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DREAM THEATER - Images And Words (1992)
Par ARP2600 le 14 Novembre 2015          Consultée 1202 fois

Soyons justes, tous les signes extérieurs indiquent que When Dream and Day Unite n'était qu'un faux départ et il est facile de le sous-estimer. C'est dommage mais compréhensible. Tout d'abord, ce premier album de DREAM THEATER a été publié par Mechanic, un label de MCA inadapté et qui n'a pas été loin de les rouler. Il en a résulté une rupture de contrat qui a causé une attente de trois ans avant qu'ils puissent sortir leur second album. Ensuite, le premier chanteur du groupe, Charles Dominici, n'était pas très charismatique et a rapidement été évincé à cause de ses faibles performances en concert. Trouver un remplaçant n'a tout de même pas été facile et ils sont même devenus pour un temps un groupe instrumental.

Après audition de centaines de candidats, paraît-il, ils ont enfin déniché celui qui leur convenait début 1991. James LaBrie est certes un bon chanteur, avec une voix puissante et une certaine capacité à grogner pour les morceaux plus rudes. Meilleur que Dominici, il l'est sans doute, même s'il est facile de critiquer la façon dont il pousse sa voix dans les aigus. Ensuite, il est évident que LaBrie a simplement des atomes crochus avec les instrumentistes : des goûts et une approche de la musique comparables, le bon style, le bon look... son intégration à DREAM THEATER semble définitive, on ne les imagine plus sans lui.

Conçu et enregistré en 91, Images and Words n'a pu être publié qu'en juillet 92, une fois qu'ils ont décroché un contrat sérieux avec ATCO, le même label d'Atlantic qui a publié les albums FM de Yes. Et puis... il arrive que l'inattendu se produise. C'était une bonne époque, peut-être la seule de l'histoire, pour faire un tube avec un rock aussi lourd. « Pull Me Under » restera le grand succès du groupe, qui a permis à l'album d'être disque d'or aux États-Unis, et qui leur a simplement fait un nom auprès du grand public. Il s'agit pourtant d'une pièce assez complexe, dont la version album dure huit minutes.

Le secret de cette réussite est simplement la qualité des mélodies, plus directes et accrocheuses que n'importe où ailleurs dans leur discographie, et qui ne se fait pourtant pas au détriment du caractère progressif ni des charges de guitares. Un petit tour de force, donc, et un succès mérité pour son époque, indiscutablement. De là à en faire leur meilleur album comme certains continuent de le prétendre, il y a un pas à ne pas franchir. DREAM THEATER est un drôle de groupe, qui a expérimenté bien des choses, quitte à ne pas se faire des amis en se rapprochant un peu trop du style de certaines autres formations. En tout cas, leur propos est loin de se limiter à cette belle vitrine qu'offre Images and Words.

Son principal défaut est qu'il a vieilli, tout simplement. C'était déjà vrai quand on m'a fait découvrir le groupe il y a une dizaine d'années et cela ne s'est forcément pas arrangé depuis. Les passages les plus doux, comme « Another Day », « Surrounded » et « Wait for Sleep », accusent leur âge, surtout à cause des sonorités électroniques peu convaincantes de l'époque, époque qui n'était par contre pas bonne du tout pour la musique de synthé. Doit-on en blâmer Kevin Moore ? Sans doute. Ses claviers sont un peu invasifs, avec des notes moins détachées que sur le premier album, ce qui entache également un peu les grandes suites progressives qui constituent le plus gros du disque.

Curieusement, on doit classer le tube « Pull Me Under » dans cette catégorie, même si elle est sans doute la plus simple des cinq. Elle reste fort plaisante (si on excepte la fin abrupte), mais le talent du groupe pour les structures rythmiques alambiquées et la virtuosité gratuite s'exprime surtout sur les excellentes « Take the Time », « Metropolis – Part I » et « Under a Glass Moon ». Le long final « Learning to Live » est plus daté et donc un poil en dessous, mais quand même très honnête. Notons qu'ils avaient prévu d'inclure une longue suite supplémentaire à l'album, « A Change of Seasons », qui sera finalement publiée quelques années plus tard. C'est le réalisme d'ATCO qui a conduit à sabrer pour obtenir un album d'une petite heure, et ce n'est pas plus mal. Nous reviendrons sur leur petit problème de concision dans les chroniques suivantes.

Pour conclure, disons que le tout est finalement fort comparable aussi bien en style qu'en qualité avec leur premier album, on est clairement dans le même trip RUSH-KANSAS-IRON MAIDEN, seules les mélodies font d'Images and Words LA référence du début des années 90 en metal progressif. Pour cette dernière raison, on ne peut que recommander à tous l'écoute de ce disque, de même qu'il est naturel d'arrondir cette fois la note vers le haut.

Note : 3,5/5

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- James Labrie (chant)
- Kevin Moore (claviers)
- John Myung (basse)
- John Petrucci (guitare)
- Mike Portnoy (batterie)


1. Pull Me Under
2. Another Day
3. Take The Time
4. Surrounded
5. Metropolis-part I 'the Miracle And The Sleeper'
6. Under A Glass Moon
7. Wait For Sleep
8. Learning To Live



             



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