rappelant l'allure d'Icare s’approchant de trop près du soleil. Est-ce bon signe ? Le décès tragique de Gary Thain en fin d'année, musicien aérien mû par la grâce tel cette ballerine, mais cramé dans la drogue, viendra malheureusement apporter sa lourde contribution au chapitre des heures sombres de l'histoire du groupe.

*Éphémère bassiste de UH, qui a co-écrit « The Wizard » avec Hensley
** Lucy Blues (1970)

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   LONG JOHN SILVER

 
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- David Byron (chant)
- Ken Hensley (claviers, guitare,choeurs)
- Mick Box (guitare)
- John Wetton (basse, mellotron, choeurs)
- Le Kerslake (batterie, choeurs)


1. Return To Fantasy
2. Shady Lady
3. Devil's Daughter
4. Beautiful Dream
5. Prima Donna
6. Your Turn To Remember
7. Showdown
8. Why Did You Go
9. A Year Or A Day



             



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