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- Style : Maxime Le Forestier , Georges Brassens

Francis CABREL - Des Roses Et Des Orties (2008)
Par GEGERS le 25 Août 2008          Consultée 7592 fois

Quatre printemps se sont écoulés entre la sortie du précédent album de CABREL, Les Beaux Dégats, et ce nouvel opus. Quatre ans, une goutte d’eau dans un cycle que nous croyons perpétuel, quatre printemps, étés, automnes et hivers, qui ont vu la nature naître, faner, et se régénérer. Ces instants, CABREL les a immortalisés en instantanés et nous les présente ici en un bouquet doux-amer.

C’est à une rose que revient l’honneur d’ouvrir le bal. "La robe et l’échelle", où la découverte des sens narrée aux insensibles. Sur une mélodie flamenco, la voix "doublée" de CABREL (superposition d’une partie de chant grave et aiguë) nous fait revivre le passage de l’enfance à l’âge adulte d’une façon légère, quasi-érotique. Sans doute pour que cette première rose dissimule les orties dont on flaire l’odeur âpre et oppressante dès "Les cardinaux en costume". Les sans-grades, les sans-abris, les sans-vertu, voilà que l’on prend conscience à travers un texte cru mais ô combien juste de nos réalités indicibles, dénoncées de façon mercantile par nombre d’auto-proclamés artistes peu sincères. Comme s’il manquait de mots, FRANCIS CABREL fait usage de l’espagnol sur un refrain aussi triste que l’époque dans laquelle nous vivons. Musique et textes ne font qu’un et s’assemblent d’une manière que l’on avait bien peu connu depuis "Hors Saison".

L’album alterne ainsi, entre roses faussement dociles et orties piquantes. "Le chêne liège", fait partie de cette première catégorie. Morceau folk à l’ambiance très estivale, ce titre repose néanmoins sur un questionnement profond de la foi et des religions :

"Êtes-vous là, êtes-vous proches
Ou trop loin pour entendre nos cloches ?
Gardez-vous les mains dans les poches
Ou est-ce vos larmes quand il pleut ?"

Si cet album semble avoir fait l’objet d’un travail particulier au niveau des textes, il est pourtant également ce que CABREL a musicalement accompli de meilleur depuis de nombreuses années. Tantôt folk, pop, flamenco, rock, le bouquet ici présenté paraît merveilleusement composé. Les guitares ont bien entendu la part belle, et se confondent bien souvent dans des mélodies que l’auteur qualifie lui-même de simplistes mais dont la délectation ne connaît pas d’ennui. "Des hommes pareils" est la quintessence de cette richesse musicale, mêlant piano discret, guitares acoustiques aux arpèges légers et guitare électrique aux riffs plaqués en encorbellement.

Mais CABREL n’est pas grandiloquent, et les mélodies intimistes ont également un rôle de premier ordre. Sur "Mademoiselle l’aventure", un piano tantôt joyeux, tantôt mélancolique, soutient la lettre ouverte destinée à la mère de l’enfant recueilli par CABREL en 2005 :

"Vous êtes sûrement très belle
Comme ce petit miroir de vous
Qui s’endort contre mon aile
C’est tout ce que je sais de vous".

Et enfin, les violons et contrebasses font leur apparition, pour soutenir une ortie ô combien mordante, "African tour". Un texte, dont la puissance est renforcée par une narration à la première personne, nous emmène dans une Afrique noire désespérée mais désireuse de survivre. Mais les violons ne pleurent pas, ils jouent ici un rôle d’espoir, pour un morceau sur lequel CABREL met l’auditeur à nu et le force à adopter un point de vue douloureusement réaliste.

L’album est néanmoins ponctué de roses lisses, sans épines, étrangères à la douloureuse piqûre qu’elles peuvent parfois provoquer. Ces roses portent le nom de JJ CALE ("Madame n’aime pas"), CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL ("Né dans le bayou") et BOB DYLAN ("C’est une artiste"). Des roses qui jouent le rôle du ruban entourant le bouquet, de petits plaisirs qui font sourire timidement.

Des Roses et des Orties, un bouquet de treize chansons sur lesquelles CABREL se fait plus griot que chanteur (ne sortant que très rarement d’un registre vocal grave) et visite sans aucune difficulté toute la palette des émotions humaines. Un bouquet formidablement composé et écrit et qui, c’est certain, ne fanera pas.

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   GEGERS

 
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- Francis Cabrel (chant, guitares, mandoline, clavier, piano, orgue,)
- Denis Benarrosh (batterie, percussions)
- Bernard Paganotti (basse)
- + Multiples Instrumentistes


1. La Robe Et L’échelle
2. Les Cardinaux En Costume
3. Le Chêne Liège
4. Le Cygne Blanc
5. Les Hommes Pareils
6. Mademoiselle L’aventure
7. Des Roses Et Des Orties
8. Né Dans Le Bayou
9. African Tour
10. Madame N’aime Pas
11. Des Gens Formidables
12. L’ombre Au Tableau
13. Elle M’appartient (c’est Une Artiste)



             



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