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PULP - Separations (1992)
Par WALTERSMOKE le 3 Avril 2016          Consultée 1278 fois

L'odyssée de Jarvis, énième épisode. Après l'échec de Freaks en 1987, le leader de PULP commence à se demander si l'herbe ne serait pas plus verte ailleurs. Alors le groupe se carapate sur sa ville natale, Sheffield, et enregistre un single chez FON, Death Comes to Town, qui... ne sortira jamais. Las des emmerdes avec les maisons de disques et terrassés par le manque de succès, les membres de PULP prennent un repos salvateur, durant lequel Jarvis se met à étudier le cinéma. Bien lui en prend, car cela lui permettra de coréaliser entre autres le clip promotionnel de On, single d'APHEX TWIN sorti en 1992.

Mais revenons à PULP. Le hiatus ne rime pas avec la séparation, ou presque. PULP se « reforme » en 1989, mais il y a eu du changement. Si Russell Senior et Candida Doyle répondent toujours présents, le frère de cette dernière, Magnus, abandonne les fûts en faveur de Nick Banks. Mais plus important est le remplacement du bassiste Peter Mansell par Steve Mackey. Cette embauche va être décisive, car si Jarvis parle au nouveau venu de ses influences (Leonard Cohen, Serge Gainsbourg, Scott Walker...), Mackey va surtout introduire PULP au monde merveilleux du son de Sheffield. Oui, le rock c'est bien, mais un peu d'acid ne fait de mal à personne, non ? Tiens donc, cela me rappelle un groupe de Mancuniens, qui à la même époque développe une Technique des plus originales. D'ailleurs, eux aussi ont une femme aux claviers, comme c'est drôle.

C'est donc en 1989 que le PULP nouveau enregistre ce qui est appelé à devenir son troisième album, nommé Separations. Mais à cause d'éternels imbroglios, l'album ne sort qu'en 1992, et est édité par Fire Records dont le groupe croyait s'être débarrassé. Mais le contexte est cette fois différent, et la roue tourne. Le NME les remarque et fait de "My Legendary Girlfriend" son single de la semaine en 1991. Et grâce à d'autres signatures, notamment chez Warp et Gift, PULP se construit un répertoire étoffé (plus de détails dans la chronique de Intro). Et donc, c'est dans une ambiance clairement plus favorable que sort enfin Separations.

En termes d'influence, à cause de son retard, Separations ne possède pas d'aura séminale, c'est trop tard pour cela. Cela ne l'empêche pas d'être rempli de chansons aussi hétéroclites que remarquables. Separations est divisé en deux parties (merci le vinyle) dont chacune possède une ligne directrice globale. Ainsi, sur la face A, priorité est donnée au côté plus rock/folk de PULP. Doté d'une bien meilleure production lui faisant honneur, PULP se jette dans une beauté musicale servant un propos tournant autour des amours déçues, un véritable sacerdoce chez Jarvis, donc. En dehors de "Love is Blind" et sa rythmique pachydermique, le mid-tempo fait plus ou moins sa loi, sur un ton tantôt désespéré ("Don't You Want me Anymore?"), tantôt désabusé ("Separations").

La face B est la chose la plus étonnante du disque, et même de la carrière de PULP jusque là. Influencé par son bassiste, la bande à Jarvis fait joujou avec les derniers synthés à la mode (au moment de l'enregistrement, bien sûr). Couplé à son univers désabusé, cela donne entre autres "Countdown", un véritable hit en puissance. Introduire de légers mais décisifs synthés en arrière-plan et une boÏte à rythme débouche sur une ironie musicale, qui brille de mille feux dans une ambiance nocturne des plus appréciables. Plus loin, "This House is Condemned" est une véritable pavé house, avec un Russell Senior monocorde au micro (profitez-en, c'est la dernière fois). Et entre les deux, "My Legendary Girlfriend" offre à PULP une couverture médiatique méritée, tant Jarvis parvient à être impérial aussi bien dans les couplets murmurés que dans les refrains magnifiés par des arrangements subtils ; quant à "Death II", c'est une belle pièce de dance rock comme il en manque trop.

Une face A qui confirme le songwriting, une face B faisant la part belle au dance rock, et le tout qui en jette tellement il est réussi : voilà ce qu'est Separations. Il n'est certes pas parfait. Les sonorités acid ont vieilli et le groupe n'a pas composé les chansons les plus mémorables de sa carrière, mais honnêtement, il ne faut pas hésiter à se ruer sur ce disque. De plus, il constitue un bon prélude à l'irrésistible ascension de PULP, fait historique s'il en est.

Note réelle : 3,5/5

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- Jarvis Cocker (chant, guitare)
- Russell Senior (guitare, violon, voix sur 9)
- Candida Doyle (claviers)
- Steve Mackey (basse)
- Nick Banks (batterie)


1. Love Is Blind
2. Don't You Want Me Anymore?
3. She's Dead
4. Separations
5. Down By The River
6. Countdown
7. My Legendary Girlfriend
8. Death Ii
9. This House Is Condemned



             



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