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Léo FERRE - Les Fleurs Du Mal Chantées Par Léo Ferré 1857-1957 (1957)
Par LE BARON le 2 Mars 2017          Consultée 161 fois

En 1957, Léo FERRE est un chanteur plus ou moins installé, en tout cas qui vit de son art. Même s’il dira qu’il n’était, pour sa maison de disques, qu’« un chanteur à babioles », ses disques sont publiés régulièrement, et il a même eu droit à un passage à l’Olympia.

La poésie l’accompagne depuis toujours. Apollinaire bien sûr, qu’il a déjà chanté, Rimbaud, Verlaine, entres autres, et Baudelaire. C’est sur son insistance qu’Odéon, sa maison de disques, va finir par accepter qu’il enregistre un album qui est entièrement consacré au scandaleux poète. Mettre en musique et interpréter des poèmes est à l’époque une idée novatrice, elle sera suivie par bon nombre de chanteurs. Le commerce n’étant tout de même jamais bien loin de ce qui n’est pas encore complètement l’industrie du disque, précisons que 1957, c’est l’année du centenaire de la première publication des « Fleurs du mal », ouvrage ô combien sulfureux, et qui reste aujourd’hui un chef-d’œuvre absolu.

Chanter un poète n’est pas chose aisé, surtout lorsqu’il est aussi puissant que Baudelaire. Cela devient un exercice de funambule, qui requière à la fois de l’orgueil – il faut se penser capable d’ajouter sa petite musique à de très grands textes – et beaucoup d’humilité : l’interprétation doit servir le texte, et non l’inverse.

Qu’en est-il ici ? L’exercice n’est pas entièrement réussi, loin s’en faut, mais il est surtout inégal. Il y a d’abord un problème de moyens que l’on a déjà abordé pour les précédents albums de FERRE : lorsque ce dernier est seul au piano et au chant, même accompagné d’ondes Martenot, ce n’est pas très bon. Il doit le sentir, et en rajoute alors dans les chevrotements, entre autres. Il devient dès lors difficile d’écouter le texte, ce qui est bien ennuyeux. «Les Hiboux », ou « La Vie antérieure » en sont d’excellents exemples. « La Vie antérieure » doit vous dire quelque chose, non ? « J’ai longtemps habité sous de vastes portiques / Que les soleils marins teignaient de mille feux », etc. FERRE parvient à transformer ces quelques vers en galimatias sans couleur ni chaleur, ce qui est un comble !

Ce n’est toutefois pas toujours la règle. Si les moyens sont faibles, ils permettent tout de même d’enregistrer une partie des titres avec des musiciens plus nombreux, et cela change beaucoup. D’abord parce que la musique, plus riche, est plus adaptée au style flamboyant de Baudelaire. Et que FERRE ne se sent désormais plus obligé d’ajouter des effets de voix pour combler les vides de la partition.

Il y donc quelques réussites, mais surtout deux : « Le Serpent qui danse » et « Le Léthé ». De ces deux magnifiques textes, tous deux quasi érotiques mais si différents, l’un purement lascif (« A te voir marcher en cadence, / Belle d’abandon, / On dirait un serpent qui danse, Au bout d’un bâton. ») l’autre sur la souffrance face à l’indifférence d’une femme (« Je sucerai, pour noyer ma rancœur, / Le népenthès et la bonne ciguë / Aux bouts charmants de cette gorge aiguë, / Qui n’a jamais emprisonné de cœur. »), FERRE tire une interprétation franchement convaincante, parfaitement soutenu par l’orchestre.

Le reste est moins intéressant, mais de facture correcte, notamment "Les métamorphoses du vampire", dont la surprise finale reste une merveille de macabre. Si deux très bonnes chansons sur douze ne font pas un bon album, c’est tout de même un vrai bonheur d’enfin retrouver FERRE dans ce qu’il fait de mieux : interpréter des textes de haute tenue, servis par une musique ayant un minimum de force. FERRE n’est pas bâti pour la sobriété, ni l’eau tiède, il lui faut de forts parfums. Bien sûr, deux chansons sur douze, c’est peu, mais au regard des albums précédents, c’est beaucoup, d’autant plus que ces deux là mériteraient largement d’être connues davantage.

Encore un 2, certes, mais plus élevé que les précédents.

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   LE BARON

 
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- Léo Ferré (piano, voix)
- Jean-michel Defaye (piano)
- Jean Cardon (accordéon)
- Barthélémy Rosso (guitare)
- Pierre Gossez (saxophone)
- Janine De Waleyne (ondes martenot)
- Fred Ermelin (contrebasse)


- les Fleurs Du Mal Chantées Par Léo Ferré 1857-19
1. Harmonie Du Soir
2. Le Serpent Qui Danse
3. Les Hiboux
4. Le Léthé
5. Le Revenant
6. La Mort Des Amants
7. L'invitation Au Voyage
8. Les Métamorphoses Du Vampire
9. À Celle Qui Est Trop Gaie
10. La Vie Antérieure
11. La Pipe
12. Brumes Et Pluies



             



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