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- Style : Maxime Le Forestier , Julien Clerc

Alain SOUCHON - Au Ras Des Pâquerettes (1999)
Par MARCO STIVELL le 12 Juillet 2016          Consultée 719 fois

L'été est la saison idéale pour écouter Au Ras des Pâquerettes, 10 ème album d'Alain SOUCHON. Ou mieux encore : la fin de l'été ! Au sommet de sa carrière, couronnée de succès avec C'est Déjà Ca et le non moins excellent Défoule Sentimentale, live de la tournée 94, Alain le rouquin prend encore six années pour peaufiner ce qui peut s'inscrire comme l'une de ses plus belles réussites, une nouvelle fois (la dernière ?).

La période de fin août à mi-septembre illustre à merveille ce disque à la saveur douce-amère, une forme de prose dans laquelle notre ami règne en maître, sans égal réel dans le milieu de la chanson française. Il suffit d'écouter "Le Baiser", et son ambiance mêlée de reggae et de vieille chanson populaire, pour s'en convaincre.

Sur une mélodie finement arrangée et conduite par le piano Wurlitzer de Jean-Luc Léonardon, l'un des plus beaux succès de SOUCHON "chante un baiser osé, volé..." en toute innocence, et avec déjà le goût de la nostalgie face au caractère éphémère de l'instant, surtout quand on connaît la chute. C'est tellement beau et puissant !

On retrouve ainsi les thématiques qui hantent l'auteur et chanteur, donc la fragilité se ressent jusque dans l'interprétation. Fragilité de l'homme face au temps, à la jeunesse fuyante. Les couleurs automnales s'approchent et contrastent avec la chaleur de l'été, déployée à travers une production chaleureuse, très "soft", une brise caressante sur une plage méditerranéenne ou californienne.

Alain SOUCHON et son vieil ami-frère Laurent VOULZY peuvent ainsi s'en donner à coeur joie à travers une réalisation splendide, nettement plus agréable que la précédente par son équilibre. Le son acoustique y est pour beaucoup, avec le concours de musiciens géniaux, Michel-Yves Kochmann, la paire fameuse Laurent Faucheux (batterie) et Guy Delacroix (basse), ainsi que Renaud Letang qui se pose en architecte sonore avec Franck Pilant, guitariste rythmique.

Celui-ci joue cet arpège folk délicat qui berce "Rive Gauche", ballade amoureuse viscérale à l'égard de cette partie de la capitale qui a abrité et inspiré tant d'artistes pendant les deux premiers tiers du XXème siècle. Toute une époque vouée à disparaître lentement, comme le souligne cette mélodie de saxophone programmée et entêtante, délice aigre-doux dans une majesté féérique ; quel refrain, rêveur et magnifique ! De quoi émouvoir la personne la plus hostile à l'univers parisien et son intellectualisme rabâché, comme votre serviteur.

On se souvient des passages plus que répétés à la radio de "Rive Gauche" et du "Baiser", dans les jours chauds de 1999. Dommage que l'on se souvienne moins du reste, mais du coup, quel plaisir à la réécoute ! La basse de "Pardon" nous prend à la gorge, comme ce ton corrosif, qui démarrait pourtant avec naïveté, comme une promenade de dimanche. Le refrain arrive, le ton change (Alain SOUCHON parle ici des ravages causés par l'Homme à la nature), mais l'excellence y est.

Avec son compagnon VOULZY, le rouquin nous offre deux perles de pop soft et aérienne avec "L'horrible Bye Bye" ainsi que "Taille la Zone", de nouvelles histoires d'amour qui commencent en rêve idéal et qui finissent de manière désabusée. Le mélange de guitares blues-folk et de claviers célestes constitue une stabilité délicieuse entourant les mots très nuancés de SOUCHON, écorchés ("l'horrible bye bye, l'atroce bye bye"...) ou alors très suaves.

À ce titre, "Caterpillar" fournit encore un bel exemple : qui irait utiliser un mot aussi dur et connoté dans une évocation de la délicatesse féminine ? Et puis il y a "C'était Menti", où Alain (par le biais de son fils aîné, Pierre SOUCHON) rend hommage à Scott Joplin, père du ragtime et grand-père du jazz, puisqu'on parlait de rive gauche. Une merveille. Il y a encore "Petit Tas Tombé", lui aussi joué sur un rythme reggae ; il y a "Au Ras des Pâquerettes", sublime.

Deux ans plus tôt, Jean-Jacques GOLDMAN faisait paraître En Passant, et on peut ainsi lui rapprocher ce disque de SOUCHON parce qu'il s'insère dans la même période, dans le même style musical (pop-folk détendue et enchanteresse, production "maison"), avec des paroles teintées d'un optimisme altéré auquel les auteurs se raccrochent tant bien que mal. Le montage de la pochette est marquant, c'est peut-être la pochette la plus réussie de l'artiste.

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   MARCO STIVELL

 
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- Alain Souchon (chant)
- Renaud Letang (arrangements, programmations)
- Franck Pilant (guitares, programmations, arrangements)
- Michel-yves Kochmann (guitares)
- Laurent Faucheux (batterie)
- Guy Delacroix (basse)
- Jean-luc Léonardon (piano wurlitzer)


1. Pardon
2. Le Baiser
3. Tailler La Zone
4. Rive Gauche
5. L'horrible Bye-bye
6. Au Ras Des Pâquerettes
7. C'était Menti
8. Petit Tas Tombé
9. Une Guitare Un Citoyen
10. Caterpillar



             



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