Recherche avancée       Liste groupes



      
VARIETE FRANCAISE  |  TRIBUTE

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Maxime Le Forestier , Julien Clerc

Alain SOUCHON - Souchon Dans L'air (vol. 1) (2017)
Par MARCO STIVELL le 30 Juin 2017          Consultée 809 fois

Puisque le public français ne défend plus la musique – JUL, PNL, DAMSO et cie, tout le rap bovin auto-tuné et le zouk-raï électro ne sont pas de la musique, je répète, ce n'est PAS de la musique, juste la preuve formelle que les extraterrestres sont parmi nous, bien trop présents d'ailleurs, et que NON, définitivement, ils ne sont pas supérieurs aux humains, loin s'en faut ! -, donc puisque le public français ne défend plus la musique, qu'ainsi, de facto, les labels ne soutiennent plus la création musicale, ne perdons pas non plus de temps à faire une introduction rébarbative et superfétatoire (ce mot ne signifie pas "se bourrer la gueule durant un spring break" en novlangue).

Souchon Dans l'Air, hommage à SOUCHON, c'est comme une sonnerie de ralliement pour toute une série d'artistes, Parisiens affirmés ou en devenir puisque c'est un "passage obligé" si on veut que ça marche, hélas. Remarque, BIOLAY n'a pas eu besoin de cela pour l'être depuis toujours. Lui, l'un des rares grands compositeurs approuvés par le public (la Gainsbourgite aigüe, ça aide bien aussi, Jean-Michel JARRE aurait dû y penser) se retrouve sur tous les albums "tribute". La question est : le reverra-t-on aussi sur le volume 2, puisque le label nous annonce déjà une pierre deux coups dans la face, comme pour RENAUD et GOLDMAN ?

En tout cas, sa reprise de "La Vie Ne Vaut Rien", avec son chant traînant et ses arrangements soupesés sont tout ce qu'il y a de plus scolaires. Beaucoup crieront au génie BIOLAY, par habitude ; reconnaissons que c'est pas mal. Le début du disque est marqué par une reprise instrumentale et courte de "Foule Sentimentale" par le Canadien CHILLY GONZALES. C'est joli, la suite d'accords permet bien cette excursion en Europe de l'Est avec une section de cordes. Et puis un instrumental quoi ! Au début d'un album de reprises de chansons ! On ne verra pas cela souvent, une grande partie des Français aime tellement le chant qu'elle ne peut pas s'en passer. Donc merci !

Cela dit, entre ça et Mathieu BOOGAERTS sur "Quand J'serai K.O" juste après, on comprend pourquoi. Ces musiques sonnent vieille école, rues pavées de Paris, années 20-30, nouvelle vague et SOUCHON lui-même a toujours mieux défendu cet univers que son ami VOULZY. Si un tribute est fait à ce dernier un jour, on n'invitera pas JARRE pour reprendre "Les Nuits Sans Kim Wilde" en instrumental. Bref, tant que ça sonne Paname, ça passe ! Vu par un Provençal, c'est gentillet, rien de folichon. Le jazzy "Quand J'serai K.O" et la féérie du "Baiser" se écoutent avec sympathie, et sur le second, Vanessa PARADIS laisse une trace vocale étonnante, plus mûre.

ARTHUR H n'ose pas trop toucher aux arrangements de « J'ai Dix Ans ». Sa voix sonne un peu BIOLAY et c'est amusant de voir à quoi pourrait ressembler une chanson légère et drôle de ce dernier. TÉTÉ effleure "Bidon" et c'est pas un bide. De même, KATERINE qui se contient sur "Y a d'la Rumba Dans l'Air", on apprécie et la chanson lui va bien. Beaucoup moins convaincu par la présence d'Oxmo PUCCINO sur "Poulailler's Song". Sans remettre son talent en cause, non seulement la reprise n'est pas terrible, mais surtout c'est, dans les choix de réalisation, cette manie de vouloir insérer à tout prix un titre « urbain », rap quoi. Insupportable !

Plutôt que de parler de -M- et AUBERT qui font leurs affaires communes, disons-le tout de go : les filles sont les meilleures. Toutes. Clairement ! Les interprètes sont plus que bien choisies, et dans la fragile sensibilité de SOUCHON, il y a une empreinte féminine qui ne demandait qu'à s'exprimer ainsi, le cas échéant. Après Vanessa, louons la fabuleuse IZIA, une de nos meilleures rockeuses en France. Elle livre une belle "Ballade de Jim", assez fraîche, même si on aurait aimé l'entendre sur un titre moins connu tel "Loulou Doux", à l'emballage plus gras.

Les voix angéliques de BRIGITTE apportent un fond de tendresse maternelle à "Allo Maman Bobo", mais en matière de minimalisme, c'est surtout Jeanne CHERHAL que l'on admire, seule au piano sur "Rame". Tout cela est un vrai défilé de grâce féminine en tenue de soirée, complété par Juliette ARMANET qui ne snobe guère les arrangements 80's et qui se glisse tout naturellement dans la brise du soir et, rêveusement, sous les étoiles de la ville, pour un "Ultra Moderne Solitude" magique. Cela ressemble à son univers personnel et avec sa voix toute fine, ça ne pouvait que marcher.

Damnation ! Voilà un album de reprises qui fonctionne, comme le BLANC-FRANCARD et, dans une moindre mesure, les tubes du Top 50. Néanmoins, attendons de voir le volume 2.

A lire aussi en VARIETE FRANCAISE par MARCO STIVELL :


Johnny HALLYDAY
Insolitudes (1973)
"touuute la musiiique que j'aiiiime..."




Les MUSICIENS DU LYCéE MILLET
2010-11 (2011)
Du très bon au sublime


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



Non disponible


1. Foule Sentimentale (chilly Gonzales)
2. Quand J'serai K.o (mathieu Boogaerts)
3. Le Baiser (vanessa Paradis)
4. J'ai Dix Ans (arthur H)
5. La Ballade De Jim (izia)
6. Y'a D'la Rumba Dans L'air (katerine)
7. La Vie Ne Vaut Rien (benjamin Biolay)
8. Ultra Moderne Solitude (juliette Armanet)
9. Et Si En Plus Y'a Personne (jean-louis Aubert)
10. Sous Les Jupes Des Filles (-m-)
11. Poulaillers' Song (oxmo Puccino)
12. Rame (jeanne Cherhal)
13. Bidon (tété)
14. Allô Maman Bobo (brigitte)



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod