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URIAH HEEP - Wonderworld (1974)
Par LONG JOHN SILVER le 7 Février 2016          Consultée 646 fois

Après le château d’Hérouville en France, direction Musicland Studios à Munich, complexe érigé par Giogio Moroder, fin 60’s. Le programme démentiel du groupe ne connaît aucun répit, les sessions de Wonderworld ont lieu début 1974 alors qu’une mini tournée américaine a été calée au beau milieu du processus d’enregistrement. Achevé en mars, le disque sera commercialisé en juin de la même année, neuf mois après Sweet Freedom. Aujourd’hui encore, cette période (et plus largement l’année 74) reste un souvenir amer pour ceux qui l’ont vécue. Tout d’abord parce que pris par un emploi du temps hallucinant, le groupe ne s’est pas préparé à affronter la création d’un (déjà) nouvel opus. Les musiciens, contrairement à leurs habitudes, n’ont pas pris le temps d’évoquer les contours ni même le contenu de ce que sera leur offrande à venir, on se lance donc à l’aveuglette dans la bataille ce qui a pour effet de décupler le stress au travail. Et les ressentiments. On parle plus volontiers gros sous, royalties, que chansons, la musique semble passer au second plan.

Alors afficher Wonderworld en devanture devient nettement plus ironique, voire cynique, que l’image qu’on se fait d’un groupe naturellement porté sur les ambiances fantasmagoriques. D’ailleurs la pochette du disque tranche avec l’effet rassérénant qu’on ressent à la vue de celle de Sweet Freedom : ces hommes pétrifiés, aux rictus figés, posés sur socles comme d’antiques statues nous rappellent quelque part la posture peu enviable endurée par Byron au moment de réaliser la couverture horrifique de Very ‘Eavy… Very ‘Umble.

Plus profondément, le bilan humain est inquiétant, Byron picole comme un trou, l’état de santé de Thain – sous l’effet de ses addictions aux drogues - commence à se délabrer dangereusement, Hensley supporte mal les sollicitudes accordées à son chanteur et Mick Box essaie tant bien que mal de faire tenir les morceaux alors que tout semble aller à vau-l’eau. N’oublions pas Gerry Bron, l’omnipotent producteur/manager, qui soumet la troupe à des cadences inouïes dans l’attente de confortables retours, l’argent est devenue une obsession au détriment de tout le reste.

Nécessité faisant loi l’album Wonderworld s’affiche comme étant une œuvre collective, bien plus que ses prédécesseurs, un coup œil sur les crédits suffit pour s’en rendre compte, Hensley signe seul trois morceaux, les six autres sont cosignés avec ses camarades dont quatre par tous les musiciens. Si aujourd’hui Sweet Freedom porte le sceau des avis clivants sur URIAH HEEP, à l’époque c’est Wonderworld qui avait le plus enfoncé le clou au point de décevoir nombre de fans… et le groupe !
Le temps a fait son œuvre depuis, laissant tomber ce disque quelque part dans l’oubli, après tant de réussites, or cela est fort injuste. Parce que cet album, paru sous de sombres auspices, contient des chansons qui ne demandaient qu’à devenir des classiques étant donné qu’en dépit des conditions délétères de sa conception, il offre un rendu au moins aussi solide que ses aînés. Le titre éponyme qui ouvre l’ensemble surprend peut-être moins que les morceaux blockbusters qui ont fait la légende du Heep, n’oublions pas qu’il s'agit-là du 7e effort à paraître en quatre (!) ans, d’autres se seraient essoufflés avant – surtout de nos jours -, il n’en reste pas moins digne de figurer en bonne place aux côtés des « Sweet Freedom », « Magician’s Birthday », « Look At Yourself » ou « Salisbury ». De plus cet album est très rock, encore plus que Sweet Freedom avec « Suicidal Man », « So Tired » et « Something Or Nothing », trois passages très enlevés et véritablement jouissifs. Plus loin « I Won’t Mind » est un hard-blues bien lourd sans être lourdingue, les ambiances romantico-épiques permettant d’apposer le cachet particulier du Heep à pareil exercice de style. Si le rythme soutenu sur « We Got We » se fond sans discussion dans l’ensemble, reconnaissons qu’il s’agit là du titre le moins marquant du disque. De même la sortie sur « Dreams » n’est pas la plus remarquable proposée jusqu’ici par une formation toujours soucieuse de marquer les esprits en fin de parcours, mais là encore on chipote car on reste quand même sur des standards élevés, on note le clin d’œil envoyé au titre « Dreamer » qui ouvrait le précédent opus. Restent deux titres, lesquels tirent un peu plus ce disque vers le haut, « The Shadows And The Wind » avec ses lalalalalala qui finissent en suraigus, authentique tube potentiel cadencé comme une heavy pop song, et « The Easy Road » où la mélancolie s’exprime au point que cette chanson devient un havre de recueillement sis au milieu d’un univers mouvementé.

Pas de quoi battre sa coulpe donc, loin s’en faut, mais c’est plus facile de dire cela avec le recul, le disque est une nouvelle fois très solide et propose d’ailleurs un grand nombre de titres qui semblent taillés pour la scène quand par le passé on se demandait comment certaines chansons pourraient voir le jour sur les planches. Six d’entre elles vont faire leur trou en live : « Suicidal Man », « Something Or Nothing », « Wonderworld », « I Won’t Mind », « « So Tired » et « The Easy Road ». Le groupe passera d’ailleurs son année 74 en tournée, comme habituellement, alors que la santé de Gary Thain décline, le malheureux sera victime d’une électrocution en septembre, forçant le groupe à annuler quelques dates. Peu après le bassiste reprochera à son producteur de ne penser qu’au pognon et sera viré sur le champ, il est vrai que physiquement il n’était vraiment plus en mesure de tenir son poste au sein d’une formation qui aligne plus d’une centaine de gigs par année sur plusieurs continents. Le monde du rock est impitoyable, malheur aux faibles or les dernières photos (sur scène) de Gary dévoilent un grand gaillard quasiment décharné au regard cerné. Le musicien donnera son dernier concert avec le groupe le 14 décembre 1974, à Oxford. Il sera retrouvé mort par overdose chez lui un an après. Il avait 27 ans comme Jimi, Jim, Janis ou Brian (et plus tard Kurt et Amy) sauf que lui n’était pas une star, juste un merveilleux bassiste qui était parvenu à illuminer le monde enchanté du Heep l’espace de quelques disques, les plus emblématiques, sinon les meilleurs.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- David Byron (chant)
- Ken Hensley (claviers, guitare,chant)
- Mick Box (guitare)
- Gary Thain (basse)
- Lee Kerslake (batterie)


1. Wonderworld
2. Suicidal Man
3. The Shadows And The Wind
4. So Tired
5. The Easy Road
6. Something Or Nothing
7. I Won't Mind
8. We Got We
9. Dreams



             



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