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DREAM THEATER - Metropolis Pt.2: Scenes From A Memory (1999)
Par ARP2600 le 9 Octobre 2017          Consultée 329 fois

Revenons un court instant en 1992. Sur Images and words, DREAM THEATER a proposé une chanson intitulée « Metropolis part 1 », qui est devenue un de leurs morceaux les plus populaires. Les fans ont longtemps demandé la suite. Pendant un moment, le groupe n'était pas très sûr de la faire, et les difficultés qu'ils ont connues avec leur label n'ont ensuite rien arrangé. Ainsi, ils voulaient faire de Falling into infinity un double album sur lequel allait figurer cette seconde partie, mais ils ont dû revoir leurs ambitions à la baisse et proposer l'album qu'on connaît.

Devant la relative déconvenue qu'a représentée celui-ci, autant du point de vue commercial que critique, le groupe a tapé du poing sur la table en exigeant qu'on les laisse travailler en paix. De guerre lasse, Elektra (qui avait absorbé EastWest) a accepté enfin de leur donner carte blanche. En un sens, proposer de développer en album cette idée de « Metropolis » a dû rassurer le label, et cela a sûrement réjoui plus d'un fan. Cependant, ceux-ci étaient sans doute loin de s'imaginer le résultat. En effet, si on met de côté un minimum de subjectivité auquel a droit tout auditeur, il est évident que Metropolis Pt.2: Scenes from a Memory, sorti fin 1999, est leur meilleur album, et une des références ultimes du metal progressif.

Oui, on peut dire qu'ils ont bien profité de cette nouvelle liberté, ainsi que de la nouvelle stabilité du groupe lui-même. Depuis le départ de Kevin Moore, même s'ils ne voulaient pas l'avouer, ils avaient un problème de claviériste. Ils avaient voulu engager le dénommé Jordan Rudess, mais celui-ci avait décliné, ne voulant pas s'engager à plein temps dans un groupe et allant plutôt jouer le rôle de suppléant live chez DIXIE DREGS. Plus tard, en 1997, Mike Portnoy et John Petrucci ont eu l'occasion de travailler avec lui au sein du projet LIQUID TENSION EXPERIMENT, et c'est là que le courant est passé. La façon dont Derek Sherinian a alors été viré du groupe est plutôt cavalière, il faut bien le dire, mais cela prouve avant tout que celui-ci ne s'était jamais vraiment intégré. Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que ce n'est qu'à partir de l'arrivée de Rudess que le groupe a enfin été vraiment complet, cette équipe allait livrer six albums en dix ans, manifestement reliés entre eux, un vrai corps de travail bien plus cohérent que leur première décennie.

Mais venons-en donc à ce fameux chef-d’œuvre qu'est Scenes from a Memory. Ce titre pouvait déjà être entendu dans la première partie, de même que certains titres de morceaux comme « Home » ou « The Dance of Eternity ». Une volonté de cohérence qui se confirme dans la musique elle-même, citant habilement des petits passages de l'ancien morceau, et adoptant la même virtuosité fluide. Cependant, pour étendre la chose à un album entier, long d'une heure et quart, il a fallu développer tout un concept, ainsi qu'un nouvel ensemble de mélodies. Pari réussi sur tous les points, à quelques petits détails près (comme l'intervention de chanteuses soul/gospel). L'histoire est fort cohérente, nous n'allons pas la raconter en détail ici, mais il est question d'un homme, Nicholas, qui découvre par hypnose qu'il est la réincarnation d'une jeune femme morte en 1928. Évidemment, c'est un peu romantique et extravagant, mais c'est déjà le cas des anciens opéras rock dont ils se sont inspirés, comme Tommy des WHO, The Lamb de GENESIS et surtout de The Wall de PINK FLOYD.

Cependant, à la différence de ceux-ci qui créent l'histoire avec une mosaïque de petits morceaux, Scenes from a memory est avant tout axé sur les grands développements instrumentaux typiques du rock progressif, l'histoire est finalement accessoire ou au moins optionnelle, surtout pour nous autres non anglophones. D'autres influences sont assez nettes, comme ELP, TOOL, les habituels RUSH et KANSAS, et même QUEEN. Et pourtant, cet album ne ressemble à aucun autre, personne n'a agencé tous ces éléments de la même manière : avec leur part d'invention personnelle, combiner une histoire sous forme d'opéra avec plein de délire prog, dans une ambiance sombre et metal, non, je ne vois rien de tel ailleurs, même chez DREAM THEATER eux-mêmes.

Il faut dire que le mélange instrumental lui-même est un peu inhabituel. Le son est nettement plus metal que sur Images and Words, par contre, John Petrucci utilise son jeu le plus virtuose et fluide pour assurer qu'on ait bien affaire à la suite de Metropolis. En fait, il fait bien mieux que sur la première partie. Si les cinq membres du groupe font du bon travail, avec un Rudess inventif pour sa première participation, un Myung et un Portnoy bien solides et un LaBrie pareil à lui-même, c'est de toute évidence la guitare qui est le clou du disque. Les nombreux solos de Petrucci sont simplement délicieux, et montrent que la virtuosité peut être une très bonne chose quand on n'en oublie pas la musicalité. C'est un style qu'il n'adoptera malheureusement plus beaucoup sur les albums suivants, et de ce fait la raison la plus objective de la supériorité de Scenes from a Memory au sein de leur discographie.

Il serait vain de détailler toutes les plages car il s'agit bien d'une longue suite de 77 minutes. Si les passages vraiment délirants, comme dans « Strange Deja Vu », « Fatal Tragedy » ou « The Dance of Eternity » sont certainement les meilleurs, je m'étonne moi-même de ne pas pouvoir dénigrer les quelques ballades. De nouveau, la façon dont Petrucci répond au chanteur fait presque tout passer. Même à ce niveau, c'est autre chose que la bouillie de The Astonishing, ça oui. Seul le final « Finally free » est un peu trop décousu, on ne manquera pas de le comparer à ceux de Tommy et de The Wall, à moins que ne soit tout simplement une impression car le disque est peut-être quand même un peu trop long. Enfin voilà, c'est aussi loin que DREAM THEATER est allé, on ne peut pas attendre mieux de leur part. Beaucoup ne réussissent pas à entrer dans leur trip et n'aimeront pas, même celui-là, mais s'il ne fallait découvrir qu'une de leurs œuvres pour se faire un minimum de culture en metal progressif, ce devrait forcément être Scenes from a Memory.

Note : 4,5/5

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- James Labrie (chant)
- John Myung (basse)
- John Petrucci (guitare, chant)
- Mike Portnoy (batterie, chant)
- Jordan Rudess (claviers)


- act I
1. Regression [scene One]
2. Overture 1928 [scene Two I.]
3. Strange Deja Vu [scene Two Ii.]
4. Through My Words [scene Three I.]
5. Fatal Tragedy [scene Three Ii.]
6. Beyond This Life [scene Four]
7. Through Her Eyes [scene Five]
- act Ii
8. Home [scene Six]
9. The Dance Of Eternity [scene Seven I.]
10. One Last Time [scene Seven Ii.]
11. The Spirit Carries On [scene Eight]
12. Finally Free [scene Nine]



             



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