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- Style : Glenmor, Hubert Felix Thiefaine , Bernard Lavilliers

Léo FERRE - Le Piano Du Pauvre (1954)
Par LE BARON le 25 Janvier 2017          Consultée 321 fois

Troisième 33 tours de Léo FERRE, deuxième chez Odéon, cet album publié en 1954 est de nouveau sans titre. On l’appelle toutefois Le Piano du Pauvre par commodité puisqu’il s’agit du nom de sa première chanson.

Comme sur son précédent disque, Léo FERRE nous propose des chansons à l’écriture très maîtrisée. Comme sur son précédent disque, la musique est malheureusement sans grand relief et paraît vieillote. De plus, la qualité de l'enregistrement n'est pas terrible, même pour l’époque. FERRE n’ose pas encore aller au bout de son geste artistique. Sa voix est taillée pour l’emphase, la rime qui emporte, et l’idée puissante. S’il s’approche par moments de ce qu’il deviendra, il reste tout de même sur le seuil, engoncé dans des habits trop petits pour lui. Il faut (re)dire que dans les années 50, la société française est très corsetée. Pas facile pour un artiste de cet acabit de prendre son envol, coincé dans la chanson française de l’époque. Edith PIAF règne entre deux prises de morphine, BREL arrive tout juste. BRASSENS, dont « La Mauvaise Réputation » date de 1952, est celui dont FERRE est le plus proche par les idées : ils se réclament tous deux de l’anarchie. Mais BRASSENS, s’il est incontestablement brillant, est également plus sage. Il y a bien MOULOUDJI, dont la version du « Déserteur », de Boris VIAN, sera interdite, enfin du scandaleux ! Mais pour le moment, FERRE est encore bien seul, et pas encore capable de renverser la table.

Trois titres ressortent tout de même du lot un peu terne de ce disque. Dans « L’Homme », Léo FERRE, joliment ironique, décrit des hommes à différents âges de leur vie. FERRE n’est pas tendre, mais il est drôle, et son écriture imparable : « Les tempes grises vers la fin/Les souvenirs qu'on raccommode/Avec de vieux bouts de satin/Et des photos sur la commode ». Pas tendre, mais juste. « Graine d’Ananar » est une profession de foi pleine d’autodérision. Profession de foi somme toute discrète, trop sage*, mais plutôt réussie. En cherchant un peu, on finira par trouver un petit intérêt pour « Notre Dame de la Mouise », curieusement écrite par Albert Willemetz et Madeleine Rabereau**, énième adresse aux jours difficiles. Si FERRE n’a pas connu la vraie misère, rappelons qu’il a 38 ans et qu’il galère depuis des années pour vivre de son chant. La dèche est un thème récurrent dans ses premières chansons, ce qui n’a rien d’étonnant puisqu’il s’est toujours largement inspiré de ce qu’il connaît.

Le reste, quoique bien écrit, est fade. Si l’on mentionne parfois « Le Piano du Pauvre » parmi les titres les plus anciens qui valent qu’on les écoute, c’est dans cette veine pseudo réaliste, à la « Paris Canaille » : gouaille, gapette vissée sur la tête, et cigarette « Celtique » au bec. Boarf. Tout cela est tout de même bien vieux, et sans grand intérêt.



*On est encore très loin du « Chien », parmi d’autres.

**Albert Willemetz est L’inoubliable auteur de « Ramona », « Felicie aussi », « Ah si vous connaissiez ma poule », etc. Madeleine Rabereau est la femme et inspiratrice de FERRE à cette époque.

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   LE BARON

 
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- Léo Ferré (voix, arrangements, direction d'orchestre)
- Jean Cardon (accordéon)
- Jean Faustin (arrangements, direction d'orchestre)
- Autres Musiciens Non Crédités


- le Piano Du Pauvre
1. Le Piano Du Pauvre
2. À La Seine (j-r. Caussimon)
3. L'homme
4. Le Parvenu
5. Mon P'tit Voyou
6. Notre-dame De La Mouise (a. Willemetz & M. Raberea
7. Graine D'ananar
8. Merci Mon Dieu



             



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